Sites de partage numérique, de troc ou d'achats groupés. Covoiturage, échange de maisons et couchsurfing : nous sommes de plus en plus nombreux à opter pour la " consommation collaborative ". Conséquence de la crise, des préoccupations pour l'avenir de la planète et du développement des réseaux sociaux ? Oui, mais pas que : le phénomène est loin de ne concerner que les fauchés, les radins, les militants écolo ou les geeks. Une étude récente de Claro Partners montre en effet que c'...

Sites de partage numérique, de troc ou d'achats groupés. Covoiturage, échange de maisons et couchsurfing : nous sommes de plus en plus nombreux à opter pour la " consommation collaborative ". Conséquence de la crise, des préoccupations pour l'avenir de la planète et du développement des réseaux sociaux ? Oui, mais pas que : le phénomène est loin de ne concerner que les fauchés, les radins, les militants écolo ou les geeks. Une étude récente de Claro Partners montre en effet que c'est notre rapport à la possession dans son ensemble qui a changé : " De plus en plus de consommateurs ont une relation distanciée à la propriété, confiait au Monde Till Jaspert, cofondateur de ce cabinet de stratégie. L'acte d'achat génère toujours du plaisir, mais avec le temps, la propriété devient un fardeau. " Tout indique qu'après l'indigestion due à la surabondance de biens, on se laisserait tenter par le " consommé light ". La voiture qu'on n'utilise que pendant le week-end ? Revendue au profit d'un abonnement de carpooling. La petite robe en lamé qu'on ne portera que le temps d'une soirée ? Troquée contre un sac à main, qui pourra à son tour être échangé contre une doudoune ou une paire d'escarpins quand on s'en sera lassés. Mais on l'aura compris, acheter, louer et échanger en réseau, ce n'est pas seulement réduire ses dépenses, faire de la place dans son dressing ou profiter des facilités offertes par le Net. C'est aussi marquer son appartenance à une communauté, et faire confiance en priorité aux avis de ses membres plutôt qu'aux boniments préformatés des vendeurs. Et surtout recréer du lien avec ceux qui sont dans la même situation que nous ou vivent une expérience similaire. " Donner une seconde vie aux vêtements ", pour Charlotte, Mélanie et Morgan, initiatrices du Brussels Vintage Market. " Que les résidents puissent se consacrer à la création, et non au rendement ", pour Valériane, Alexis et Pierre, fondateurs d'un collectif d'artistes. Ou " découvrir des bons plans qu'on ne trouve pas dans les livres " pour Damien, qui prête son canapé à tout qui aurait envie de visiter Bruxelles. Catherine Pleeck a rencontré ces partisans d'une nouvelle philosophie de la propriété ( voir pages 20 à 28). À les lire, vous partagerez sans doute leur enthousiasme. Et plus si affinités. DELPHINE KINDERMANS RÉDACTRICE EN CHEFAPRÈS L'INDIGESTION DUE À LA SURABONDANCE DE BIENS, ON SE LAISSERAIT TENTER PAR LE " CONSOMMÉ LIGHT ".