1. SON SOURIRE VAUT UNE FORTUNE

19 millions d'euros, plus précisément, l'équivalent de son salaire durant la seule année 2008, selon le magazine Forbes. À la fois sexy et mutin, surligné d'un regard noisette incandescent de joie de vivre, il fait craquer Hollywood et Chanel, qui a fait d'elle l'égérie de son parfum Coco Mademoiselle, dont la nouvelle campagne est annoncée pour le printemps prochain. L'Angleterre moque parfois cette lippe un brin maniérée, résumant le travail de l'actrice à une " pout " (moue) charmante mais un peu systématique. Qu'importe, ce sourire XXL planté sur une silhouette androgyne est la signature de l'actrice. On le découvre dans Joue-la comme Beckham, de Gurinder Chadha, succès surprise de l'année 2002. On ne voit que lui dans Orgueil et préjugés, de Joe Wright, d'après le roman de Jane Austen, qui vaut à l'actrice une nomination à l'oscar, en 2006. Miss Knightley échoue cette année-là au profit de Reese Witherspoon, impeccable dans Walk the Line, mais, bonne joueuse (comme Beckham, donc), elle ne boude pas pour autant.
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19 millions d'euros, plus précisément, l'équivalent de son salaire durant la seule année 2008, selon le magazine Forbes. À la fois sexy et mutin, surligné d'un regard noisette incandescent de joie de vivre, il fait craquer Hollywood et Chanel, qui a fait d'elle l'égérie de son parfum Coco Mademoiselle, dont la nouvelle campagne est annoncée pour le printemps prochain. L'Angleterre moque parfois cette lippe un brin maniérée, résumant le travail de l'actrice à une " pout " (moue) charmante mais un peu systématique. Qu'importe, ce sourire XXL planté sur une silhouette androgyne est la signature de l'actrice. On le découvre dans Joue-la comme Beckham, de Gurinder Chadha, succès surprise de l'année 2002. On ne voit que lui dans Orgueil et préjugés, de Joe Wright, d'après le roman de Jane Austen, qui vaut à l'actrice une nomination à l'oscar, en 2006. Miss Knightley échoue cette année-là au profit de Reese Witherspoon, impeccable dans Walk the Line, mais, bonne joueuse (comme Beckham, donc), elle ne boude pas pour autant. L'ambiance n'est pas à la franche rigolade dans La Duchesse, qui retrace le destin de Georgiana Cavendish, figure de la mode et de la vie mondaine et politique de l'Angleterre du XVIIIe siècle. Keira Knightley y porte la perruque et les froufrous avec autorité, affrontant la raideur glaçante de son époux, incarné par Ralph Fiennes, la présence humiliante de sa rivale au château et l'inconstance de son amant. À la fin de l'histoire, notre héroïne a dilapidé santé et fortune aux jeux de l'amour et du hasard (elle pratiquait les deux avec fièvre). L'actrice, elle, y gagne ses galons d'aristo de la pellicule. Fille de gouverneur dans Pirates des Caraïbes, dont le quatrième volet sortira le 18 mai prochain sur les écrans ; fiancée du chic et très fortuné Mister Darcy dans Orgueil et préjugés, d'après le roman culte de Jane Austen ; duchesse de Devonshire, donc, dans le biopic de Saul Dibb : l'ascension est spectaculaire. Le couronnement, proche, peut-être : l'actrice tiendrait en effet la corde pour incarner le rôle de la princesse Diana (par ailleurs lointaine descendante de Georgiana Cavendish) dans une production des studios Pathé. Entouré de mystère, le projet pourrait également enrôler Helen Mirren, oscarisée en 2007 pour The Queen, de Stephen Frears. Royal, indeed. Et pourtant, la presse et le public britanniques n'épargnent guère celle qui a sans doute le défaut d'être trop jolie et d'être venue trop jeune et surtout trop