1. la pizza et la cuisine contemporaine

Que l'on arpente ses avenues animées ou que l'on se perde dans les entrelacs de ses vicoli (ruelles) pavées, c'est toujours les papilles émoustillées. A Naples, la gourmandise n'est pas un péché, la vie y est dolce : chez le pâtissier Scaturchio, on grignote une sfogliatella (un feuilleté aux fruits confits, à la ricotta et à la fleur d'oranger !) ; on sirote un chocolat à la grappa sous les stucs du Gambrinus, le café Belle Epoque ; on hume un des 40 petits noirs au Caffè del Professore ; et on ne manque pas la pizzeria Brandi, décrétée la meilleure du monde ! " Où il y a une pizza, il y a un morceau d'Histoire ", est-il d'ailleurs écrit sur un mur de cet établissement où, en 1889, est née la fameuse margherita. Mario Avallone, lui, est le chaînon manquant entre gastronomie traditionnelle et nouvelle cuisine napolitaine. Ce chantre des produits vrais a troqué son restaurant la Stanza del gusto pour un bar à vins chaleureux, à deux pas de la piazza Bellini, où il crée des merveilles. Et, pour les amateurs de modernité, rendez-vous à la Torre del Saracino, chez Gennaro Esposito. Chef de file de la nouvelle cuisine locale, décoré de deux étoiles Michelin, il réinvente une gastronomie de haute volée.
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Que l'on arpente ses avenues animées ou que l'on se perde dans les entrelacs de ses vicoli (ruelles) pavées, c'est toujours les papilles émoustillées. A Naples, la gourmandise n'est pas un péché, la vie y est dolce : chez le pâtissier Scaturchio, on grignote une sfogliatella (un feuilleté aux fruits confits, à la ricotta et à la fleur d'oranger !) ; on sirote un chocolat à la grappa sous les stucs du Gambrinus, le café Belle Epoque ; on hume un des 40 petits noirs au Caffè del Professore ; et on ne manque pas la pizzeria Brandi, décrétée la meilleure du monde ! " Où il y a une pizza, il y a un morceau d'Histoire ", est-il d'ailleurs écrit sur un mur de cet établissement où, en 1889, est née la fameuse margherita. Mario Avallone, lui, est le chaînon manquant entre gastronomie traditionnelle et nouvelle cuisine napolitaine. Ce chantre des produits vrais a troqué son restaurant la Stanza del gusto pour un bar à vins chaleureux, à deux pas de la piazza Bellini, où il crée des merveilles. Et, pour les amateurs de modernité, rendez-vous à la Torre del Saracino, chez Gennaro Esposito. Chef de file de la nouvelle cuisine locale, décoré de deux étoiles Michelin, il réinvente une gastronomie de haute volée. Scaturchio, 19, piazza Maggiore. Tél. : + 39 081 551 7031 ; GranCaffè Gambrinus, 1-2, via Chiaia. Tél. : + 39 081 417 582 ; Caffè del Professore, ouvert tous les jours de 7 heures à 2 heures du matin, 46, piazza Trieste e Trento. Tél. : + 39 081 403 041 ; Pizzeria Brandi, 1, salita Sant'Anna di Palazzo. Tél. : + 39 081 416 928 ; La Stanza del gusto, 100, via Santa Maria di Costantinopoli. Tél. : + 39 081 401 578 ; La Torre del Saracino, 9, via Torreta, à Marina d'Equa (à 15 km du centre-ville). Tél. : + 39 081 802 8555. Concentré de deux mille ans d'Histoire, tourbillon d'art grec, romain, gothique ou baroque, Naples est entrée de plain-pied dans le xxie siècle. A ceux qui la croyaient endormie, elle exhibe ses nouveaux atours. Comme sa galleria Umberto Ier, où les boutiques rivalisent de chic sous l'étincelante coupole de fer et de verre, et ses lieux dédiés à l'art du xxe siècle. Infiltré dans les stations du métro où des £uvres sont exposées en permanence, l'art contemporain a son musée, le palazzo delle Arti Napoli (PAN), mais aussi ses galeries, comme la galleria Alfonso Artiaco, qui expose artistes italiens émergents et ceux de renommée internationale tels que Sol LeWitt et Jannis Kounellis. La ville reste toutefois fidèlement accrochée à son passé. Le cardinal de Naples, Crescenzio Sepe, a rassuré ses fidèles : ils peuvent, dans la somptueuse église de San Gennaro, embrasser la flasque de sang qui se liquéfie miraculeusement deux fois par an, même en ces temps de grippe A ! La prière est le meilleur vaccin dans cette ville " entre l'eau de mer et l'eau bénite " (Alexandre