L'époque en a étouffé la spontanéité sous cette formule hybride qui a fait florès: la bistronomie. Cela fait un bail que Bruxelles attendait d'avoir son premier vrai bistrot à haleine de rillettes. Ce genre d'adresse où le patron vous indique la porte si vous avez le malheur de dire que vous êtes au régime. Dans un décor idéal pour ce type de f...

L'époque en a étouffé la spontanéité sous cette formule hybride qui a fait florès: la bistronomie. Cela fait un bail que Bruxelles attendait d'avoir son premier vrai bistrot à haleine de rillettes. Ce genre d'adresse où le patron vous indique la porte si vous avez le malheur de dire que vous êtes au régime. Dans un décor idéal pour ce type de fricot - murs lambrissés de bois, appliques murales Art nouveau et carrelage d'époque -, le couple formé par Tom et Sylvie, qui a roulé ses casseroles tant à Mouscron qu'au Guilvinec (en Bretagne), relève le défi en déballant une cuisine pleine de gouaille. Côté carte, c'est un véritable régal pour l'amateur, d'autant plus que les prix restent raisonnables, au regard de la qualité servie, ce qui est peut-être le plus grand défi actuel de l'Horeca. Hareng super gourmand de la maison David accompagné de pommes à l'huile, os à moelle rôti au thym, couteaux juste sautés dans l'ail et le vin blanc. Sans oublier -d'après nous la seule du genre dans la capitale - l'andouillette beaujolaise de fraise de veau. Vous avez dit "rêve bistrotier"? Certes, car le bonheur ne s'arrête pas en si bon chemin: saint-nectaire affiné par Julien Hazard servi avec ses petits compagnons odorants ou, pour clore cette messe gastro-populaire, un trop bon riz au lait maison. En toute logique, les boissons sont à la hauteur du savoir-faire déployé, qu'il s'agisse du choix exemplaire de bières d'artisans -saison Cazeau au sureau en direct de la pompe, XX Bitter, Brasserie de la Senne...-ou des vins d'auteur façon Clos Tue-Boeuf, Fleurie de Marcel Joubert ou Chardonnay 16 de Thomas Pico.