10, rue des Drapiers
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Un petit-dèj 100% végan? Cela se passe ici. Qu'il s'agisse de "savoury toasts", "sweeter toasts" ou des "all day eats" (porridge, granola, banana bread...), l'ensemble des préparations repose sur un principe de "nut butter", des "beurres de noix", réalisés sur place dans un petit atelier. Les pâtes à tartiner en question, obtenues à partir de noisettes, amandes et cacahuètes, se présentent comme des condensés savoureux de protéines. Le plus réjouissant de l'histoire, c'est que, à l'instar du Health-seed que l'on a goûté, les toasts sont aussi originaux - jamais vus ailleurs - que délicieux. Le pain légèrement grillé est recouvert d'un beurre de noix maison parsemé de graines - lin, courge, tournesol, chanvre et sésame. Le tout est fouetté par une petite note piquante assurée par une pincée de flocons de chili. Cafés au lait d'avoine à tomber. Situé à deux pas de La Monnaie, le décor à mezzanine et verrière Art déco de Frank est dans la ligne de mire des foodies. Logique quand on sait que le chef, Mathias, est passé par les cuisines d'Humus x Hortense. Egalement architecte et photographe, l'homme a été responsable de la franchise Or à Etterbeek, ce qui le rend plus que crédible en matière de caféine, puis a passé une année en Australie... avant de revenir pour ouvrir son enseigne à Bruxelles. On vient chercher ici des cafés en provenance de l'excellent torréfacteur Mok ainsi qu'un petit-déjeuner revu et corrigé par les cuisines du monde: shakshuka comme à Tel-Aviv, oeufs Bénédicte comme à NYC, ou encore un yaourt fait maison, amélioré avec un granola au chocolat - ce dernier existant aussi en version végane. Sans oublier d'incroyables buns à la cardamome et à la cannelle. Sous-titré "The Asian Coffee Shop", Kafei signe les brunchs parmi les plus dépaysants de la capitale. Attention, la façade ne paie pas de mine: sans connaître, on aurait vite fait de passer à côté de l'enseigne. S'ouvrant sur un long comptoir en forme de cuisine ouverte, cette cantine que l'on doit à la fratrie Wang distille un goût du jour infusé au cosmopolitisme. On aime la terrasse jouant la carte de l'humour. Comme il est écrit en noir sur briques blanches: "We do not have wifi. Talk to each other and pretend it's 1990." Il fait bon venir ici pour enjamber les méridiens et se délecter d'un pain grillé au bacon surmonté de deux oeufs Bénédicte; d'un toast à l'avocat et au saumon fumé; d'un "fluffy" pancake préparé comme un tiramisu; ou encore d'un bingsu, ce dessert coréen composé de glace pilée. Mention pour les cafés et les iced tea faits maison. Ouvert 7 jours sur 7 et "du matin au soir", Le Refuge ravit tout au long de la journée. Ce qui ne gâche rien, c'est qu'en plus, le décor tape dans le mille. Pas loin de l'esprit des tableaux de Ferdinand Hodler, le cadre évoque la montagne dans ce qu'elle a de rassurant. Ponctués d'images alpines, les murs rappellent l'esprit des cimes enneigées. Des rondins de bois, un beau poêle, un carrelage d'époque, un mobilier de bistrot tout simple ainsi qu'une collection de coucous suisses achèvent de planter une atmosphère dans laquelle on se sent bien. Ce café à manger - peut-être même "gastropub" comme disent les Anglais - squatte aussi le petit-déjeuner. Notre préféré? Sans hésiter, le Heidi qui aligne granola maison yaourt ou bol de chia trempé au lait de coco, crème de mangues, boisson chaude et jus d'orange. Le samedi et le dimanche, Chez Madame Oleson, charmante épicerie fine qui s'articule autour d'un fourneau de la marque Godin, est littéralement prise d'assaut, raison pour laquelle il est ici indispensable de réserver. Avec sa bonne humeur légendaire et son talent certain de cuisinière, Evelyne Van Crombrugge happe les familles qui ne perdent pas une miette des délicieux effluves de pain de viande ou de pain perdu au caramel salé (le blockbuster de l'endroit). Dispositif post-Covid oblige, il n'est plus désormais question d'un buffet en libre service mais d'une table dressée spécialement pour deux, trois, quatre ou davantage de convives. On notera que l'adresse se déplace de quelques maisons, sur une trame similaire, augmentée d'un jardin, à la fin du mois de septembre. Pas glamour pour un sou, cette adresse mérite pourtant que l'on ne s'encombre pas d'a priori. Certes, à première vue, Chez Yara ressemble à ces snacks orientaux comme il en existe des milliers. A ceci près qu'il est ici question de fait maison et de cuisine préparée avec le coeur. Derrière les fourneaux, on trouve une famille syrienne qui propose un brunch inspiré par son pays d'origine. C'est presque trop beau pour être vrai: ce délice s'affiche à 10 euros. Au programme? Que du bon, entre labneh à la fraîcheur envoûtante, et makdous, des petites aubergines à tomber qui sont farcies (noix, ail, piment d'Alep) et servies en pickles. Le tout est accompagné de pain galeb, d'olives, d'oeufs