Si vous étiezà un livre ?

Dans le café de la jeunesse perdue, de Patrick Modiano. Il y décrit le Paris des années 60, plus beau et plus léger que jamais, magnétique et insouciantà En contraste, ses personnages sont nostalgiques, terriblement mélancoliques. Avec sa plume, Modiano balaie les certitudes, nourrit de trouble notre petit quotidien.
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Dans le café de la jeunesse perdue, de Patrick Modiano. Il y décrit le Paris des années 60, plus beau et plus léger que jamais, magnétique et insouciantà En contraste, ses personnages sont nostalgiques, terriblement mélancoliques. Avec sa plume, Modiano balaie les certitudes, nourrit de trouble notre petit quotidien. On appelait ça le " petit déj' du soir ". C'est un rituel que je partageais avec ma mère et ma s£ur quand papa ne rentrait pas dîner. Toutes les trois, en pyjama, on mangeait devant la télé, dans le salon. On posait le grille-pain par terre et on chargeait une table roulante de boîtes de céréales, petits-suisses, camembert, café, jus d'orangeà Il y avait un côté transgressif et rigolo que je trouvais génial ! Alfons Mucha, merveilleux graphiste et fer de lance de l'Art nouveau. J'adore sa façon de représenter les femmes de son époque : pétillantes comme des bulles de champagne, sensuelles, d'une élégance folle. J'aime ce peintre à tel point que je me suis fait tatouer des détails de ses dessins à plusieurs endroits du corps : des petites étoiles, des arabesques, des figures géométriquesà" Deviens qui tu es. Fais ce que toi seul peux faire ", c'est extrait d'Ainsi parlait Zarathoustra, de Nietzsche. J'essaie. J'y parviens très lentement, imperceptiblementà En faisant trembler les autorités établies. Je pleure en écoutant Billie Holiday. On a l'impression qu'elle va s'éteindre si elle ne chante pas, qu'elle peut se briser d'un instant à l'autre. Un jour, Benjamin Biolay, qui l'aime autant que moi, m'a dit que son timbre de voix lui faisait penser à un morceau de sucre de canne qu'on fait fondre. C'est exactement ça. Crétin ! Ça résonne bien mieux qu'un gros mot. C'est d'une violence glaciale. J'adore dire " crétin " avec un détachement et un léger mépris. Avec le réalisateur mexicain Alejandro González Iñárritu, que j'ai découvert dans Amours chiennes. Je suis très attirée par la complexité de ses personnages féminins. Comme l'adolescente japonaise sourde et muette de Babel : désemparée, rebelle, d'une éloquence inouïe. Me rendre compte à quel point certaines personnes autour de moi n'ont aucune conscience écologique : elles mettent le chauffage à fond et ouvrent les fenêtres, laissent les lampes allumées, gaspillent l'eau, ne trient pas les déchetsà Un matin, folle de rage contre une dame qui déposait sa poubelle dans une rue à Paris, je me suis retrouvée à crier : " Nous ne sommes pas nés seulement de notre mère, Madame. La Terre est aussi notre mère ! "PAOLA GENONE J'adore les femmes de Mucha, pétillantes comme du champagne.