Pour Antoine Rose, le ciel ne connaît pas de limites. En funambule, le photographe belge de l'extrême s'extrait de la cabine d'un hélicoptère, en plein vol, pour capturer des vues plongeantes de scènes qui se déroulent sous ses pieds.
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Pour Antoine Rose, le ciel ne connaît pas de limites. En funambule, le photographe belge de l'extrême s'extrait de la cabine d'un hélicoptère, en plein vol, pour capturer des vues plongeantes de scènes qui se déroulent sous ses pieds. Ici, une plage de Miami ou la Toscane ; là, une course de ski à Saint-Moritz, le marathon de New York ou les gratte-ciel de Manhattan, version nuit. Tout a commencé dans le garage de la maison familiale, à Bruxelles, quand il était enfant. Son père y avait conservé un vieil agrandisseur, quelques agents chimiques périmés et trois manuels de théorie. " J'avais 7 ou 8 ans quand j'ai attrapé le virus ; cette passion ne m'a plus quitté après ", relate le quadra, dans son studio d'Ixelles. D'un naturel très curieux, il fait fi des cours pour se former lui-même à la discipline, autant sur le plan technique qu'artistique. Son deuxième amour étant la mer et le vent, il devient photographe officiel de la Coupe du monde de kitesurf. Son style, l'homme le découvre, un peu par hasard, à l'occasion d'une compétion, au-dessus d'une plage de Copacabana, au Brésil, en 2002. " Il y avait beaucoup de monde et, avec tous les parasols colorés, l'ensemble était très graphique ", se souvient-il. Il faudra néanmoins des années de travail pour mettre au point Up in the Air, la série qui le lancera réellement. " Prendre des images entre 90 et 3 500 mètres au-dessus du niveau de la mer, suspendu dans le vide, avec des brises parfois fortes, et obtenir des clichés suffisamment nets pour pouvoir être développés dans un format dépassant les trois mètres de largeur est un réel challenge, " insiste celui qui se décrit comme un jusqu'au-boutiste. Et le résultat est bluffant. Jouant sur les échelles, entre l'infiniment grand et petit, les tirages d'Antoine Rose sont convoités par les plus grandes griffes. Sa série Air Night, où l'on découvre New York à pic, au-dessus de l'Empire State Building, de Times Square ou du nouveau World Trade Center, a séduit le joaillier Tiffany & Co, qui en orne ses enseignes, de Miami à Hong Kong en passant par Moscou, Londres et Big Apple. Dans cette mégapole également, les vues de notre compatriote figurent au sein de la collection permanente du Musée des arts et du design (MAD). Quant au groupe LVMH, en collaboration avec le bureau d'architecture Jean-Michel Wilmotte & Associés, il a aussi succombé à l'esthétique de l'artiste : plusieurs perspectives des pistes de ski de la série Jeux d'hiver servent de décor à l'hôtel White 1921 de Courchevel, une des propriétés hôtelières du géant du luxe. Toujours entre deux avions et deux antipodes, l'insatiable voyageur revient maintenant d'Atlanta, où il a mis en boîte, depuis le ciel, le nouveau stade Mercedes-Benz de l'équipe locale de football américain, les Falcons. Lors de son inauguration en septembre prochain, six clichés d'Antoine Rose seront suspendus dans l'entrée VIP. Plus près de nous, la Maison de la photographie de Lille lui consacrera une exposition solo à la rentrée et un accrochage personnel est en cours de préparation, à la galerie Samuel Maenhoudt, à Knokke, pour cet été. En attendant, cet aventurier toujours à la recherche de sensations n'est pas à court d'idées. " Quand les fusées touristiques d'Elon Musk seront au point, pourquoi ne pas faire un Up in the Air depuis l'espace ? ", lance-t-il. Antoine Rose ne manque décidément pas d'air ! PAR STÉPHANIE FONTENOY