brouillés, de fromage façon halloumi et de crème de sésame. Mention pour l'accueil d'une totale justesse. Dans les années 90, les six amis de Friends se retrouvaient régulièrement au Central Perk, établissement sous caféine de Greenwich Village. La ville de Namur, elle, peut compter sur Coffee & more, enseigne à la convivialité comparable. A peine avez-vous poussé la porte que vous faites partie de la famille. Bref, exactement le genre d'endroit où l'on resserre les liens autour d'un petit serré - ou d'un excellent thé glacé au citron quand le soleil s'en mêle. On ne rate surtout pas les trop bons pancakes servis au choix avec du sirop d'érable ou une boule de glace. Sur fond de carrelage métro parisien noir, on peut s'offrir d'autres régressions made in US: cheesecake Oreo, brookie, carrott et autres apple cake ultrafondants... Espresso bar aux contours arty ouvert par une graphiste et une architecte, Grand Maison cultive l'humour avec sa pancarte: "Tous les jours, il y a un mec qui nous demande si on fait des cafés!" L'endroit ne se contente pas de dérider: une petite restauration décomplexée soulage les faims pressantes. Le petit-déjeuner bio et local constitue l'un des temps forts que l'enseigne décline au quotidien. Mention particulière pour la formule dominicale, servie les jours de marché, qui envoie une très prisée "assiette sucré-salé" variant chaque semaine (pancakes, oeuf, fruits et légumes de saison, crêpe marocaine...). Arrivé trop tard? Pas d'inquiétude, d'autres petites perles émaillent la carte (yaourt granola, miche oeufs mimosa, cake citron-yaourt, tortilla...). Terrasse plein sud les jours de soleil. Cuisinière de formation ayant travaillé chez le très réputé Clément Petitjean (La Grappe d'Or), Fanny Maréchal s'est installée dans le village de Laiche façon retour aux sources. A proximité de la Semois, elle y a imaginé un service traiteur soucieux du terroir qui prend place dans une ancienne grange. Le lieu fait également la part belle à un brunch à l'ambiance très familiale, tous les troisièmes dimanches du mois. Terrain extérieur avec des toboggans et balançoires, l'endroit plaît aux enfants. Sous forme de buffet à volonté, Fanny propose des fromages forcément locaux et des charcuteries en provenance d'un petit boucher des environs. Elle réalise également tapas, makis et plats chauds. Pour les viennoiseries et le pain, elle se fournit chez un boulanger français. Quant aux desserts... c'est selon son inspiration. A ne pas rater: quelques vins de copains à découvrir. Taike Verdonck, l'ancienne sommelière de Chambre Séparée, à Gand, a choisi Kessel-Lo pour ouvrir son propre établissement. A l'intérieur d'un lumineux bâtiment en coin dans le cadre idyllique de l'abbaye de Vlierbeek, elle propose un brunch, des pâtisseries faites sur place tels des rouleaux à la cannelle et des pasteis de nata, de quoi grignoter à l'apéro et des glaces véganes. La carte des boissons est digne d'une sommelière, avec l'excellent café du torréfacteur Mok, des boissons fermentées maison comme du kefir épicé et du kombucha fruité, des vins naturels et des bières des brasseries voisines Coureur et Antidoot. Pour le brunch, on se régale d'un tas de crêpes mousseuses, de pain aux bananes, de croissants multicéréales, de granola accompagné de compote et, si on en a envie, d'un verre de bulles. Avec cette annexe urbaine de la boulangerie Domestic, Anvers se dote en un coup d'un boulanger et d'un bar où prendre un petit-déjeuner ou un lunch de niveau gastronomique. Dans un minuscule bâtiment historique, on peut désormais s'en donner à coeur joie avec des pâtisseries et des pains artisanaux et s'installer à l'arrière pour casser la croûte en matinée ou à midi. Imaginez des oeufs pochés, des sandwichs au pastrami et des petits pains mous fourrés aux crevettes grises. Le petit-déjeuner classique est un oeuf sur le plat glissé sur une épaisse tartine au levain. C'est joli comme tout et ça vous cale jusqu'à midi. Essayez aussi les kambucha et les limonades maison. Ceux qui ont des envies frivoles peuvent s'affaler au premier étage sur les coussins roses et opter pour un high tea. Grà est un tout nouveau bar à Malines où prendre un petit-déj ou un lunch. Le patron, Thomas Hunter, a fait honneur à ses racines en le baptisant du mot irlandais pour "amour". On peut y venir toute la journée s'y sustenter. Le café vient du torréfacteur très tendance Andy Roasters et les bières (sans alcool) de la brasserie danoise Mikkeller. Les plats proposés au petit-déjeuner sont alléchants et surprenants. Ainsi, à tenter : le breakfast burger, avec de la saucisse irlandaise, du lard, du chou mariné et du ketchup, ou le pain perdu garni de pâte à cheesecake et de fruits frais. En prime, on prend place ici dans un décor stylé. La salle, vaste et lumineuse, est aménagée avec beaucoup de plantes, un comptoir en terrazzo tout pimpant et des petites tables de bois clair.