Depuis le mois de mars, Rubis est une cave et bar à vins que son créateur, Pierre Val, s'est taillé sur mesure. D'apparence flegmatique, l'homme est intarissable quand il s'agit d'aligner les vins. Son but : proposer des vins découvertes, de niches, faire goûter du vin dans un esprit culturel. Et Rubis serait son best of. Tous ces vins croisés au fil de ses expériences de sommelier, d'importateur sont réunis dans cet écrin de bois et d'ardoise, pour le plaisir des curieux.

YMVL
© YMVL

Formé à l'oenologie sur le tas (sommelier chez Oki, Inada, entre autres), ses rencontres successives lui font accéder à la richesse des vins de terroir, "ceux qui ont une histoire à raconter, qui expriment quelque chose", qu'il s'agisse d'une origine, de l'histoire d'un vigneron, d'un climat... Son travail quotidien est de découvrir et faire découvrir des vins confidentiels, inconnus ou encore trop méconnus du grand public. Qu'il s'agisse de cépages français oubliés (Chatus, Labouriou, fer servadou) ou des cépages autochtones étrangers.

Ici, point de sectarisme, le "quand c'est bon, c'est bon" prime. Pour le taulier, "le vin est une grande démocratie", où tous les goûts coexistent et peuvent s'exprimer. Même s'il est un poil commercial, un vin a sa place ici s'il est juste. Fi du tout bio, de l'obsession du tout nature, qui verse malheureusement trop souvent dans l'argument marketing.

Pierre Val est jaloux de son indépendance. Aucune exclusivité pour ne rien exclure. On trouve aussi ici du saké, du cherry, du Porto, du Madère. Ces alcools longtemps rangés dans la case ringard, qui pourtant offrent une large variété et dans lesquels on est finalement si heureux de retremper les lèvres. Car la découverte passe par la dégustation. Faire goûter est primordial. Et quand on lui demande s'il a une ambition d'éduquer le goût, l'homme répond sans ambages : "Clairement". C'est pourquoi il pense déjà à mettre en place dans un futur proche, des ateliers-cours d'oenologie, prolongement logique de ce projet de découverte. En attendant, les clients ou curieux peuvent profiter des rencontres avec un producteur ou un importateur tous les samedis après-midi. Par exemple : rendez-vous le 30 juin à partir de 14h avec Laurence Escavi, vigneronne qui produit le Clis des Calcades : Pic Têtu, un grenache à macération carbonique.

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Et comme offrir un accueil et conseil chaleureux et une sélection exigeante et pour toutes les bourses ne lui suffisait pas, Pierre Val a décidé de faire appel à un jeune artiste talentueux pour offrir à son bar un supplément d'âme. L'artiste Vincent Gauthier a réalisé une fresque se déployant dans, devant et sur le mur latéral du comptoir, transformant le noir ardoise des murs en un théâtre onirico-surréaliste, qui attrape le regard du spectateur pour le faire glisser dans son univers magique.

Pour ce faire, artiste et commanditaire ont bien sûr discuté. Mais pas très longtemps, il faut bien l'avouer, pour tomber d'accord sur ce qui devait prendre place dans cet antre de la découverte. Les carreaux du fond du comptoir se prolongent en une piscine marine, autour de laquelle cheminent des éléments du répertoire de Vincent et de l'histoire de Pierre. Main, crâne, poisson, télé, les vies se mixent et s'étalent sur les murs. Les yeux se baladent et s'intriguent de tel ou tel détail, se projettent sur le pont d'un navire, où un autre monde grouille sans doute. Un rendu aéré, sobre, audacieux - c'est pas tous les jours qu'on voit tant d'eau dans une cave à vins.

Car les toiles, les oeuvres de Vincent Gauthier sont des univers en expansion. Qui trouvent tout leur sens dans un lieu de découverte comme celui-ci. Et parce que le jeune homme vaut le détour, il serait dommage de ne pas lui tirer le portrait.

Celui d'un passionné. De cosmologie, de dessin, de la vie, des rencontres, de gastronomie. Bavard, intarissable, ayant la conviction profonde que le monde porte en lui des mystères insondables, certes, et que sa mission est de les rendre accessibles au plus grand nombre. À l'instar des vulgarisateurs mathématiques, son objectif à lui est de faire apparaître les mystères de l'univers.

Cancre à l'école, autodidacte, dingue de dessin, rentré en crayonné par la porte du graffiti, le bonhomme est un pluridisciplinaire acharné. Un de ces (rares) artistes qui ne cherchent pas la gloire, mais à toucher leur public et, chaque jour, à devenir meilleurs dans ce qu'ils font.

