L'arrivée par les airs sur Podgorica, la capitale, est déjà impressionnante. A travers le hublot, la même image vous fixe sur la rétine un morceau bleu azur d'Adriatique, un pan de montagne qui plonge dans l'eau cristalline, les toits rouges posés sur les murs blancs de villages au charme très méditerranéen et toute la palette de verts, jaunes et rouges que peut offrir une nature luxuriante, selon la saison. A moins de 2 h 30 d'avion de Bruxelles, cette petite république en passe de rejoindre l'Union européenne offre tout ce dont le voyageur peut rêver, sur un territoire grand comme... la Flandre. Des plages à la montagne, de la nature préservée au sport aventure, de la culture à l'histoire, de la gastronomie à l'hospitalité... Le soleil en prime, et la neige en hiver - on skie dans le nord-ouest du pays. Une destination encore méconnue, beaucoup moins fréquentée que la Croatie voisine à laquelle elle n'a pourtant rien à envier. Et qui se visite en quelques jours à peine...
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L'arrivée par les airs sur Podgorica, la capitale, est déjà impressionnante. A travers le hublot, la même image vous fixe sur la rétine un morceau bleu azur d'Adriatique, un pan de montagne qui plonge dans l'eau cristalline, les toits rouges posés sur les murs blancs de villages au charme très méditerranéen et toute la palette de verts, jaunes et rouges que peut offrir une nature luxuriante, selon la saison. A moins de 2 h 30 d'avion de Bruxelles, cette petite république en passe de rejoindre l'Union européenne offre tout ce dont le voyageur peut rêver, sur un territoire grand comme... la Flandre. Des plages à la montagne, de la nature préservée au sport aventure, de la culture à l'histoire, de la gastronomie à l'hospitalité... Le soleil en prime, et la neige en hiver - on skie dans le nord-ouest du pays. Une destination encore méconnue, beaucoup moins fréquentée que la Croatie voisine à laquelle elle n'a pourtant rien à envier. Et qui se visite en quelques jours à peine... Il faut à peine deux heures de voiture pour rejoindre le légendaire canyon de la rivière Tara, depuis Podgorica. Pour échapper à la chaleur un peu étouffante de la capitale, nous avons choisi de commencer par une immersion en pleine nature. Légendaire ? On le sait peu, mais la profondeur de ce site spectaculaire rivalise avec celle du Grand Canyon du Colorado : 1 300 mètres ici, contre 1 500 outre-Atlantique. C'est le deuxième plus profond canyon du monde. Classé au patrimoine de l'Unesco, celui-ci est beaucoup moins aride... et incroyablement peu fréquenté. Les meilleurs points d'observation - les plus vertigineux ! - s'offrent au bout de magnifiques chemins de randonnée à travers bois et forêts, où l'on se perd avec ravissement. Les loups hantent encore les parages. Nous y étions à l'automne dernier : la variété des essences est telle qu'à cette saison, les couleurs évoquent l'été indien québécois. Mais c'est au fond qu'il faut descendre pour affronter la rivière en rafting, sport national dans la région. On trouve partout sur place des organisateurs patentés de raids fluviaux, à l'heure ou à la journée, bivouac possible au coeur des gorges. Décoiffant. De la rivière Tara au Durmitor, il n'y a qu'un pas : les deux forment ensemble l'un des quatre parcs nationaux du pays. Egalement inscrit au patrimoine de l'humanité, le parc de Durmitor est une région de montagnes et de glaciers d'une rare beauté, qu'elle soit ou non couverte de neige. C'est le paradis des randonneurs, alpinistes, spéléologues, vététistes, pêcheurs, skieurs... Bref, de tous les amateurs de sport en plein air. Ou de nature contemplative. On peut s'y promener trois jours, autour de 18 lacs glaciaires, sans croiser âme qui vive, sinon animale. On loge dans la petite ville de Zabljak, station de sports d'hiver en saison, ville morne le reste du temps. Sauf sur le plan culinaire : la cuisine aux champignons sauvages y est gargantuesque, la fricassée de cèpes ou de morilles fraîchement cueillies à se damner. C'est la porte d'entrée du parc et c'est de là que partent la plupart des itinéraires de rando. Parfaitement balisés, pour tous les goûts et tous les niveaux de difficulté. La Boucle de Durmitor ne se rate sous aucun prétexte : 80 km de paysages à couper le souffle, qu'on parcourt en VTT. Ou en 4x4, pour les plus pressés. Pas de doute : la nature constitue l'une des grandes richesses du Monténégro. Sur une superficie de 14 000 km2, cette petite perle des Balkans compte pas moins de cinq parcs nationaux, dont quatre situés en zone montagneuse et le cinquième autour d'un immense lac. S'il faut n'en choisir qu'un (après Durmitor), optez pour celui de Skadar. C'est le plus grand lac de l'ex-Yougoslavie, constellé par endroits d'îlots karstiques qui donnent à la brume matinale un air fantomatique. Sous une nature luxuriante qui n'est pas sans évoquer parfois