C'est indéniable : Anvers possède un don inné pour absorber les nouveautés qui naissent aux quatre coins du globe. Le public trendy et vite lassé ne raffole pas moins des audaces alimentaires qu'il ne s'enthousiasme pour les dernières excentricités vestimentaires. Les chefs se doivent donc d'être à l'affût de toutes les dernières tendances : tapas world, healthy food (un courant qui réconcilie goût du jour et équilibre nutritionnel), fusions en tout genre, bars à vins nature... Dans cet esprit, et loin d'une certaine vision ampoulée de la gastronomie, de nombreuses adresses anversoises s'emballent aujourd'hui pour un retour à une simplicité salutaire. Oubliées les nappes amidonnées et les cartes à rallonge, la ville sur l'Escaut sacre aujourd'hui une néosimplicité qui n'exclut personne. Prouvant ainsi que chacun de nous est invité à la table de l'inventivité. La Fresh food a ici le vent en poupe. Et l'engouement pour les cantines où les chefs misent sur la fraîcheur et préparent leurs spécialités en toute transparence sous les yeux des convives relève du phénomène. La cité scaldienne tout entière a les yeux braqués sur ces nouvelles alchimies du frais.
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C'est indéniable : Anvers possède un don inné pour absorber les nouveautés qui naissent aux quatre coins du globe. Le public trendy et vite lassé ne raffole pas moins des audaces alimentaires qu'il ne s'enthousiasme pour les dernières excentricités vestimentaires. Les chefs se doivent donc d'être à l'affût de toutes les dernières tendances : tapas world, healthy food (un courant qui réconcilie goût du jour et équilibre nutritionnel), fusions en tout genre, bars à vins nature... Dans cet esprit, et loin d'une certaine vision ampoulée de la gastronomie, de nombreuses adresses anversoises s'emballent aujourd'hui pour un retour à une simplicité salutaire. Oubliées les nappes amidonnées et les cartes à rallonge, la ville sur l'Escaut sacre aujourd'hui une néosimplicité qui n'exclut personne. Prouvant ainsi que chacun de nous est invité à la table de l'inventivité. La Fresh food a ici le vent en poupe. Et l'engouement pour les cantines où les chefs misent sur la fraîcheur et préparent leurs spécialités en toute transparence sous les yeux des convives relève du phénomène. La cité scaldienne tout entière a les yeux braqués sur ces nouvelles alchimies du frais.Pendant vingt années, Didier Garnich a piloté son restaurant en automatique. Celui-ci s'appelait alors De Matelote et était auréolée d'une étoile Michelin. Sortant d'une certaine torpeur, il y a trois ans, l'homme a voulu tout changer afin de retrouver l'excitation des débuts. Il a donc transformé les lieux en une cuisine ouverte et déco autour de laquelle une petite vingtaine de convives s'attablent pour se régaler de ce que le marché a à offrir. Pas de carte mais une formule proposant deux entrées différentes, un plat et un dessert pour 60 euros le couvert (ou 75 euros avec le vin). Le tout rendant hommage au poisson sauvage et à la fraîcheur puisque l'approvisionnement se fait en flux tendu Didier Garnich mettant un point d'honneur à ne jamais sortir du poisson du congélateur, aucune routine possible : chaque jour, les plats sont différents. Cette adresse plus que convaincante accueille quelques pointures anversoises, le styliste Dries Van Noten en tête. Ironie du sort, malgré le côté spontané et rock'n'roll de l'affaire, Michelin lui a aujourd'hui attribué à nouveau un macaron. Gin-Fish, 9, Haarstraat, à 2000 Anvers. Tél. : 03 231 32 07."A small place for happy people ". Le slogan en dit déjà long... Patrick Goeman a conçu un microbar à vins décontracté qui fait la part belle aux crus du monde : on boit au fil de l'Espagne, de l'Italie, du Portugal ou, entre autres, du Chili. Au total, Raga propose 80 références à siroter