C'est un classique. À tel point que plus personne ne s'étonne d'apprendre qu'au bout de plusieurs années de couple, la passion s'éteint, le désir s'étiole et la consommation d'aspirine augmente (" Pas ce soir chérià "). " 60 % à 70 % des femmes sont confrontées à ce problème de baisse de désir, affirme Dany Paolini, auteure de Pourquoi je n'ai plus envie de faire l'amour avec l'homme que j'aime ? (éditions Bérangel). Mais ce n'est pas pour cela que l'on aime moins son conjoint ! " Les sorties littéraires elles aussi confirment cette réalité : de nombreux ouvrages ayant pour mission de booster notre libido et pimenter notre vie sexuelle sont publiés chaque année.
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C'est un classique. À tel point que plus personne ne s'étonne d'apprendre qu'au bout de plusieurs années de couple, la passion s'éteint, le désir s'étiole et la consommation d'aspirine augmente (" Pas ce soir chérià "). " 60 % à 70 % des femmes sont confrontées à ce problème de baisse de désir, affirme Dany Paolini, auteure de Pourquoi je n'ai plus envie de faire l'amour avec l'homme que j'aime ? (éditions Bérangel). Mais ce n'est pas pour cela que l'on aime moins son conjoint ! " Les sorties littéraires elles aussi confirment cette réalité : de nombreux ouvrages ayant pour mission de booster notre libido et pimenter notre vie sexuelle sont publiés chaque année. Le manque de désir est donc courant, et pourtant personne n'y est vraiment préparé. Parce que la sexualité a souvent un rôle primordial au sein d'un couple, et relève parfois d'une véritable fonction de ciment (notamment grâce à la libération d'ocytocine, une hormone liée à l'attachement, pendant l'acte d'amour). Sans parler du fait qu'avouer à l'être aimé qu'on n'a plus envie de lui peut faire l'effet d'un uppercut. Résultat, plutôt que de risquer de blesser son partenaire en perçant l'abcès, on nie le problème. D'abord en se forçant un peu, puis en gagnant du temps, avant de s'enfermer dans un mutisme concernant ce sujet " touchy ". L'opération n'aura réussi qu'à créer frustration et interrogation. Avant de mettre en péril la survie du couple. Dans son livre, Dany Paolini propose non seulement de renouer le dialogue mais également une méthode pour apprendre aux hommes à respecter leur compagne et leur particularité, celle de faire passer l'âme avant le corps : " Une femme a besoin de se sentir en confiance. Et pour vibrer, elle a besoin d'échange, de dialogue. Elle doit se reconnecter à l'âme de son partenaire avant de pouvoir se donner entièrement. " De fait, le devoir conjugal - qui n'en est d'ailleurs plus un depuis 1991 ! - devient repoussant, limite répugnant, lorsqu'il est réalisé fissa, entre le biberon du petit dernier et la deuxième lessive de la journée. Pour remédier à cette évolution (trop) récurrente, qui a pour conséquence de voir la libido féminine jouer les absentes, l'auteure dévoile le quatuor de l'amour à l'usage des hommes désirant retrouver leur femme en adepte du Kama-sutra. Quatre phases essentielles, quatre signaux qu'il faut apprendre à repérer. " Le b.a.-ba, dit Dany Paolini. Si l'érotisme masculin est lié aux zones érogènes, celui de la femme est lié à la peau. Aussi, des gestes peu élaborés qui plongent rapidement vers les parties intimes, cela nous bloque. Il faut que les hommes ralentissent la cadence. Chaque femme a son propre rythme, il faut être à l'écoute de ces quatre moments importants où elle est prête à changer d'attitude. "À la clé ? Une sexualité plus épanouie parce que cette écoute invite à une nouvelle intimité. Primo, il ne faut donc pas toucher directement le corps de la femme mais au contraire, la " chauffer " émotionnellement. En lui demandant, par exemple, comment elle a passé sa journée. échange verbal, partage émotionnel, connexion spirituelle. Seconde étape, douceur et tendresse par un touché délicat où les baisers langoureux sont recommandés. Le signal pour la troisième étape ? " Lorsque la femme répond chaudement aux caresses. " On passe ensuite à la sensualité avec des caresses plus poussées. Le signal pour passer à l'acte d'amour proprement dit ? " Son corps manifeste une passion intense, des vagues de plaisir sont lisibles sur son visage, son corps