vite à la gloire : Miss Knightley surjouerait la modestie en interview, aurait sollicité la bonne fée collagène pour booster sa lèvre supérieure et afficherait les mensurations d'un garçon de 12 ans. Plus vaches, certaines critiques ayant accompagné les débuts de la comédienne sur scène, à West End, l'an dernier, dans une adaptation moderne du Misanthrope, de Molière. Keira, qui s'attendait à être " brûlée vive ", a été servie par le Daily Mail : " Elle a le charisme d'un poisson rouge ", avait osé le tabloïd. Dans la tempête, et malgré sa jeunesse - elle n'a que 25 ans -, le roseau Knightley ne plie pas. Mêlant humilité et obstination - elle aurait, dit-on, réclamé à sa mère les services d'un agent dès l'âge de 3 ans - l'ex-enfant dyslexique affirme qu'elle est là pour apprendre. Un mantra prononcé par toutes les jeunes pousses du septième art. Mais Keira pense ce qu'elle dit. Et bosse. Combien de crétineries sucrées avec Patrick Dempsey ou Ryan Reynolds aurait-elle déjà pu tourner ? Aiguillée par un entourage averti (sa mère, Sharman Macdonald est auteure dramatique, son père, Will Knightley, comédien), l'actrice résiste à la facilité, faisant le choix de films choraux et haut de gamme. La preuve par trois cette année. Dans Last Night (1), élégant bien qu'un peu froid drame conjugal de Massy Tadjedin, elle partage l'affiche avec la torride Eva Mendes et fait pleurer Guillaume Canet. Viennent ensuite et surtout Never Let Me Go (2), de Mark Romanek, avec les épatants Carey Mulligan et Andrew Garfield, et A Dangerous Method (3), de David Cronenberg. Adapté d'un roman de Kazuo Ishiguro, le premier est un mélo de science-fiction terrifiant sur le clonage humain ayant pour décor l'Angleterre surannée et verdoyante des boarding schools (internats). Inspiré de la pièce Parole et guérison, de Christopher Hampton, et réalisé par le plus tordu des cinéastes contemporains, A Dangerous Method évoque la naissance de la psychanalyse à travers les relations intenses entre Carl Gustav Jung et Sigmund Freud. L'actrice prête sa pâleur à la troublante Sabina Spielrein, une jeune femme atteinte d'hystérie qui sera la maîtresse de Jung avant de devenir la patiente de Freud. Le film, dont Viggo Mortensen et Michael Fassbender complètent le casting, est annoncé pour l'automne. Énorme attente des cinéphiles. Et gros pari pour la Britannique, que l'on verra aussi prochainement dans un remake de My Fair Lady avec Daniel - James Bond - Craig. En Belgique, sorties annoncées : (1) le 16 février, (2) le 30 mars et (3) à l'automne prochain. On aime particulièrement la robe longue de satin rouge spécialement dessinée par Karl Lagerfeld pour la campagne publicitaire de Chanel. Le bleu électrique du Français Alexis Mabille, porté lors de la première londonienne de La Duchesse, et le vert émeraude - en satin, toujours - qu'elle exhibe dans Reviens-moi lui siéent aussi très bien. Le short met en valeur ses jambes et son côté garçonne (Joue-la comme Beckham). L'armure épouse parfaitement ses hanches (Le Roi Arthur). Et le sweat-shirt à capuche (Last Night) rappelle son insolente jeunesse. En clair, un rien va à la brunette. C'est d'ailleurs dans le plus simple appareil qu'elle a posé en 2006 devant l'objectif d'Annie Leibovitz pour un numéro spécial de Vanity Fair consacré à Hollywood. Tom Ford, présent lui aussi sur la photo au côté de Scarlett Johansson, en fermait les yeux de plaisir. Le plus sexy est peut-être à venir : l'actrice figurerait sur la short list des actrices pressenties pour incarner Catwoman dans le prochain épisode de Batman. PAR GÉRALDINE CATALANO