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www.levif.be/weekendDes baisers, toujours des baisers, encore des baisers. Pour un amour furtif, passion, subversion, élévation, absolu. Autant de facettes subtiles d'une quête qui peut se révéler, aussi, éternelle insatisfaction. Au fil des siècles, psys, biologistes, naturalistes, anthropologues, sociologues, poètes... tous, ils ont trouvé des mots pour le dire. Mais sans pouvoir résoudre définitivement ce toujours plus grand mystère. Car entre érotisme et romantisme, fougue et tendresse, étreinte et communion, liberté et sécurité, il court, il court, le sentiment amoureux. Toujours plus fugace, plus insaisissable. Aujourd'hui sur le web, il prend des allures de néoromantisme technologique, d'idylle postmoderne, de véritable zapping ardent. Flirt, passade, tocade, aventure, même les plus timides s'enhardissent, subissant ainsi avec délice une vraie fatale attraction. Malgré un réveil parfois brutal. On rêve, on rêve et puis voilà la première rencontre, le premier choc. Ça passe ou ça casse. Et si l'on en croit les statistiques, le dérapage est plus courant que l'amourette. En cause, entre autres, la dopamine, censée inonder notre cerveau quand on en pince pour quelqu'un, et qui peut faire défaut. Tout comme l'ocytocine, l'hormone-clé de la genèse de l'attachement, ou les discrètes phéromones, les fameuses molécules odorantes dégagées par le corps. Autant de pièges auxquels viennent s'ajouter les préjugés qui plombent l'imaginaire, l'histoire personnelle, le culturellement (in)compatible, le psychologiquement correct, les bouleversements anthropologiques dans les relations hommes-femmes, bref, de bien gros obstacles parfois pour un simple marivaudage. Il n'empêche. Il est d'autres rendez-vous qui se transformeront quand même en voluptueuse oaristys. Grâce à une savante alchimie qui échappe totalement, la plupart du temps, aux nouveaux tourtereaux. Peu importe. Ils seront nombreux encore, cette année, à fêter la Saint-Valentin, le commerce en raffole, il multiplie les tentations, y compris pour les célibataires, une clientèle stratégique, invités à se joindre, comme c'est le cas dans certains grands magasins de New York ou de Paris, aussi à la fête. Rien d'obsolète dans tout ça. Juste une goutte d'eau de rose et quelques bouffées de douce folie. Parce que l'amour, la déroutante découverte de l'autre, in fine, même au présent, ça ne s'explique pas, ça se vit. Christine Laurent