Même si on arrive presque en voisin, les premières heures passées à Riga donnent une surprenante impression d'atterrir dans Lost in translation, le film de Sofia Coppola tourné à Tokyo, tant le gigantisme semble y être la norme. Mais très vite, la fascination prend le relais. La capitale du pays balte, libérée du joug soviétique depuis une petite vingtaine d'années, résonne encore de son lourd passé. Alors que le russe se parle partout, elle semble hésiter à se délester des vestiges de l'envahisseur. Pourtant, même si la tradition et l'histoire forment le ciment de la ville, la modernité a réussi à s'y frayer un chemin grâce à la jeune génération. Des filles à la beauté froide piétinent les galeries aux boutiques trendy, en faisant une pause dans un lieu branché où le Wi-Fi leur offre une connexion permanente avec le reste du monde. La chute du système communiste et la crise ont forcé l'émergence d'une culture alternative, avec des initiatives originales et l'ouverture de lieux étonnants. Inutile de dire combien les attentes liées au rôle de capitale européenne de la culture sont énormes. Exploration urbaine d'une terre en train de renaître, à l'heure où ses habitants viennent d'échanger leurs derniers lats contre des euros et où les touristes en quête de découvertes accourent...
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Même si on arrive presque en voisin, les premières heures passées à Riga donnent une surprenante impression d'atterrir dans Lost in translation, le film de Sofia Coppola tourné à Tokyo, tant le gigantisme semble y être la norme. Mais très vite, la fascination prend le relais. La capitale du pays balte, libérée du joug soviétique depuis une petite vingtaine d'années, résonne encore de son lourd passé. Alors que le russe se parle partout, elle semble hésiter à se délester des vestiges de l'envahisseur. Pourtant, même si la tradition et l'histoire forment le ciment de la ville, la modernité a réussi à s'y frayer un chemin grâce à la jeune génération. Des filles à la beauté froide piétinent les galeries aux boutiques trendy, en faisant une pause dans un lieu branché où le Wi-Fi leur offre une connexion permanente avec le reste du monde. La chute du système communiste et la crise ont forcé l'émergence d'une culture alternative, avec des initiatives originales et l'ouverture de lieux étonnants. Inutile de dire combien les attentes liées au rôle de capitale européenne de la culture sont énormes. Exploration urbaine d'une terre en train de renaître, à l'heure où ses habitants viennent d'échanger leurs derniers lats contre des euros et où les touristes en quête de découvertes accourent...SE FAIRE UN SPA PRÉCIEUX ET PAS CHER Certains planifient un voyage en Lettonie pour cette seule raison : se faire du bien sans faire de mal à son portefeuille. Soins à l'ambre (la spécialité locale), à l'or, à la soie, au champagne, au caviar... dans des décors de rêve accessibles. Downtown, le spa ESPA du Radisson blu offre la crème de la crème, et l'expérience se termine par un verre au bar avec une vue panoramique pour le moins impressionnante. Pour le grand jeu, direction le Baltic Beach, à une demi-heure de là, avec son hammam en pierres précieuses qui embaume l'orange amère, et sa divine grotte de sel... ESPA, 4A, rue Baznîcas. www.espariga.lv Baltic Beach, 23-25, rue Juras, Jurmala. www.balticbeach.lv Au milieu des impasses et des tourelles du vieux Riga, des commerces s'amusent à brouiller les époques. Le restaurant Rozengrals sert ainsi à ses hôtes des mets inspirés du Moyen Age, en habits anciens et au son des troubadours. Parmi les autres haltes pittoresques, le bar Black Magic dont le balsam, une liqueur concoctée à base d'herbes, est mis à toutes les sauces pour des breuvages et des pâtisseries insolites. Des escaliers cachés derrière une bibliothèque mènent à un laboratoire d'alchimiste où l'on manipule du chocolat à glisser dans des boîtes de magicien... Rozengrals, 1, Rozena. www.rozengrals.lv Black Magic, 10, rue Kalku. www.blackmagic.lv Riga compte la plus grande concentration en bâtiments Art nouveau d'Europe, ce qui a valu