Le jeune homme est affable, bavard, cultivé et, plus que tout, enthousiaste. Tout est dans tout. Quand ses toiles ou ses fresques ferment une porte, elles en ouvrent quatre autres sur des mondes à explorer. Prendre le spectateur par la main et le conduire dans son univers en le divertissant, tel est le but revendiqué par l'artiste. Ne laisser personne sur le bas-côté. Comme autrefois on racontait les Évangiles à travers les murs des cathédrales. Et c'est là où la filiation avec Pierre Val du Rubis est évidente. Chaque bouteille ouvre une porte sur une culture, un univers à faire découvrir. La quête perpétuelle et cette soif inextinguible de découvertes, de rencontres, oniriques ou gustatives, tel est le sens du travail de ces deux-là. Une belle rencontre consignée sur un mur. Pour en savoir plus sur le travail de Vincent Gauthier, visitez son blog

Pour inaugurer cette fresque, Pierre et Vincent vous invite à venir la découvrir le samedi 30 mai, à partir de 17h. Le moment idéal de rencontrer l'artiste et le caviste, et de les faire parler respectivement de leur art et de leur boire. Et inversement.

Les recommandations de Rubis pour l'été

Poivre et Sel, Olivier Lemasson, Touraine, monocépage 100% Pinot d'Aunis > 15,40 euros (vin naturel)

Sylvaner de chez Rietsch 2013 > 14,70 euros

3 B rosé, de Filipa Pato. Pétillant de la région de Bairada (Portugal), cépage Bical Baga. > 13,70 euros

Mil Gracia, Bodega Ochoa, cépage Graciano, 2012

Les pépites de Rubis : Les Bourgognes du Domaine Jacqueson, à Rully. Un domaine de premier rang, au tout petit volume. Une rareté.

Rubis

Ouvert du lundi au samedi, de 11 heures à minuit et demi.

Avenue Adolphe Demeur, 34 à 1060 Saint-Gilles

Vin au verre : de 3 à 5 euros

Bouteille à partir de 5 euros.

Droit de bouchon 9 euros

Infos sur la page Facebook de Rubis et bientôt le site www.rubiswinebar.be

Depuis le mois de mars, Rubis est une cave et bar à vins que son créateur, Pierre Val, s'est taillé sur mesure. D'apparence flegmatique, l'homme est intarissable quand il s'agit d'aligner les vins. Son but : proposer des vins découvertes, de niches, faire goûter du vin dans un esprit culturel. Et Rubis serait son best of. Tous ces vins croisés au fil de ses expériences de sommelier, d'importateur sont réunis dans cet écrin de bois et d'ardoise, pour le plaisir des curieux. Formé à l'oenologie sur le tas (sommelier chez Oki, Inada, entre autres), ses rencontres successives lui font accéder à la richesse des vins de terroir, "ceux qui ont une histoire à raconter, qui expriment quelque chose", qu'il s'agisse d'une origine, de l'histoire d'un vigneron, d'un climat... Son travail quotidien est de découvrir et faire découvrir des vins confidentiels, inconnus ou encore trop méconnus du grand public. Qu'il s'agisse de cépages français oubliés (Chatus, Labouriou, fer servadou) ou des cépages autochtones étrangers. Ici, point de sectarisme, le "quand c'est bon, c'est bon" prime. Pour le taulier, "le vin est une grande démocratie", où tous les goûts coexistent et peuvent s'exprimer. Même s'il est un poil commercial, un vin a sa place ici s'il est juste. Fi du tout bio, de l'obsession du tout nature, qui verse malheureusement trop souvent dans l'argument marketing. Pierre Val est jaloux de son indépendance. Aucune exclusivité pour ne rien exclure. On trouve aussi ici du saké, du cherry, du Porto, du Madère. Ces alcools longtemps rangés dans la case ringard, qui pourtant offrent une large variété et dans lesquels on est finalement si heureux de retremper les lèvres. Car la découverte passe par la dégustation. Faire goûter est primordial. Et quand on lui demande s'il a une ambition d'éduquer le goût, l'homme répond sans ambages : "Clairement". C'est pourquoi il pense déjà à mettre en place dans un futur proche, des ateliers-cours d'oenologie, prolongement logique de ce projet de découverte. En attendant, les clients ou curieux peuvent profiter des rencontres avec un producteur ou un importateur tous les samedis après-midi. Par exemple : rendez-vous le 30 juin à partir de 14h avec Laurence Escavi, vigneronne qui produit le Clis des Calcades : Pic Têtu, un grenache à macération carbonique.