33-35, avenue Albert-Elisabeth
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Un esprit de "comptoir de copains", le sous-titre revendiqué par le lieu, pour cette adresse, petite soeur de Tarzan à Ixelles, qui fait la part belle aux vins nature importés par Le Vin Naturel (Didier Chaffardon, Domaine Mosse, Julien Guillot...) Le principe est celui d'un tableau noir végétalisant qui régale tous azimuts, façon lèche-doigts: chips nori, amandes grillées fumées, burrata bio... Et la viande? Il y en a. Mais pour une fois elle ne squatte pas toute l'offre, entre un duo de charcuterie et un roast-beef en provenance d'un boucher consciencieux (Wesley's à Schaerbeek). Ce "snack de terroir" invite Marseille à Bruxelles. Un tableau aligne des propositions à partager qui changent au fil des semaines et des saisons. Celles-ci flairent la Méditerranée: panisses, oeuf poutargue ou encore éperlans frits. Il y a aussi une pissaladière. Proposée avec de la roquette et de fines tranches de radis fraîches, cette tarte se découvre croquante comme il se doit. Côté boissons, le Bain des Dames mise sur les étiquettes naturelles - dont les excellents vins espagnols du domaine Partida Creus -, sans négliger les bières locales (Cantillon, Brasserie Ermitage...) et les raretés - une eau-de-vie de syrah dans une dame-jeanne que l'on doit au distillateur d'exception Laurent Cazottes. Camille et Jérémy signent une cantine-épicerie à géométrie variable qui fait tout: petit-déjeuner, lunch, goûter, bar à vins... Les amateurs savent que du mardi au jeudi, l'adresse est idéale pour y laisser mariner la fin de journée dans le vin nature et les bières d'artisans. L'occasion est belle pour faire un peu plus que boire et un peu moins qu'un repas classique par le biais d'un grignotage inspiré. Mention pour le petit pâté basque, la planche de charcuteries dégotées notamment auprès de producteurs italiens qui ravissent (terrible filet de cochon mariné au vino santo). On ne rate pas non plus les assiettes plus travaillées: le boudin basque de Christian Parra et le camembert entier rôti au four. Gavé aux fromages et aux saucissons, le bar à vins naturels se cherchait d'autres hormones pour grandir. Si mortadelle et saint-nectaire constituent la pente habituelle (et glissante) des flacons débarrassés d'intrants, il reste qu'il était temps de sortir le genre de ses ornières... Un trio sans collier s'y colle, qui n'hésite pas à mouiller son maillot. La configuration déjoue les attendus, soit une salle triangulaire articulée autour d'un néo-comptoir libertaire où l'on boit (très bien, à l'image de "Sarment Pepper", un pinot d'Auvergne décalé), mange et cause. La carte labellisée "nasty food to share" soumet: burrata, croûtons et menthe; sandwich jambon à l'os, beurre aux algues et cornichon en pickles; sardines de Bretagne... Avec sa structure en bois qui s'ouvre comme un garage, cette enseigne affiche une lisibilité exemplaire. Il y a d'abord la terrasse extérieure qui donne sur la porte de Hal, idéale quand il fait beau. Ponctuée de grandes tables, elle aligne un nombre impressionnant de places assises. Désormais, celle-ci est prolongée par une autre terrasse, intérieure celle-là, qui se savoure quand le temps est maussade. Cette sorte de cour, en forme de sas de décompression, est séparée du café proprement dit par six imposantes portes en bois ramenées de Jaffa. Bien vu également: la table de ping-pong au fond de la salle. La nourriture d'appoint, sourcée chez FreshMed, fait son miel de spécialités moyen-orientales: brochettes, kebab, halloumi, chakchouka, sandwichs créatifs, pitta, salades... Cette précieuse petite adresse se mérite: elle ne s'ouvre que deux jours par semaine. Logique quand on sait que le reste du temps se passe à arpenter les vignobles pour dénicher sans oeillères des flacons auprès de vignerons indépendants. L'esprit est celui d'une cave à manger qui s'est fixé la mission de ne vendre que si et seulement si le vin a été dégusté. Bien sûr, pas question d'opérer cette sélection le ventre vide. Du coup, une série de petites portions, variant au fil des saisons, soulage les estomacs: antipasti, curry thaï, falafels, pâtés basques, voire super assiette de fromages locaux. Le tout pour une ambiance bon enfant prenant place sous une pièce voûtée, située dans un ancien corps de ferme. Little Paris est incontestablement l'adresse la plus aboutie de Waterloo. La bonne