dans la plus grande décontraction. La mise en scène, où domine le rouge, invite à prendre son temps et à refaire le monde. Pour les petits creux, le maître des lieux propose des tapas façon Jamon Iberico, charcuteries italiennes ou fromages affinés. Cette atmosphère bien balancée trouve un écho sonore dans la programmation musicale qui passe tant par Johnny Cash que par des morceaux hypnotiques dominés par les tablas, ces tambours indiens. Raga, 11, Hendrik Conscienceplein, à 2000 Anvers. Tél. : 03 485 66 56. Installé à Anvers depuis juillet 2002, le Danois Kasper Kurdahl s'affiche comme le trublion de la gastronomie. Cheveux en bataille, il appartient à cette génération de chefs qui se moquent des étoiles et autres macarons. Avec son air de ne pas y toucher et de n'en faire rien qu'à sa tête, il possède, à 31 ans seulement, un curriculum à donner le vertige. Après avoir terminé ses études à l'Académie danoise de Restauration et d'Hôtellerie, il vient en Belgique pour travailler avec Roger Souvereyns au regretté Scholteshof. Six mois plus tard, il rejoint Alain Ducasse à Paris avant de s'embarquer pour un séjour de plusieurs mois au restaurant El Bulli, histoire de se frotter à la créativité de l'Espagnol Ferran Adrià, le chef le plus renommé du moment. De retour chez nous, il crée d'abord le restaurant Hecker et, peu après, le Dining Room Harmony. Cette adresse, qui vient de changer de décor façon café brun d'Amsterdam, balance une cuisine raffinée aux accents de légèreté. Le must : les menus gastro 5 services à 50 ou 75 euros. Parfait pour prendre la mesure du fondant de mini-chicon ou du foie gras tiède et truffes d'Alba. Un conseil : prenez soin de réserver votre table dans la petite salle à l'arrière, celle dont la très belle verrière Art déco distille une intéressante lumière jaune. Dining Room Harmony, 169, Mechelsesteenweg, à 2018 Anvers. Tél. : 03 239 70 05. Fax : 03 257 16 09. Internet : www.diningroomharmony.com Le Grand Café Leroy revisite un certain esprit de brasserie. Longues banquettes en bois et hauteur de plafond, l'impression qui domine est celle d'un lieu clair à la simplicité sans chichis. Le tout est souligné par quelques détails bien sentis comme les deux horloges murales - l'une pour les heures, l'autre pour les minutes - ou la fresque arty peinte à même le mur au-dessus du bar. La carte est à deux vitesses. D'un côté les plats sans surprises façon steak tartare ou tournedos. De l'autre, des suggestions plus inspirées privilégiant un certain esprit de world food. On tente alors l'osso-buco réinterprété par le chef ou, pour finir en douceur, le minestrone de fruits frais au sorbet de pamplemousse et limoncello. L'accueil est assuré par une brigade de garçons, joliment lookés, sachant ce que restaurer veut dire. Une très belle terrasse prolonge la salle. On s'y rendra plutôt le midi pour y apprécier le lunch deux services à 16 euros. Grand Café Leroy, 49, Kasteelpleinstraat, à 2000 Anvers. Tél. : 03 226 11 99. Fax : 03 231 70 46. Internet : www.grandcafeleroy.be E-mail : grandcafeleroy@skynet.be Cela fait douze ans que Liesbet Peers décline ses harmonies de légumes home made. Ce concept du midi a fait mouche auprès de nombreux Anversois qui sont devenus accros aux quiches et aux tartes salées déclinées en version végétarienne et, la plupart du temps, bio. Broers van Julienne connaît un grand succès en version take-away mais c'est sur place que l'on communie le mieux avec l'esprit des lieux. Deux pièces en enfilade plantent un décor où le bois de grandes étagères confère au tout la nostalgie d'un petit commerce d'autrefois. C'est sans prétention et c'est doux pour le portefeuille, le plat du jour s'affichant à 8,90 euros. Outre les tartes salées, on peut aussi se régaler de salades de pâtes, taboulés, mousse de feta, charlotte d'aubergines, carottes à