La reconnaissance des critiques, le prestige, l'excellence traduite en étoile(s) n'est pas forcément le Graal ultime pour certains chefs, pourtant installés dans l'institution michelinesque. Nouvel exemple dans ce sens avec Gérard Bossé, chef français de 64 ans, adoubé d'une étoile depuis une quinzaine d'années, dont l'ambition en cuisine est désormais que l'on vienne chez lui "comme on viendrait chez une vieille tante".
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La reconnaissance des critiques, le prestige, l'excellence traduite en étoile(s) n'est pas forcément le Graal ultime pour certains chefs, pourtant installés dans l'institution michelinesque. Nouvel exemple dans ce sens avec Gérard Bossé, chef français de 64 ans, adoubé d'une étoile depuis une quinzaine d'années, dont l'ambition en cuisine est désormais que l'on vienne chez lui "comme on viendrait chez une vieille tante". Ancien travailleur social devenu chef sur le tard, il décroche pour la première fois une étoile en 2005 avec Les Tonnelles. Depuis 2009, il est aux fourneaux de L'Île à Angers avec à ses côtés son épouse, sommelière de son état. Outre cette étoile, Gérard Bossé peut s'enorgueillir d'avoir obtenu trois toques et un 16/20, la meilleure note du département, dans un autre guide prestigieux, à savoir le Gault & Millau. Concrètement, en août prochain, Une île disparaîtra pour renaître quelques mois plus tard sous les traits d'Une Presqu'île. "Ça sera un peu l'auberge espagnole de tout de ce que j'aime", ainsi le chef résume-t-il son futur concept dans les pages du Courrier de l'Ouest. De restaurant gastronomique reconnu, il deviendra une combinaison des plusieurs "presques" alléchants : presque un "grand" restaurant, presque une table d'hôte, presque une cave à vins, presque une scène musicale, presque une bibliothèque dédiée à la BD et à la gastronomie, presque une salle d'exposition. Et au menu des frites-maison, du homard, des lasagnes toutes simples et parfois des truffes. Mais aussi des grands vins de Loire, que des vins bio. Autrement dit , une cuisine dont il gratifie déjà ses proches le dimanche. Cette restitution d'étoile pour développer un projet plus libre rappelle la décision de Sébastien Bras à Laguiole de renoncer à ses trois étoiles pour se débarrasser de la pression qu'elles induisent. Ou encore celle du chef espagnol triplement étoilé Dani Garcia de fermer son restaurant de Marbella pour le transformer en une adresse entièrement dédiée au burger. Quand le prestige cède la place à la liberté.