à son centre historique de rejoindre la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Il suffit de lever le nez pour tomber sur des façades et des bas-reliefs de toute beauté. Le bon plan consiste à profiter de la visite (avec un audioguide en français) de l'appartement-musée d'Art nouveau de Riga pour se procurer une brochure pointant les réalisations les plus spectaculaires de la ville. C'est d'ailleurs dans ce quartier que l'on retrouve quelques-uns des principaux chefs-d'oeuvre architecturaux. Musée d'Art nouveau de Riga, 12, rue Alberta. www.jugendstils.riga.lv Le moindre pâté de maisons s'ouvre sur un espace vert. Même si la ville est bien desservie en transports en commun, c'est à pied qu'elle s'apprivoise le plus aisément, en prenant son temps. Le parc de l'Esplanade, le jardin de Wöhrmann et même les alentours du Palais des Congrès - centre névralgique de Riga 2014 - méritent des escales. On s'y étonne d'une statue de l'époque communiste ou d'une colonne hissant la liberté retrouvée d'une nation. Impossible d'apprécier Riga sans se perdre dans son gigantesque marché aux mille senteurs abrité dans d'anciens hangars à zeppelins. C'est là que l'on prend véritablement le pouls de la ville. Des chapkas en renard de Sibérie aux branches de bouleaux pour le sauna, en passant par des tisanes censées préserver des divers maux de la Terre ou même le beurre à la marijuana, on trouve de tout à un prix souvent anecdotique.FOULER LE SABLE DU SAINT-TROP' LETTON L'arrivée par avion à Riga dévoile l'un des charmes de la perle balte : aux portes de la ville, des étendues de sable blanc cernées de denses forêts de pins. La station balnéaire de Jurmala, accessible à vélo, en train ou en bateau, semble figée dans le temps de sa grandeur russe défunte. Le bord de plage et les quelques rues du centre alignent de très belles maisons boisées Art nouveau ayant survécu aux promoteurs immobiliers. Le petit musée régale : des vieux films et des photos rétro, ainsi qu'une amusante collection de maillots de bains, rappellent l'époque florissante de Jurmala. Jurmala City Museum, 29, rue Tirgonu, Jurmala, Majori. www.jurmalasmuzejs.lvTout comme les Scandinaves, les Lettons sont très proches de la nature. La petite boutique Abra, en face du musée national, propose des produits de beauté locaux à base de lait et de chocolat blanc. Et, pour se purifier de l'intérieur, une boisson au bouleau à consommer avec parcimonie. Les enfants, eux, louchent plutôt sur les fruits confits, les sucettes au miel et les caramels aux jolis emballages de prés fleuris. Abra, 17a, rue Kr. Valdemara. www.veikalsabra.lv Le café Leningrad offre une ambiance à la... Good Bye Lenin !, avec papier peint à fleurs ou salon de thé à la viennoise aux pâtisseries colorées. Chez Kukotava, on a vue sur un atelier de boulangerie et on sirote un vin choisi sur des étagères, avec du chocolat maison. Tout en lorgnant les bonbonnières alignées sur le comptoir... Café Leningrad, 54, rue Kaleju. Kukotava, 10-12 , rue Terbatas. Tout au long de l'année à venir, la culture sera une raison incontournable de partir à la découverte de Riga. L'histoire tumultueuse du pays sera intelligemment exploitée. Ainsi, l'ancien quartier général du KGB, bâtiment fantôme depuis l'effondrement du système communiste, sera en partie rouvert pour accueillir des expositions sur la mémoire et la transmission. Autre pépite parmi la riche programmation de Riga 2014 : plusieurs expos sur la route de l'ambre, qui reliait autrefois la mer Baltique à la Méditerranée. http://riga2014.org/eng Tous les bobos, artistes et designers locaux ou de passage aiment s'attarder à la galerie Istaba. Ce lieu mixant nourritures terrestre et culturelle, grâce à un resto surplombant un espace d'exposition de créations lettones (art, mode ou déco), ne désemplit pas. Ici, pas de carte : on se fie au chef et à ses envies du jour. A l'arrivée, une succession de délices très bon marché. Confortablement installés dans des salons de bric et de broc, un rien underground, on fait durer le plaisir. Istaba, 31a, rue Barona. istaba@istaba.lvPAR MURIEL FRANÇOISE