Avant les bouleversements du coronavirus, la petite communauté de ce monastère du sud-est de la Finlande vivait confortablement de ses 160.000 pélerins annuels, venus pour le calme des lieux, ses reliques, sans oublier la plus grande distillerie de whisky du pays.

., AFP
. © AFP
., AFP
. © AFP
., AFP
. © AFP

Mais avec le Covid, le monastère a dû faire face depuis le printemps dernier à la chute du nombre de ses visiteurs, explique à l'AFP le frère Mikael, coiffé d'un chapeau noir, au milieu des icônes dorées et des fines gravures de l'église principale. "Le revenu de nos forêts nous a sauvés, et permis de compenser les pertes du Covid", explique le moine quadragénaire, à la longue barbe.

., AFP
. © AFP

Au bout de six siècles au bord de l'immense lac Ladoga, le plus grand d'Europe, les moines avaient dû quitter le monastère après l'annexion de la Carélie finlandaise par Moscou en 1940, lors de la Seconde Guerre mondiale.

Vidée de 400.000 Finlandais - 12% de la population du pays nordique à l'époque - la province était devenue territoire soviétique, une plaie qui a eu du mal à cicatriser.

Après s'être installés sur le site actuel de Heinävesi, les 200 moines de l'époque firent l'acquisition de 400 hectares de forêts, pour s'assurer d'une ressource durable face aux soubresauts de l'Histoire.

., AFP
. © AFP
., AFP
. © AFP

Un million de pertes

Dans cette vaste étendue de pins et de bouleaux, une nouvelle clairière s'étend depuis peu sur la surface de dix terrains de football, arasés de leurs arbres depuis l'hiver dernier. Un gros coup de tronçonneuse pour compenser la perte de près d'un million d'euros, soit un tiers du chiffre d'affaires annuel du "nouveau" Valamo, provoqué par le virus. "Penser à la façon dont le monastère avait surmonté des épreuves difficiles dans son histoire nous a donné du réconfort lors de la crise de la pandémie", explique le frère Mikael.

Les 200 moines l'époque firent l'acquisition de 400 hectares de forêts, pour s'assurer d'une ressource durable face aux soubresauts de l'Histoire.

Aujourd'hui, la communauté est tombée à moins d'une quinzaine de religieux, sept moines et sept novices. L'aide de forestiers professionnels est donc devenue indispensable pour abattre les arbres et débiter le bois. "Si les moines devaient le faire, ça leur prendrait toute la semaine", plaisante Raimo Asikainen, qui exploite la forêt pour le compte des moines. Vêtus intégralement d'une combinaison antimoustiques - une plaie dans ce coin de Finlande - ses subordonnés sont en ce jour chaud d'été en train de replanter la parcelle déboisée.

Valamo est le seul monastère orthodoxe de Finlande. Le pays majoritairement protestant compte 60.000 membres de cette confession, soit environ 1% de la population.

Avec le reflux partiel de l'épidémie et les progrès de la vaccination, l'activité revient peu à peu, et les moines se réjouissent notamment de voir plus de jeunes qu'auparavant.

., AFP
. © AFP

"Plus de gens qu'avant nous disent qu'ils sont intéressés pour devenir moines", explique le frère Mikael. "Les gens ont peut-être eu plus de temps de penser pendant que leur vie d'avant était en pause", pense le religieux.

Après au moins un an au monastère, chaque novice est soumis à un vote des moines pour l'intégrer ou non à la communauté. Un nouveau nom lui est alors donné.

Après plus d'un an de chambardements, "l'avenir est plus positif, et des choses resteront peut-être différentes pour toujours. Espérons que les jeunes continueront à venir", confesse frère Mikael.

., AFP
. © AFP
Avant les bouleversements du coronavirus, la petite communauté de ce monastère du sud-est de la Finlande vivait confortablement de ses 160.000 pélerins annuels, venus pour le calme des lieux, ses reliques, sans oublier la plus grande distillerie de whisky du pays.Mais avec le Covid, le monastère a dû faire face depuis le printemps dernier à la chute du nombre de ses visiteurs, explique à l'AFP le frère Mikael, coiffé d'un chapeau noir, au milieu des icônes dorées et des fines gravures de l'église principale. "Le revenu de nos forêts nous a sauvés, et permis de compenser les pertes du Covid", explique le moine quadragénaire, à la longue barbe.Au bout de six siècles au bord de l'immense lac Ladoga, le plus grand d'Europe, les moines avaient dû quitter le monastère après l'annexion de la Carélie finlandaise par Moscou en 1940, lors de la Seconde Guerre mondiale. Vidée de 400.000 Finlandais - 12% de la population du pays nordique à l'époque - la province était devenue territoire soviétique, une plaie qui a eu du mal à cicatriser.Après s'être installés sur le site actuel de Heinävesi, les 200 moines de l'époque firent l'acquisition de 400 hectares de forêts, pour s'assurer d'une ressource durable face aux soubresauts de l'Histoire.Dans cette vaste étendue de pins et de bouleaux, une nouvelle clairière s'étend depuis peu sur la surface de dix terrains de football, arasés de leurs arbres depuis l'hiver dernier. Un gros coup de tronçonneuse pour compenser la perte de près d'un million d'euros, soit un tiers du chiffre d'affaires annuel du "nouveau" Valamo, provoqué par le virus. "Penser à la façon dont le monastère avait surmonté des épreuves difficiles dans son histoire nous a donné du réconfort lors de la crise de la pandémie", explique le frère Mikael.Aujourd'hui, la communauté est tombée à moins d'une quinzaine de religieux, sept moines et sept novices. L'aide de forestiers professionnels est donc devenue indispensable pour abattre les arbres et débiter le bois. "Si les moines devaient le faire, ça leur prendrait toute la semaine", plaisante Raimo Asikainen, qui exploite la forêt pour le compte des moines. Vêtus intégralement d'une combinaison antimoustiques - une plaie dans ce coin de Finlande - ses subordonnés sont en ce jour chaud d'été en train de replanter la parcelle déboisée.Valamo est le seul monastère orthodoxe de Finlande. Le pays majoritairement protestant compte 60.000 membres de cette confession, soit environ 1% de la population.Avec le reflux partiel de l'épidémie et les progrès de la vaccination, l'activité revient peu à peu, et les moines se réjouissent notamment de voir plus de jeunes qu'auparavant."Plus de gens qu'avant nous disent qu'ils sont intéressés pour devenir moines", explique le frère Mikael. "Les gens ont peut-être eu plus de temps de penser pendant que leur vie d'avant était en pause", pense le religieux.Après au moins un an au monastère, chaque novice est soumis à un vote des moines pour l'intégrer ou non à la communauté. Un nouveau nom lui est alors donné.Après plus d'un an de chambardements, "l'avenir est plus positif, et des choses resteront peut-être différentes pour toujours. Espérons que les jeunes continueront à venir", confesse frère Mikael.