nouvelle, c'est que le public l'a compris et répond massivement présent. C'est d'autant plus surprenant que cet antre gourmand se cache derrière une façade anodine et un décor plutôt quelconque (que sauve une cuisine-comptoir). Le miracle réside ici en la personne du chef, Arold Bourgeois, Français en exil, mû par l'envie d'exporter l'esprit d'excellence bistrotière parisienne. Au programme, une carte restreinte mais surtout d'excellentes tapas pour laisser "musarder" ses papilles: terrine de campagne noisettes et pistaches; ventrèche de thon conserves Zallo; nems de sardine; ou encore galette de boudin noir signée Christian Para. Sélection de vins en phase avec cette cuisine d'auteur. Craquant duo que celui-là qui s'est reconverti dans un généreux concept à multiples ambiances - guinguette, bistrot, intimiste... - articulé autour d'une belle carte de vins - pouvoir s'offrir un flacon du Domaine Richeaume de ce côté-ci du Brabant wallon tient du miracle. En vrac, on aime: la cuisine ouverte, la faïence qui orne les murs, les tabourets en tartan, le service familial et la trancheuse Berkel. Avec une spontanéité réjouissante sont envoyées une foule de petites préparations qui citent les nouveaux classiques - Yotam Ottolenghi - et les bons artisans locaux: labneh zaatar, chips de pita maison; frites au four sauce tartare; rillettes de maquereaux fumées; ou encore courgettes farcies scarmoza chorizo basilic. Nourriture d'appoint à l'origine, la planche est en passe de devenir un genre en soi. Mais sous ses dehors sympathiques, elle a vite fait de plomber l'addition. A Charleroi, c'est tout l'inverse, ce qu'elle perd en manières, elle le gagne en générosité. Et en fraîcheur. Un excellent exemple en est fourni par le Tra Di Noi, enseigne que l'on doit à Vito La Rosa. S'avançant sous l'intitulé "pizzicheria", cet endroit au décor brut panache bar et épicerie fine. On s'y arrête entre amis - "Tra di noi" signifie "Entre nous" - pour commander les abondantes planches en question, tranchées minute. Le choix se porte sur "De Biasio" qui aligne légumes grillés, excellente spianata, pecorino, ricotta joliment fermière, gorgonzola, mortadelle et jambon de parme. Bien connu dans le secteur, Ran Van Ongevalle et sa femme, Janah Van Cleven, signent une nouvelle adresse dédiée aux cocktails. Tour de passe-passe: le duo a transformé une ancienne friterie en un bar stylé, avec fauteuils en velours, détails cuivrés et lettrage doré sur les fenêtres rétro. La famille de Ran est connue pour The Pharmacy à Knokke et leur fils a acquis de l'expérience dans plusieurs établissements internationaux. A Bruges, il démontre son savoir-faire en travaillant sur mesure, au diapason des envies du client. La carte comporte aussi des classiques et le tenancier aime sortir régulièrement des vintage spirits rares de son chapeau. En réponse à tant de générosité, Janah prépare en cuisine des en-cas bien pensés, pour une expérience totale. Le Café Ernst fait partie de cette nouvelle génération de bars à vins et bières tournés vers les flacons vineux naturels, fabriqués sans additifs pendant le processus, ce qui leur donne un goût pur et parfois surprenant. Les bières, quant à elles, sont artisanales et produites à petite échelle. Le bistrot sert dix d'entre elles au fût, provenant notamment de la Brasserie de la Senne, de 't Verzet, du Brussels Beer Project et de chez De Brabandere, et dispose en plus de quatre pompes où les suggestions alternent. En accompagnement, légumes marinés, sardines ou fromage rassasient les gourmands. Pour les plus grandes faims, on opte pour le spaghetti bolognaise. Le sommelier Yanick Dehandschutter et le chef Glenn Verhasselt sont les piliers de Sir Kwinten. A un jet de pierre de leur restaurant, ils ont ouvert cette année Ferment, un bar à vins et à bières où l'on mange simplement et bien. L'enseigne est située en plein milieu du Pajottenland, ce qui se remarque sur la carte à la large gamme de gueuzes et de lambics et au plattekaas et radis au goût d'autrefois. Sous l'appellation "fingerfood", on picore aussi ici des classiques comme des goujonnettes de poissons de la mer du Nord ou un carpaccio de boeuf. Le soir, place à la "relax food", façon lapin à la gueuze, vol-au-vent ou loup de mer grillé. Le lundi, on peut venir pour une entrecôte et le jeudi, il y a toujours des ribs. Pour chaque plat, une bière ou un ou deux vins sont suggérés à des prix attractifs.