Les touristes qui fréquenteront ce week-end le musée Leopold, l'un des plus courus de la capitale autrichienne pour ses oeuvres de Gustav Klimt et d'Egon Schiele, tomberont nez à nez avec de drôles de slogans promotionnels: projetés en lettres géantes sur la façade, une sélection de commentaires dépréciatifs postés sur internet par des visiteurs du musée.

Même chose sur quelque 400 supports publicitaires installés ce mois-ci à Hambourg (Allemagne) et à Londres: l'office de tourisme de Vienne y présente plusieurs lieux ou attractions de la capitale barrés d'avis négatifs postés par des internautes grognons. "Ennuyeux", "mal organisé", "rien à voir", peut-on notamment lire sur fond de photos idylliques de la vie à Vienne.

Avec cette campagne de promotion décalée, la ville entend interpeller des touristes pris dans la spirale de l'évaluation permanente de tout, tout le temps et partout.

"Qui détermine ce que tu aimes? Pour moins se laisser guider par les avis en ligne et mieux profiter de ses vacances, la campagne encourage le public à voyager plus individuellement et à ne pas être trop influencé par les autres", explique l'office du tourisme dans un communiqué.

Regrettant que désormais, "les moteurs de recherche, les réseaux sociaux et les algorithmes décident ce qui pourrait nous intéresser" en vacances, la ville veut encourager les voyageurs à découvrir "leur propre Vienne par eux-mêmes"

Baptisée "Unrating Vienna" ("Désévaluer Vienne"), la campagne intervient après une précédente opération de communication sous le nom de code "Unhashtag Vienna", incitant à rompre avec l'obsession de voyager l'oeil collé à son smartphone en transformant chaque visite en selfie ou en récit sur les réseaux sociaux.

A l'image de nombreuses capitales européennes, Vienne connaît des records de fréquentation touristique avec un nombre de nuitées qui a augmenté de 60% au cours des dix dernières années.