Qui ne voudrait pas être une petite souris dans le sac à dos de Pascal Mannaerts, et ainsi faire le tour de la terre ? Ou bien sur son épaule, pour voir l'éclair dans les yeux des gens qu'il croise au hasard d'une route ? Depuis quinze ans, le Belge balade sa mine facétieuse et son appareil photo dans les endroits les plus improbables : chez les tribus animistes Hamer en Ethiopie, avec les derniers nomades d'Iran et de Mongolie, à la Maha Kumbh Mela en Inde, plus grand pèlerinage du monde qui a lieu une fois tous les ... 144 ans. Cinquante pays plus tard, la maison d'édition Hachette lui consacre un ouvrage (*) dans sa collection Beau Livre.
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Qui ne voudrait pas être une petite souris dans le sac à dos de Pascal Mannaerts, et ainsi faire le tour de la terre ? Ou bien sur son épaule, pour voir l'éclair dans les yeux des gens qu'il croise au hasard d'une route ? Depuis quinze ans, le Belge balade sa mine facétieuse et son appareil photo dans les endroits les plus improbables : chez les tribus animistes Hamer en Ethiopie, avec les derniers nomades d'Iran et de Mongolie, à la Maha Kumbh Mela en Inde, plus grand pèlerinage du monde qui a lieu une fois tous les ... 144 ans. Cinquante pays plus tard, la maison d'édition Hachette lui consacre un ouvrage (*) dans sa collection Beau Livre. Un bel aboutissement pour le photographe de 39 ans, entièrement autodidacte, piqué par la mouche des rencontres insolites aux quatre coins du globe. Rieur et enjoué, il a fait de la joie universelle son langage, sa manière d'approcher ses sujets, immortalisés souvent en gros plan. Une fumeuse de cigare à La Havane, un swami indien, un moine tibétain... Un sourire, une ride, une émotion. Sa photo sculpte l'intime. Sans artifice. Contrairement aux images plus sérieuses de ses maîtres, Steve McCurry et Sebastião Salgado, les prises de vue du Bruxellois dégagent presque toujours une émotion positive. L'homme, dont la bonne humeur est communicative, est un personnage qui ne s'oublie pas facilement. Sa voie professionnelle était pourtant loin d'être toute tracée. Alors qu'il étudie le droit à l'ULB, il décide, entre sa quatrième et sa cinquième année, de partir pour un mois en Inde. Séduit et bouleversé, il y restera finalement deux de plus. Diplôme en poche, en 2002, le jeune homme replonge, cette fois pour un an, au cours duquel il tient un carnet de route et commence à prendre des clichés, qu'il partage par e-mail avec ses proches - c'était avant Facebook. Puis il revient au pays, travaille plusieurs années dans le domaine des demandes d'asile. S'ensuivent de nombreux nouveaux départs, pendant ses congés. Il enchaîne Altiplano bolivien, Pérou, Egypte, Mali, Sénégal, Tibet, Ethiopie, Chine, Bangladesh, Brésil, Bénin, Jordanie, Turquie, Myanmar, Indonésie, Cuba, Mongolie, Ouzbékistan, Tadjikistan et Kirghizistan et plus... " Ma photo est née sur les chemins en mode routard ", explique-t-il dans un café de la capitale. Encore aujourd'hui, Pascal Mannaerts emprunte les transports publics partout où il peut, puis le taxi-brousse, la charrette ou le cheval quand nécessaire, avec son sac sur le dos. A l'heure où il est de plus en plus facile pour le commun des mortels d'accéder à des destinations exotiques, il remet au goût du jour la grande aventure. Comme l'an dernier, au Pamir tadjik. " Tu arrives là, tu n'as qu'une route, tu es à environ 4 000 mètres d'altitude en permanence, il faut faire attention au mal des montagnes. Là, tu n'as plus de touristes, tu as des bourlingueurs. Les gens que tu rencontres sont à vélo, ils voyagent au long cours, ils ne sont pas là pour une semaine ou deux, c'est impossible. Il faut prévoir au moins un mois, pour de telles expéditions. " En se déplaçant léger, sans matériel encombrant, Pascal Mannaerts donne la priorité à la spontanéité et au naturel du moment. Et laisse place à la magie. Des sujets photographiés se dégage une beauté, dont on ne sait si elle est intérieure ou extérieure. " Il n'y a pas une personne dont je me dis qu'elle est plus photogénique qu'une autre. C'est le contact que tu as avec elle qui fait que l'image sera belle. Il est fondamental. " Avec sa galerie de portraits et de paysages plus attachants les uns que les autres, son recueil nous fait admirer la diversité des peuples et notre humanité commune. Par STÉPHANIE FONTENOY