cherche un contact très serré avec le vôtreà " Dernière étape : on se lâche. Tout est permis. Une fois qu'on maîtrise les bases, qu'on place le respect au centre de la relation, on peut passer à la pratique du " temps sacré de l'amour ". Késaco ? " Un espace temporel dans lequel la personne peut consacrer des moments agréables à elle-même ou à ses proches ", commente Dany Paolini. Dans un premier temps, la femme est invitée à lâcher prise et à déléguer des tâches ménagères à son partenaire. C'est le temps sacré de l'individu. Celui où l'on pense à soi. " La meilleure façon de faire est de réaliser un tableau où l'on planifie ce qu'on aime faire ou pas. Ce qui permet de partager les tâches équitablement. L'un fait la paperasse, l'autre la vaisselleà, suggère l'auteure, mais il est essentiel de poser des questions. "Souvent la femme propose, mais ne demande pas ! Elle doit aider son compagnon à prendre conscience de ses besoins l'interrogeant : " Que lui faut-il pour être en harmonie avec lui-même ? Souvent, l'homme ne le sait pas lui-même ". Transition vers le temps sacré du couple où le partage d'activités communes semble l'ingrédient nécessaire pour une alchimie parfaite. Vient ensuite le temps sacré des parents et ensuite celui de la famille. Bref, le sésame pour le couple du IIIe millénaire est donc dans la communication, le respect de l'autre et la tolérance aux différences. Voilà une partie du secret dévoilé par Dany Paolini pour que la libido féminine reste active. Oui mais. Le manque de désir se conjugue dorénavant aussi au masculin. " Les hommes ayant un désir sexuel hypoactif est en passe de devenir une des problématiques masculines les plus fréquentes, si pas la plus fréquente ", soutient Pascal de Sutter, psychologue, sexologue et chercheur à l'UCL, auteur du livre La sexualité des gens heureux (éditions Les Arènes). Ce cas concerne un homme sur trois, tous âges confondus. Il y a cependant différents niveaux de gravité, admet le sexologue. " Il y a ceux qui font l'amour une fois par semaine et estiment, probablement par comparaison aux autres hommes ou à l'image idéal d'eux-mêmes, qu'ils devraient le faire plus souvent. Dans ce cas, rien de dramatique. Ensuite, il y a ceux qui n'ont pas envie très souvent. Soit ils se forcent un petit peu, puis ne se forcent plus, résultat, ils le font de plus en plus rarement, au point que la partenaire commence à s'en plaindre. Apparaît alors un certain mal de vivre. Enfin, mais ce sont les moins nombreux, il y a ceux qui n'ont pratiquement pas envie de faire l'amour. Ni avec leur partenaire, ni avec personne. Et dont la compagne souffre énormément. Cela met en péril le couple : elle menace de le quitter ou de compenser avec des relations extraconjugales. Ce manque de désir prend ici une ampleur extrêmement importante. "Mais quelle est la fréquence normative ? À partir de quand peut-on s'estimer frustrée ? " Dans la majorité des enquêtes sur la sexualité, la plupart des gens disent faire l'amour 2 à 3 fois par semaine. Mais mon hypothèse en tant que sexologue, c'est qu'ils le font nettement moins souvent. Les personnes ont tendance à dire ce qui est idéal pour eux ", pointe Pascal de Sutter. Et de fait, selon le spécialiste, les couples heureux, épanouis sexuellement, font l'amour deux à trois fois par semaine en moyenne. Une fréquence supérieure à la moyenne qui semble être d'une fois par semaine : " Bref, un homme de 40 ans peut se poser des questions sur son désir lorsqu'il fait l'amour moins d'une fois par semaine, alors qu'il est en pleine forme physique et mentale. "Plusieurs hypothèses peuvent expliquer pourquoi la sexualité des hommes est en berne. La première est environnementale. " Nous évoluons dans une société stressante. On travaille moins qu'avant mais on est plus stressé ! Il suffit de regarder le nombre grandissant de burn out, épingle Pascal de Sutter. Le surmenage professionnel atteint la sexualité. D'ailleurs lorsqu'on est en dépression, on a moins envie de faire l'amour. " La seconde hypothèse est sociologique et concerne le discours antimacho. " Nous sommes dans une culture du politiquement correct : l'homme respecte la femme, l'admire, lui demande son avis, partage les tâches, observe Pascal de Sutter. Le