Au nom d'un "devoir civique de confinement à domicile", qui restera en vigueur pendant au moins deux semaines, les populations de 19 quartiers de la banlieue nord de Lisbonne ne pourront quitter leur domicile que pour aller travailler, faire des courses ou s'acheter des médicaments.

Dans ces sous-communes contigües mais réparties sur cinq municipalités, dont celle de Lisbonne même, les rassemblements seront limités à cinq personnes, contre 10 personnes dans l'ensemble de la région de la capitale et 20 dans le reste du Portugal.

"Il ne s'agit pas d'un retour à la case départ", a insisté le chef du gouvernement socialiste en faisant valoir que ces mesures visaient à répondre à "des situations de grande concentration de cas dans des zones d'habitation". "Nous avons conscience que la situation est grave et c'est pour cette raison que nous faisons des tests pour trouver les cas et les isoler rapidement", a expliqué M. Costa, tout en assurant que la crise restait "globalement stable" depuis que le Portugal a amorcé son déconfinement il y a presque deux mois.

Dans ce pays d'environ 10 millions d'habitants, où le masque est obligatoire dans les espaces fermés, le nombre de nouveaux cas quotidiens est remonté ces derniers jours à entre 300 et 400, alors qu'il était tombé à environ une centaine début mai. Au total, le Portugal a recensé un peu plus de 40.000 cas de Covid-10 et environ 1.500 morts.

Mais il figurait au deuxième rang, derrière la Suède, parmi les pays de l'Union européenne ayant enregistré le plus de nouveaux cas en rapport avec sa population au cours des quatre dernières semaines, selon les données recueillies par l'AFP auprès des autorités nationales.

Alors que certains pays européens avaient mis en place la semaine dernière, au grand dam du Portugal, des restrictions aux voyageurs en provenance de ce pays malgré la réouverture des frontières à travers le continent, les autorités portugaises ont dû se résoudre à reconnaître leur difficulté à enrayer les foyers de contamination responsables de la plupart des nouveaux cas de Covid-19.

Mardi déjà, le gouvernement avait déjà rétabli plusieurs restrictions dans la région métropolitaine de Lisbonne comme l'interdiction de la consommation d'alcool dans la rue et la fermeture des commerces et des cafés dès 20H00, pour éviter les attroupements.

M. Costa a également annoncé que les personnes dérogeant aux règles en vigueur encouraient des amendes de 100 à 500 euros, ou de 1.000 à 5.000 euros pour les établissements qui ne respecteraient pas leurs obligations en matière d'horaires d'ouverture ou de désinfection et occupation des locaux.

"Au prix où sont les billets d'avion, qui va vouloir venir ici pour trouver des bars fermés et risquer d'être mis en quarantaine en rentrant à la maison?"

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"La situation est grave"

Les rassemblements y ont de nouveau été limités à dix personnes, contre 20 personnes dans le reste du pays. La consommation d'alcool dans les espaces publics a été interdite, et les commerces, terrasses ou cafés devront fermer à 20H00 locales (19H00 GMT). Seuls les restaurants servant leurs repas sur place pourront rester ouverts plus tard. "Je préfère ça plutôt que fermer complètement", a déclaré à l'AFP Amandio Oliveira, propriétaire d'un kiosque avec terrasse du quartier branché du Principe Real, visière en plastique transparent fixée au front.

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"J'espère que les touristes finiront par revenir, mais ces nouvelles mesures sont mauvaises pour l'économie. Certains ne font pas attention et c'est les autres qui paient les pots cassés", se plaint cet homme de 66 ans. "Au prix où sont les billets d'avion, qui va vouloir venir ici pour trouver des bars fermés et risquer d'être mis en quarantaine en rentrant à la maison?", s'est inquiété Miguel Barros, un animateur touristique de 38 ans, sans travail depuis le début de la crise sanitaire.

Moins d'une semaine après l'annonce que la capitale portugaise accueillerait en août la phase finale de la Ligue des champions, saluée par le gouvernement comme la reconnaissance internationale que le pays avait bien géré l'épidémie, "l'état d'alarme est de retour", a résumé mardi le quotidien de référence Publico dans son éditorial. "Le gouvernement a fait son devoir: il a reconnu que la situation dans la région de Lisbonne était grave et il a pris des mesures pour y remédier", a souligné le directeur du journal, Manuel Carvalho.

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Amendes et surveillance accrue

Les nouvelles restrictions visent à maîtriser des foyers de contagion qui se sont déclarés dans une quinzaine de quartiers répartis sur cinq communes de la région, a expliqué lundi le Premier ministre Antonio Costa. Le chef du gouvernement socialiste a également annoncé l'adoption jeudi en conseil des ministres d'un réglement détaillant les amendes que la police peut infliger à ceux qui organisent des rassemblements non autorisés ou y participent.

Les autorités sanitaires vont aussi intensifier les visites au personnes testées positives au nouveau coronavirus et censées rester confinées à domicile.

Cependant le déconfinement se poursuit dans le reste du pays, où l'état de calamité sera levé jeudi. Il sera prolongé dans les municipalités les plus touchées par ses foyers persistants: Lisbonne, Sintra, Odivelas, Loures et Amadora.