la marocaine et autres délices gorgés de soleil. De Broers van Julienne, 45-47, Kasteelpleinstraat, à 2000 Anvers. Tél. : 03 232 02 03. Internet : www.debroersvanjulienne.be Dans son décor de marbre blanc, la boulangerie-pâtisserie Goossens maintient en vie une belle tradition de bouche. Toujours bondée, elle est le temple du sucre et de la crème pâtissière. Parmi les musts de l'enseigne, on retiendra tout particulièrement les cramiques, les craquelins ainsi que les pommes en croûte feuilletée. Mais il ne faudrait pas pour autant passer à côté des petits choux salés au fromage, des croustades à la viande ou des biscuits secs aux amandes et au sucre. Le tout étant servi sourire de la vendeuse compris. On sort d'ici heureux d'avoir fait le plein d'un bonheur gourmand que n'aurait pas renié Amélie Poulain. Goossens, 31, Korte Gasthuisstraat, à 2000 Anvers. Tél. : 03 226 07 91. De façon inédite, Tang's démine tous les clichés qui collent aux cantines asiatiques. Sa mise en scène est épatante. Elle est signée par l'architecte Bart Goossens qui a travaillé en tandem avec la décoratrice Carine Corman. L'endroit tout en longueur joue de belle façon sur le graphisme des idéogrammes chinois. Un gimmick travaillé jusque sur les murs de la terrasse. Assis sur la longue banquette en bois, on savoure une cuisine chinoise qui n'est pas de stricte obédience puisque des touches thaïes et vietnamiennes viennent policer les mets. Mention pour les Noodle Soup Bowls - des grandes soupes fraîches - et les très bons Dim-Sum. Bien vu également, les Bento-Box, sortes de boîtes à tartines en laque noire inspirées d'une coutume japonaise, qui s'avèrent parfaites pour un déjeuner léger. Tang's, 36, Kasteelpleinstraat, à 2000 Anvers. Tél. : 03 248 38 59. Il était autrefois un hôtel à marins. Rénové en 1999, De Kleine Zavel a gardé les stigmates de son ancienne affectation : plafonds moulurés et murs patinés. Tout a été fait pour conserver l'ancien esprit des lieux, ce qui rend l'adresse proprement indémodable. Bardée de bois, la salle contraste joliment avec la cuisine carrelée. Pour accentuer cette " gueule d'atmosphère ", une série de petites touches bien senties ont été ajoutées : vieux bocaux à conserve, bacs de bières en bois à l'entrée, portraits d'anciens, plancher craquant sous les pieds, balance du temps jadis... Le résultat est parfait. Tout cela ne serait qu'accessoire si De Kleine Zavel n'était pas aussi convaincant quant à la cuisine. Ce restaurant sert des préparations matinées de notes exotiques. A recommander : les scampi et vinaigrette thaïe ou cabillaud aux pommes de terre nouvelles grillées et sauce bouillabaisse. L'addition, elle, tourne autour de 60 euros. De Kleine Zavel, 2, Stoofstraat, à 2000 Anvers. Tél. : 03 231 96 91. Fax : 03 231 79 01. C'est aujourd'hui Reine, une craquante Anversoise, qui est aux commandes de Farine devenue mythique en dix ans seulement. Imaginée de façon évolutive, cette adresse accompagne le gourmet tout au long de la journée, du petit déjeuner au dîner. Toute en décontraction, la grande pièce a été conçue comme une cuisine ouverte à tous. L'absence de rupture entre la salle et les fourneaux contribue à faire de cet espace décalé un endroit qui révolutionne le concept même de restaurant. Il n'est pas rare de voir quelqu'un se lever afin de vérifier ce qui se mijote dans une casserole sur le feu. Le mercredi, jour des enfants, les petits n'hésitent pas à demander des crêpes ou leur dessert préféré. Dans cet esprit de décloisonnement des genres, Farine accueille les recettes du monde entier : hoummos, lasagnes aux légumes, taboulés, tajines... La déco de bric et de broc répond à l'esprit très patchwork du lieu. On se régale ici pour moins de 20 euros. Farine, 40, Vlaamsekaai, à 2000 Anvers. Tél. : 03 238 30 48. Non Solo Té, une microcantine aux lignes sobres