Dumas). Ici,où les églises sont aussi nombreuses que les cafés, où, via SanBiagio dei Librai, les boutiques de bondieuseries croulent sous les reliques, on prie la Madone et Maradona, l'ancien dieu du club de foot napolitain. Galleria Umberto 1er, en face du théâtre San Carlo. PAN, 60, via dei Mille. Tél. : + 39 081 795 8600. www.palazzoartinapoli.netGalleria Alfonso Artiaco, 58, piazza dei Martiri. Tél. : + 39 081 497 6072. www.alfonsoartiaco.comQuand on danse sous un volcan, on n'a pas peur de sa réputation sulfureuse. Fatalistes, les Napolitains savent que la Camorra, la mafia " locale ", fait partie du patrimoine de leur ville. Des étudiants des Beaux-Arts lui ont même consacré un dépliant touristique. Ils ont omis d'y indiquer la cantine des juges anti-Mafia, l'excellente et bien nommée trattoria I Re di Napoli, au bord de la mer. On s'y régale de pasta tout en discutant politique.Et, quand ils ne manifestent pas contre la pieuvre criminelle, les Napolitains font leurs courses dans une toute nouvelle épicerie, la Bottega dei sapori e dei saperi delle legalita (boutique des saveurs et des savoirs légaux). Huile d'olive, miel, vinsà toutes les spécialités locales ont une saveur unique : celle des 450 hectares de terres arrachées à la mafia et cultivées par des coopératives bio. " La région Campanie nous soutient, explique Roberta, l'épicière militante, preuve que la société civile se mobilise. Naples, où la délinquance n'est pas pire qu'ailleurs, vaut bien mieux que sa réputation. "I Re di Napoli, 29-30, via Partenope. Tél. : + 39 081 764 7775 ; La Bottega dei sapori e dei saperi della legalita, 22, via Raffaele De Cesare. Tél. : + 39 081 764 3575. " Che bello bambino ! " Non seulement les enfants ont droit aux délicieux gelati de la Scimmia, mais ils n'ont plus à apprendre leurs leçons d'histoire par c£ur : ils les vivent. Après trente minutes de train au départ de la gare centrale de Naples, ils découvrent Pompéi, où, sans trucages ni effets spéciaux, ils sont transportés dans la vie quotidienne au temps de l'Empire romain. Le 24 août 79, précisément, quand cette ville de 20 000 habitants fut ensevelie sous les cendres du Vésuve. La visite se poursuit plus tard dans le splendide Musée archéologique national, à Naples, où sont exposées mosaïques, statues, armes, ces objets du quotidien trouvés à Pompéi et à Herculanum. Dont la meilleure BD de l'époque : la bataille d'Alexandre, fresque magnifique, pavement de la villa du Faune. Pour les plus aventureux, il y a la Naples souterraine : à 40 mètres de profondeur, on découvre les citernes qui ont alimenté la ville pendant des siècles. Frissons garantis! La Scimmia, 4, piazza Carita. Tél. : + 39 081 552 0272. Pompéi : www.pompeiisites.org . Tél. : + 39 081 857 5347 ; Musée archéologique national, 19, piazza Museo nazionale. Tél. : + 39 081 292 823. Du mercredi au lundi, de 9 à 19 heures. Napoli Soterranea, 68, piazza San Gaetano. Tél. : + 39 081296 944. C'est le refuge de la jet-set et des Napolitains en quête de dolce vita : à 60 kilomètres au sud de leur métropole trépidante s'étend la Costiera divina (côte divine). Positano, Amalfi, Ravello, accrochés aux falaises abruptes qui plongent dans les eaux bleues de la mer Tyrrhénienne, défient les lois de la gravité. Poètes et écrivains ont abusé de superlatifs pour décrire ces terrasses de cultures de citrons et de vignes, ces fouillis de maisons aux couleurs pastel, de couvents et d'anciens palais. Comme celui, daté du xie siècle, qui sert d'écrin à l'hôtel Caruso, un des palaces sublimes qui ornent la côte amalfitaine. Perché à 365 mètres au-dessus de la mer, il offre une vue spectaculaire sur Ravello et les villages de Maiori et Minori. Garbo,Bogart, Jackie Kennedy y élirent pension ; aujourd'hui, il accueille les mélomanes venus écouter les plus grands (Zubin Mehta, Placido Domingo) qui se produisent chaque année à Ravello, au festival wagnérien de la villa Rufolo, dont les ruines mélancoliques inspirèrent Parsifal au compositeur. Hôtel Caruso, rens. et réservations : Orient-Express Hotels,Trains & Cruises. www.orientexpress.com et www.hotelcaruso.comPAR ANNE TASCA