Tout fout le camp. Avant, le comble du luxe, c'était de gaspiller à tout-va.Aujourd'hui, c'est de recycler sans compter ( lire notre dossier en pages 22 à 26). " La misère était conservatrice par nécessité et seuls les plus aisés s'offraient le luxe de ne pas attendre que leurs vêtements soient usés pour les changer. La mode ne concernait qu'eux, confirme Marie-José Mondzain, philosophe et directrice de recherche au CNRS (Paris), au...

Tout fout le camp. Avant, le comble du luxe, c'était de gaspiller à tout-va.Aujourd'hui, c'est de recycler sans compter ( lire notre dossier en pages 22 à 26). " La misère était conservatrice par nécessité et seuls les plus aisés s'offraient le luxe de ne pas attendre que leurs vêtements soient usés pour les changer. La mode ne concernait qu'eux, confirme Marie-José Mondzain, philosophe et directrice de recherche au CNRS (Paris), auteur de La Mode, paru chez Bayard. Or, on assiste à une inversion des valeurs. Aujourd'hui, conserver est un comportement paré de toutes les vertus chez les privilégiés - qui ont les moyens d'acheter de belles pièces - tandis que les moins riches sont contraints de jeter rapidement des vêtements de piètre qualité qui s'usent à la vitesse grand V. " Tout fout le camp. Après avoir jeté la cigarette aux orties, le cow-boy Marlboro Classics poursuit sa mue écolo en s'offrant lui aussi un vestiaire où fleurissent pulls, jeans et chaussures en fibres recyclées ( lire en page 10). à noter que son Far West 2.0, la Californie, eldorado des Hummer, ces 4X4 très énergivores, devient paradoxalement la première oasis verte des états-Unis, avec hôtels, boutiques et musées " 100 % propres " ( lire en pages 44 à 47). Tout fout le camp, côté beauté également : " La démarche d'acheter naturel ou bio n'est plus réservée à une poignée de militants qui choisissaient ces produits davantage pour les valeurs qu'ils incarnaient que pour l'efficacité qu'on pouvait en attendre ", constate Cyrille Telinge, créateur de la toute jeune marque bio Novexpert. Feu vert pour le green, le naturel, le fair trade, donc, mais pour autant que les produits présentent les mêmes garanties d'efficacité, de confort et de plaisir d'utilisation qu'en cosméto classique ( lire en pages 36 à 39). Vous l'aurez compris, Le Vif Weekend que vous tenez entre les mains joue son atout vert. Sur le fond, mais aussi sur la forme : votre magazine est pour la première fois imprimé sur papier recyclé - qui ne ressemble en rien, malgré les craintes de certains de ses journalistes " à du vieux papier toilette qui gratte ". Tout fout le camp, on vous dit. Même les préjugés. Delphine Kindermans - Rédactrice en chefTout fout le camp, on vous dit. Même les préjugés.