la forêt amazonienne (on exagère à peine), de pittoresques villages plusieurs fois centenaires surplombent le lac à flanc de colline. Reliés par de petites routes secondaires et de jolis sentiers, plusieurs méritent le détour, autant pour leur atmosphère d'un autre temps que pour la vue qu'ils offrent sur les eaux noires en contrebas. Mention spéciale à Rijeka Crnojevica et Godinje, en profitant d'une halte pour déguster un poisson grillé. Le lac abrite plus de 40 espèces. Sans parler des oiseaux : c'est aussi le paradis des ornithologues. Entre les villes de Niksic et Podgorica, à 1500 m d'altitude, une immense falaise de grès surplombe la vallée de sa masse imposante. La route qui y mène serpente la montagne et semble aussi interminable que vertigineuse. Tout au long du trajet, on dépasse des marcheurs, que la pluie cinglante ne ralentit pas. C'est par centaines que chaque jour, à pied, en bus ou en voiture, les pèlerins grimpent au monastère d'Ostrog. Venus de tous les Balkans, beaucoup campent une nuit ou plus sur des matelas posés sur le sol de la terrasse de l'édifice. Creusé au XVIIe siècle à même la falaise, ce lieu de pèlerinage orthodoxe abrite les reliques de saint Basile le guérisseur et deux chapelles troglodytes où les pénitents se pressent comme les billes d'un chapelet. Longtemps en butte aux appétits prosélytes des Ottomans, le Monténégro conserve un patrimoine religieux exceptionnel. Isolés aux quatre coins du pays, les innombrables monastères orthodoxes jouaient jadis les remparts culturels et religieux. Beaucoup sont encore en activité. Ostrog est l'un des plus spectaculaires, mais d'autres (Moraca, Piva et surtout Cetinje) sont plus anciens et abritent des fresques et icônes dues aux plus grands artistes du Moyen Age au XIXe siècle. Ou des reliques majeures comme un morceau de la croix du Christ. C'est l'un des plus impressionnants fjords méditerranéens et le joyau du Monténégro. La Boka, comme on l'appelle ici pour désigner Boka Kotorska - les bouches de Kotor. Un interminable bras de mer creusé dans la montagne abrupte, qui rétrécit puis s'évase à plusieurs reprises en une succession de cirques marins plus envoûtants les uns que les autres. S'il n'est pas issu d'un glacier comme ses grands frères nordiques, il n'est pas non plus aussi sauvage mais constellé, sur ses berges et ses hauteurs, de villages pittoresques marqués par toutes les influences de l'histoire locale. Que vous l'empruntiez en venant de la mer via la Croatie voisine (Dubrovnik n'est pas loin), dans le sens du rétrécissement, ou vers l'Adriatique dans celui de l'élargissement, rares sont les points de vue qui ne vous laisseront pas sans voix. Les amateurs de voile ou de kayak de mer s'en donnent à coeur joie. Et se sentent très petits à l'ombre des gigantesques navires de croisière qui s'aventurent sans vergogne jusqu'au tréfonds du fjord pour débarquer leur flot de touristes d'un jour. Ne faites pas comme eux : prenez le temps d'en explorer les échancrures. On parlait d'influences historiques... Tout au fond de l'ultime bras de mer de la dernière baie, Kotor est la perle dont le fjord est l'écrin. On ne se lasse pas d'arpenter le lacis des ruelles de sa vieille ville. Ce véritable décor de cinéma est cerné d'imposants remparts construits entre le IXe et le XVIIIe siècles, deux fois plus longs que ceux de la croate Dubrovnik, qui grimpent à l'assaut d'une abrupte paroi rocheuse de plus de 300 mètres. Au sommet, les ruines de la forteresse Saint-Jean offrent une vue imprenable sur la cité, le fjord et les montagnes avoisinantes. Même si elle fut fondée par les Romains, le charme de Kotor doit beaucoup à la République de Venise, dont elle resta l'un des fleurons sur la côte dalmate pendant près de quatre siècles, jusqu'à la chute de la Cité des Doges en 1797. Entre ses innombrables églises, musées et rafraîchissantes placettes ombragées, vous ne tarderez pas à en connaître tous les recoins. La Boka ayant longtemps été sous domination vénitienne jusqu'à ce que Napoléon reprenne la main avant le Monténégro, de nombreuses autres petites villes offrent un semblable charme suranné tout autour de la baie. Ce charme, on le retrouve jusqu'à la côte adriatique, avec notamment la vieille ville (Stari Grad) de Budva, souvent qualifiée de " mini-Dubrovnik du Monténégro ". Aussi ravissante que les plages qui l'entourent, elle perd malheureusement beaucoup de son attrait l'été sous l'invasion du tourisme de masse - notamment russe. Heureusement, des belles choses, toute la côte en a à revendre. Mention spéciale à l'ancien village de pêcheur de Sveti Stefan, un îlot fortifié aujourd'hui reconverti en hôtel de luxe sans avoir rien perdu de son atmosphère historique. Tout autour, les plages de galets rouges et la mer translucide vous tendent leurs bras. Et dire que la montagne n'est qu'à trois heures de route... PAR PHILIPPE BERKENBAUM