L'annonce a été faite en marge de la Future Investment Initiative (FII), un forum international organisé à Ryad pour attirer les investissements étrangers et qui achève ses travaux ce jeudi.

"En 2022, nous accueillerons les premiers visiteurs", a annoncé John Pagano, PDG de Red Sea Development Company, une entreprise détenue par le fonds souverain saoudien (Public Investment Fund, PIF).

La station sera érigée sur des îles au large de Jeddah et des montagnes proches de la grande ville de l'ouest saoudien.

Contrairement aux autres destinations du pourtour de la mer Rouge, l'Egypte et Israël en tête, l'Arabie saoudite vise un tourisme de luxe, comme le sultanat d'Oman ou l'émirat de Dubaï., "Nous allons limiter le nombre de visiteurs parce que le tourisme de masse est une cause majeure des atteintes à l'environnement", a déclaré M. Pagano à l'AFP.

Malgré le manque d'infrastructure et d'expérience dans ce secteur en Arabie saoudite, il estime que ce "marché ouvert" peut intéresser les investisseurs privés.

"Ouvrir le pays"

"En Arabie Saoudite, le tourisme représente 3,4 % du PIB, donc il y a une énorme opportunité de croissance pour une industrie qui n'existe pas encore". Le projet devrait créer, selon lui, 70.000 emplois et ajouter 22 milliards de riyals (5,2 milliards d'euros) au PIB saoudien par an.

Des partenariats public-privé ont été établis et des centaines de contrats d'une valeur de 2,5 milliards de riyals (600 millions d'euros) déjà conclus, a-t-il ajouté.

La formation du personnel, plus habitué à accueillir des cadres en court voyage d'affaires ou des pèlerins musulmans se rendant à La Mecque, reste le principal défi, estime-t-il toutefois.

"Nous avons besoin d'une initiative à l'échelle nationale pour former les professionnels", explique M. Pagano, soulignant que l'Arabie Saoudite veut accueillir 100 millions de visiteurs d'ici 2030, avec un million de personnes censées travailler dans le secteur.

Le PDG appelle également à "ouvrir le pays", pour améliorer son image très négative à l'étranger et reconnaît qu'il reste "beaucoup à faire" malgré les "transformations majeures en cours".

L'ouverture au tourisme est l'un des axes majeures des réformes entreprises par le puissant prince héritier Mohammed ben Salmane pour sortir son pays de la dépendance aux revenus du pétrole.

Le royaume ultraconservateur a certes assoupli certaines restrictions pesant sur les femmes, mais il reste accusé par des ONG de graves violations des droits humains, comme l'emprisonnement de dissidents et le recours massif à la peine de mort.