Il aura 30 ans d'ici quelques mois, mais il a déjà vu mille lieux. Accédant à ce job suprême consistant à se nourrir - dans les deux sens du terme - de ses voyages, Johan Lolos partage ses clichés avec près de 430 000 followers sur Instagram, pour une moyenne de 15 000 " likes " par image postée. Originaire d'Olne, dans la province de Liège, le gaillard n'a pourtant rien vu venir. Etudiant en relations publiques à l'IHECS, à Bruxelles, on lui demande d'acheter un reflex pour le cours de photo. Quelques mariages et festivals plus tard, il décide d'aller " prendre l'air, en mode routard ". Direction l'Australie, où il se met à " chercher du taf, histoire de pouvoir y rester une année entière ". C'est là-bas, au bout du monde, qu'il rencontre " un co...

Il aura 30 ans d'ici quelques mois, mais il a déjà vu mille lieux. Accédant à ce job suprême consistant à se nourrir - dans les deux sens du terme - de ses voyages, Johan Lolos partage ses clichés avec près de 430 000 followers sur Instagram, pour une moyenne de 15 000 " likes " par image postée. Originaire d'Olne, dans la province de Liège, le gaillard n'a pourtant rien vu venir. Etudiant en relations publiques à l'IHECS, à Bruxelles, on lui demande d'acheter un reflex pour le cours de photo. Quelques mariages et festivals plus tard, il décide d'aller " prendre l'air, en mode routard ". Direction l'Australie, où il se met à " chercher du taf, histoire de pouvoir y rester une année entière ". C'est là-bas, au bout du monde, qu'il rencontre " un collectif de blogueurs voyageurs qui partagent leurs photos via un webzine ". Le site Voyager Loin, une référence en matière d'évasion, repère les siennes et propose au baroudeur de rejoindre l'équipe. Sa passion se transforme alors en gagne-pain, tandis qu'il s'envole pour la Nouvelle-Zélande avec un compte Instagram déjà bien rempli, des fans qui affluent et un réseau qui s'affûte. " Quelques gros sites de voyage, comme National Geographic, se mettent à me suivre. Ensuite, ce sont des agences de tourisme ou des marques qui me passent des commandes pour des reportages. " Partenaires et sponsors permettent alors au " backpacker " - c'est le surnom qu'il se donne sur Instagram, à l'instar de ces globe-trotters trimballant leur sac à dos - de partir à gauche à droite, en finançant une bonne partie de ses aventures. " Au début, je prenais le temps de démarcher. Aujourd'hui, j'ai la chance qu'ils viennent à moi. " Sa spécialité : capter les reliefs et les couleurs des grands espaces, du Canada à l'Islande, en passant par la Namibie. Il y ajoute souvent " une présence, pour intégrer l'humain au décor ". Une façon de dire aux gens : " Vous pourriez y être. " Mais aussi de leur suggérer cette fameuse invitation au voyage et à la découverte de l'autre, passerelles convoitées entre le quotidien et l'ailleurs. " J'essaie toujours de partir accompagné, sourit-il. Par ma copine, un ami, un cousin ou d'autres photographes. " A ceux qui en concluraient que le jeune homme " se paie des vacances gratuites toute l'année ", il lâche une salve de réponses. " Mon métier, c'est photographe. Pour l'exercer, je trimballe environ 40 kilos : cinq appareils photo, un drone, des vêtements, de la nourriture et du matériel de camping. Et les plus belles lumières, on les obtient tôt le matin ou en début de soirée. Comme je suis capable de marcher de nombreux kilomètres pour atteindre le sommet d'une montagne, je ne dors pas plus de 4 ou 5 heures par nuit... " De surcroît, le job exige aussi quelques notions en " art de se vendre ". Via son site, Johan vend des calendriers ou ses photos encadrées. Et le marketing fait partie du voyage. " Ce sont beaucoup d'e-mails, de retouches photo, de discussions avec tel client ou telle compagnie aérienne. Tout doit être planifié et peaufiné ", insiste-t-il. Ce sera d'ailleurs encore le cas pour la longue escapade qu'il s'apprête à vivre. Ce 12 mai, le Liégeois décolle pour l'Ecosse, première étape d'un tour d'Europe dont le seul menu fait vibrer : la Grèce, la Norvège ou les six pays qui accueillent les Alpes. " Je ne reviendrai que dans cinq mois. Je voulais découvrir ce qui se cache tout près de nous, parce qu'il ne faut pas forcément aller en Australie pour s'étonner. " Est-ce qu'il partagera ? Cela va sans dire. Sur son compte Instagram et sa page Facebook, bien sûr. Mais aussi via le site Web... du Vif Weekend, où le photographe publiera un cliché par semaine, commentaires à l'appui. Une invitation aux premières loges.