Au nom d'un "devoir civique de confinement à domicile", qui restera en vigueur pendant au moins deux semaines, les populations de 19 quartiers de la banlieue nord de Lisbonne ne pourront quitter leur domicile que pour aller travailler, faire des courses ou s'acheter des médicaments.Dans ces sous-communes contigües mais réparties sur cinq municipalités, dont celle de Lisbonne même, les rassemblements seront limités à cinq personnes, contre 10 personnes dans l'ensemble de la région de la capitale et 20 dans le reste du Portugal."Il ne s'agit pas d'un retour à la case départ", a insisté le chef du gouvernement socialiste en faisant valoir que ces mesures visaient à répondre à "des situations de grande concentration de cas dans des zones d'habitation". "Nous avons conscience que la situation est grave et c'est pour cette raison que nous faisons des tests pour trouver les cas et les isoler rapidement", a expliqué M. Costa, tout en assurant que la crise restait "globalement stable" depuis que le Portugal a amorcé son déconfinement il y a presque deux mois.Dans ce pays d'environ 10 millions d'habitants, où le masque est obligatoire dans les espaces fermés, le nombre de nouveaux cas quotidiens est remonté ces derniers jours à entre 300 et 400, alors qu'il était tombé à environ une centaine début mai. Au total, le Portugal a recensé un peu plus de 40.000 cas de Covid-10 et environ 1.500 morts. Mais il figurait au deuxième rang, derrière la Suède, parmi les pays de l'Union européenne ayant enregistré le plus de nouveaux cas en rapport avec sa population au cours des quatre dernières semaines, selon les données recueillies par l'AFP auprès des autorités nationales. Alors que certains pays européens avaient mis en place la semaine dernière, au grand dam du Portugal, des restrictions aux voyageurs en provenance de ce pays malgré la réouverture des frontières à travers le continent, les autorités portugaises ont dû se résoudre à reconnaître leur difficulté à enrayer les foyers de contamination responsables de la plupart des nouveaux cas de Covid-19.Mardi déjà, le gouvernement avait déjà rétabli plusieurs restrictions dans la région métropolitaine de Lisbonne comme l'interdiction de la consommation d'alcool dans la rue et la fermeture des commerces et des cafés dès 20H00, pour éviter les attroupements.M. Costa a également annoncé que les personnes dérogeant aux règles en vigueur encouraient des amendes de 100 à 500 euros, ou de 1.000 à 5.000 euros pour les établissements qui ne respecteraient pas leurs obligations en matière d'horaires d'ouverture ou de désinfection et occupation des locaux."La situation est grave"Les rassemblements y ont de nouveau été limités à dix personnes, contre 20 personnes dans le reste du pays. La consommation d'alcool dans les espaces publics a été interdite, et les commerces, terrasses ou cafés devront fermer à 20H00 locales (19H00 GMT). Seuls les restaurants servant leurs repas sur place pourront rester ouverts plus tard. "Je préfère ça plutôt que fermer complètement", a déclaré à l'AFP Amandio Oliveira, propriétaire d'un kiosque avec terrasse du quartier branché du Principe Real, visière en plastique transparent fixée au front."J'espère que les touristes finiront par revenir, mais ces nouvelles mesures sont mauvaises pour l'économie. Certains ne font pas attention et c'est les autres qui paient les pots cassés", se plaint cet homme de 66 ans. "Au prix où sont les billets d'avion, qui va vouloir venir ici pour trouver des bars fermés et risquer d'être mis en quarantaine en rentrant à la maison?", s'est inquiété Miguel Barros, un animateur touristique de 38 ans, sans travail depuis le début de la crise sanitaire.Moins d'une semaine après l'annonce que la capitale portugaise accueillerait en août la phase finale de la Ligue des champions, saluée par le gouvernement comme la reconnaissance internationale que le pays avait bien géré l'épidémie, "l'état d'alarme est de retour", a résumé mardi le quotidien de référence Publico dans son éditorial. "Le gouvernement a fait son devoir: il a reconnu que la situation dans la région de Lisbonne était grave et il a pris des mesures pour y remédier", a souligné le directeur du journal, Manuel Carvalho. Amendes et surveillance accrue Les nouvelles restrictions visent à maîtriser des foyers de contagion qui se sont déclarés dans une quinzaine de quartiers répartis sur cinq communes de la région, a expliqué lundi le Premier ministre Antonio Costa. Le chef du gouvernement socialiste a également annoncé l'adoption jeudi en conseil des ministres d'un réglement détaillant les amendes que la police peut infliger à ceux qui organisent des rassemblements non autorisés ou y participent.Les autorités sanitaires vont aussi intensifier les visites au personnes testées positives au nouveau coronavirus et censées rester confinées à domicile.Cependant le déconfinement se poursuit dans le reste du pays, où l'état de calamité sera levé jeudi. Il sera prolongé dans les municipalités les plus touchées par ses foyers persistants: Lisbonne, Sintra, Odivelas, Loures et Amadora.