QUI ?

Nino Migliori est né à Bologne en 1926, où il vit et travaille encore aujourd'hui. Jamais entendu parler ? Pas de quoi être surpris, l'homme est peu connu en Belgique où il n'a pas souvent été montré. Il appartient pourtant à cette catégorie de talents transalpins dont l'oeuvre dépasse les frontières nationales, à l'instar d'un Guido Guidi. Pour preuve, ses photographies figurent d...

Nino Migliori est né à Bologne en 1926, où il vit et travaille encore aujourd'hui. Jamais entendu parler ? Pas de quoi être surpris, l'homme est peu connu en Belgique où il n'a pas souvent été montré. Il appartient pourtant à cette catégorie de talents transalpins dont l'oeuvre dépasse les frontières nationales, à l'instar d'un Guido Guidi. Pour preuve, ses photographies figurent dans de prestigieuses collections publiques et privées aux quatre coins du globe : MNAC à Barcelone, MoMa à New York, Museum of Fine Arts à Houston, BnF à Paris, Museum of Fine Arts à Boston, SFMOMA à San Francisco... Ce palmarès en dit long sur une notoriété qu'il a construite en bon " architecte de la vision ", un titre officieux qu'il a glané à travers des images explorant notre façon de poser un regard sur le monde. La Matière des Rêves fait valoir un propos rétrospectif retraçant pas moins de 60 années de carrière. On découvre tant les débuts - de la photographie humaniste classique - que les multiples expérimentations qu'il n'a cessé de mener afin de restituer toute la puissance de la photographie. On pense tout particulièrement aux fameux " hydrogrammes ", des prises de vue procédant de l'introduction de gouttes d'eau déposées entre deux plaques de verre. Celles-ci ont souvent été rapprochées du dripping façon " all over " de Jackson Pollock. Pour éprouver une même intensité et ressentir une totale cohérence entre des univers esthétiques différents. Qu'il s'agisse de scènes de la vie quotidienne à Bologne durant l'après-guerre, de " sténopéogrammes ", images en mouvement réalisées avec une camera obscura, voire des " cellogrammes " qui captent des effets éphémères de lumière, l'émoi est le même. Sans oublier quelques clichés délicats pris au Polaroid.