machisme est assez mal vu. Si c'est excellent sur le plan politique et sur celui de la vie quotidienne, c'est une catastrophe au lit ! Parce que l'archétype du mâle, mammifère, c'est de prendre la femelleà Et pas toujours avec une extrême douceur. La femelle, doit être réceptive, et l'homme propulsif, pénétrant, pour pouvoir fonctionner correctement. En racontant aux garçons qu'ils doivent être extrêmement respectueux avec les filles, ils ont parfois du mal à avoir une érection : ils sont un peu castrés psychologiquement ", raconte Pascal de Sutter. De fait, de nos jours, l'homme a perdu pas mal de repères de masculinité : avant, il était celui qui faisait vivre le ménage, celui qui faisait son service militaire, celui qui pouvait être policier ou pompierà Aujourd'hui, on lui demande d'être un homme attentionné, un père attentif et de passer l'aspirateur. Cette nouvelle donne qui s'ajoute au manque de repères de masculinité pourrait avoir un impact sur le fonctionnement sexuel. Sans oublier le niveau d'exigence des femmes, qui a lui augmenté. Avec l'expérience, on peut juger et comparer. " La femme peut exiger d'un partenaire qu'il soit compétent et à la hauteur pour qu'elle puisse s'épanouir, embraie Pascal de Sutter. Avant si elle était mariée à Marcel, le mauvais coup du village, elle ne le savait pas nécessairement. Aujourd'hui, si cela ne marche pas, basta ! Ce qui peut créer une angoisse supplémentaire. "Dernier point, l'homme qui a lui-même bridé son appétit sexuel. " À force de s'interdire de fantasmer sur les autres femmes, l'homme brime ses instincts. L'effet pervers, c'est qu'en se brimant systématiquement, on ne produit plus la bonne quantité de substances neurochimiques du désir. S'il éteint trop le feu, cela ne brûle plus du toutà Même plus pour sa compagne. Alors que s'il s'autorise un fantasme sur ses collègues, sans pour autant passer à l'acte, il rentrera chez lui avec l'envie d'une relation intime. " En gros, si une minijupe passe et que Monsieur regarde, plutôt que d'être jalouse, la femme devrait se réjouir. " C'est quand il ne regarde plus que cela devient inquiétant ", s'amuse Pascal de Sutter, qui conseille donc aux hommes d'entretenir leurs pensées érotiques. Qu'en est-il de la femme ? " Un vrai défi à relever ", reconnaît Pascal de Sutter. Il faut veiller à rester séduisante et sexy. " Et on ne parle pas de perdre cinq kilos, précise le sexologue. La plupart des hommes, même s'il y a des exceptions, s'en fichent. Ils préfèrent cinq kilos de plus et une vraie coquine, plutôt qu'une fille qui a un corps parfait mais qui est froide comme un glaçon. " Veiller à être un soupçon provocante tout en jouant l'ingénue. Tout est une question de dosage. " Si la femme fait des avances chaque fois qu'elle se sent frustrée, l'homme va se bloquer complètement. Déjà qu'il a perdu de sa virilité au cours de ces 50 dernières années, si en plus c'est la femme qui lui demande de se mettre au garde à vous, il ne lui reste plus rien ! Il faut lui laisser le rôle du guide, du mâle dominant, au moins dans la sexualité. Les jeux de séduction de la femme sont complexes et doivent rester très subtilsà "Rappelons toutefois que si cette absence de sexualité convient aux deux partenaires, il n'est pas nécessaire de changer. Chaque couple doit trouver son épanouissement personnel. " Il serait ridicule de lancer une dictature du sexe idéal, conclut Pascal de Sutter. S'ils sont heureux avec une sexualité faible ou inexistante, qui sommes-nous pour dire si c'est bien ou mal ? Chacun est libre de mener sa vie sexuelle comme bon lui semble tant qu'il ne fait pas de tort à autrui. " Et si pour trouver l'harmonie, il suffisait finalement de répondre en toute honnêteté à la question : " Alors, heureux/se ? "Par Valentine Van GestelUne femme a besoin de se sentir en confiance. Et pour vibrer, elle a besoin d'échange, de dialogue. Elle doit se reconnecter à l'âme de son partenaire avant de pouvoir se donner entièrement . Dany PaoliniNous sommes dans une culture du politiquement correct : l'homme respecte la femme, l'admire, lui demande son avis, partage les tâchesà Si c'est excellent sur le plan politique et sur celui de la vie quotidienne, c'est une catastrophe au lit ! Pascal de Sutter