La brasserie est opérationnelle et l'ouverture au public est prévue pour le 2 avril prochain. L'endroit permettra au visiteur de suivre les étapes du brassage en direct et de rencontrer le brasseur, a précisé Anthony Martin. Un pub a également été aménagé avec vue sur un des canaux qui font la célébrité de la ville.

Ce vaste projet prend racine en 2012 lorsque M. Martin rachète les bâtiments de l'ancien CPAS de Bruges. Les lieux étant classés, il a fallu attendre quelques années d'aménagements avant de pouvoir y installer des cuves. C'est le Brugeois Thomas Vandelanotte qui officiera comme maître-brasseur de l'endroit. Le jeune homme a été formé pendant plusieurs années à la brasserie Timmermans à Itterbeek (Brabant flamand) avant de se voir confier le brassage de la Bourgogne des Flandres.

Le lien avec Timmermans, propriété de John Martin depuis 1993, reste d'actualité puisqu'une fois la bière brassée à Bruges, une brune subissant une fermentation haute à l'ancienne, celle-ci sera envoyée à Itterbeek. Elle sera mélangée à une même quantité de lambic ce qui donnera naissance à la Bourgogne des Flandres, une bière à fermentation mixte (haute et spontanée, via ajout de lambic).

Anthony Martin entend rappeler par cette démarche que les 'collaborative brews' (brassins collaboratifs), très à la mode outre-Atlantique aujourd'hui, ne sont jamais qu'une resucée de ce qui se faisait en Belgique à l'époque, pour une bière du type de la Bourgogne des Flandres.

A terme, la production de la deuxième brasserie brugeoise devrait atteindre 2.400 hectolitres annuels. Le site, sur lequel travaillera une vingtaine de personnes, devrait reprendre l'intégralité de la production de la Bourgogne des Flandres, actuellement brassée chez Palm à Steenhuffel.

M. Martin n'en est pas à son coup d'essai en matière de reconversion de lieux historiques en vue d'y loger une unité brassicole. Au printemps dernier, peu avant les commémorations du bicentenaire de la bataille de Waterloo, une microbrasserie avait été inaugurée dans l'enceinte de la ferme Mont-Saint-Jean qui avait servi d'hôpital militaire aux troupes britanniques.

A Bruges, la nouvelle brasserie prendra place dans les combles des anciens bâtiments du CPAS, situés à une cinquantaine de mètres de l'ancienne brasserie qui produisait la Bourgogne des Flandres. Bruges compte désormais deux brasseries dans son c1/2ur historique, pour une trentaine environ au début du 20e siècle.