Depuis qu'il est entré en gastronomie, disons au début des années 90, le foodie n'a eu de cesse de faire sécession, de couper les ponts avec la communauté des mangeurs. Ne jetons pas l'eau du bain avec le bébé, on lui doit des avancées: l'interdiction du parmesan sur les vongole, le combat contre le...

Depuis qu'il est entré en gastronomie, disons au début des années 90, le foodie n'a eu de cesse de faire sécession, de couper les ponts avec la communauté des mangeurs. Ne jetons pas l'eau du bain avec le bébé, on lui doit des avancées: l'interdiction du parmesan sur les vongole, le combat contre les viandes semelles ou encore le retour au circuit court. Il reste que pour se débarrasser de l'antipathique étiquette qui lui colle à la peau, on attend de cet amateur plus ou moins éclairé qu'il se montre capable de renouer avec les plaisirs simples. On a même une adresse test à lui suggérer pour qu'il fasse ses preuves: le Koekoek à Ostende. Taverne breughélienne dans son jus depuis 1971, cette enseigne envoie 1 200 couverts les jours de grâce - chiffres pré-Covid - autour d'un concept ultrafédérateur de "kip aan't spit", comprendre de poulet à la broche. La formule est imparable, proposant pour 7,60 euros un demi-poulet avec quelques tranches de pain (une association consacrée par la tradition qui est désormais concurrencée par la version poulet-frites à 9,60 euros). Autant dire qu'à ce prix-là, les familles se régalent de cette moitié de volaille dont la chair tendre cède sous les doigts. Entre petit pot d'"appelmoes" (la compote à 2,30 euros) et bières sans chichis (Westmalle, Duvel...), la nourriture est ici ce qu'elle devrait toujours être: une fête qui rassemble.