et inspirées, est la dernière révélation anversoise. Aux commandes, Hans et Joris Verbruggen, qui ont tout compris des aspirations gourmandes contemporaines. A 31 ans, Hans n'est pas un bleu : il a roulé sa bosse dans un grand nombre de restaurants à travers le monde qui lui ont permis d'acquérir une solide maîtrise. Il envoie une cuisine italienne empreinte de simplicité mais qui plonge ses racines dans des produits impeccables. Le moindre sandwich prend ainsi des allures de festin. Non Solo Té livre une version tout en fraîcheur du lunch (20,50 euros). Derrière la cuisine ouverte, Hans mitonne sincère et enthousiaste. Il va jusqu'à faire son pain lui-même. Puriste, il ne propose que deux vins pour accompagner ses alchimies. L'un grand public, l'autre sans compromis. Pour se convaincre du talent à l'£uvre, on n'hésitera pas à goûter la délectable panna cotta. Non Solo Té, 1, Museumstraat, à 2000 Anvers. Tél. : 03 248 49 54. Fax : 03 244 01 36. Logé dans un ancien bistro de quartier, Funky Soul Potato est le type d'endroit sur lequel on a bien du mal à apposer une étiquette. Les éléments bruts très bistro populaire du décor sont atténués par une mise en scène basée sur la couleur. Le jaune, le rouge et le bleu viennent égayer l'ensemble et apportent aussi de la luminosité. Côté cuisine, la formule repose sur un principe très simple : celui des jacket potatoes, soit en français des pommes de terre en robe de chambre. Nulle prétention donc mais un gimmick sympa qui séduit le public. On sourit en lisant les différentes propositions qui ne sont pas dénuées d'humour, entre la pomme de terre Boogie Wonderlamb, forcément à l'agneau, la Free Willy, avec du thon, et la Funkadelic, fourrée de fromage aux fines herbes. L'addition s'affiche sous les 15 euros. Funky Soul Potato, 76, Volkstraat, à 2000 Anvers. Tél. : 03 257 07 44. Patine est une autre adresse atypique d'Anvers : elle est à la fois bar à vins, salon de thé, restaurant, lieu pour le petit déjeuner et, cerise sur le gâteau, bed and breakfast branché. Avec sa décoration arty et bohème, elle a une véritable âme. A l'étage, une sorte de pigeonnier accueille une petite table d'hôtes pour tous ceux qui sont en quête d'intimité. Au plafond, une série de bouteilles de vin vides rappellent le culte voué à Dionysos grâce à plus de 200 références proposées à la dégustation. Le mobilier chiné ajoute à l'ambiance chaleureuse de l'espace. En guise de marketing olfactif, d'appétissants gâteaux s'exposent sur le comptoir. On note avec amusement que tous les publics se mélangent ici sans souci. Le soir et le midi, Patine propose des pâtes, des quiches, quelques salades et des suggestions tirées des produits offerts par le marché. L'addition reste sagement sous les 20 euros. Patine, 1, Leopold De Waelstraat, à 2000 Anvers. Tél. : 03 257 09 19. Internet : www.wijnbistropatine.be Dans le numéro du 19 mai prochain, Weekend* eating zoomera sur les adresses world food à Bruxelles.Dans un style très brut de décoffrage, cette adresse fait valoir depuis six ans une scénographie postmoderne signée par l'architecte Jo Peeters. Avec ses petits pavés du Nord, le sol de Hangar 41 participe, lui aussi, à créer une atmosphère de vieil entrepôt. On plonge dans une ambiance de bords d'Escaut, propice aux rêveries. Quelques notes comme les banquettes de cuir marron ou les lumières intimistes raffinent le tout. Idem pour les vieilles photos du port qui s'exposent tout au long des murs en briques. Totalement décomplexée, l'enseigne propose une cuisine qui ne s'en tient pas aux habituels grignotages propres aux bistrots. Mention pour les poivrons farcis au couscous ou le cabillaud se mêlant joliment aux asperges. L'addition tourne ici autour des 25 euros. Hangar 41, 41, Sint-Michielskaai, à 2000 Anvers. Tél. : 03 257 09 18. Fax : 03 238 53 25.Michel Verlinden