A Bruxelles, la cuisine asiatique n'a jamais été autant en phase avec son époque que dans cet Old Boy. On assume pleinement ce parti pris, dans la mesure où l'endroit nous a littéralement électrisés, mis en transe.
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A Bruxelles, la cuisine asiatique n'a jamais été autant en phase avec son époque que dans cet Old Boy. On assume pleinement ce parti pris, dans la mesure où l'endroit nous a littéralement électrisés, mis en transe. C'est d'abord la profession de foi qui séduit. Une enseigne reposant sur "des souvenirs d'enfance inspirés et des repas familiaux dégustés du côté de la Thaïlande et de Taïwan", ce n'est pas rien. Cette trame en or axée sur le partage, les deux patrons l'ont moulée dans un décor de bistrot futuriste enrobé dans un treillis de métal blanc. Le soir, le lieu pulse sous des rythmes électro - du coup, pas question de venir ici pour s'offrir un tête-à-tête pépère. Non, on entre à l'Old Boy comme dans un club, un ring. Derrière la cuisine ouverte, le chef enrubanné manie l'aigre et le doux, le frit et le mou, le chaud et le froid. Inflexible, il se fait ninja de vos papilles, vous maltraite, et vous en redemandez. Wontons de boudin noir (6 euros), bao de canard à la pékinoise (6 euros), entrecôte grillée à la sauce satay (14 euros)... C'est à la fois brutal comme de la street food et délicat comme de la gastronomie de haut vol - l'ombre du chef Yoth Ondara (Crab Club) plane sur la carte. Et le vin? Il tue, à l'image du Vinel-Lo blanco (37 euros), une perle nature venue de Catalogne.