Même pas un restaurant. Un simple traiteur. Et pourtant un grand classique carolo. On y va un samedi midi pour quelques heures grappillées au temps qui passe. L'Impérial, c'est une histoire de famille. On entre et on serre la pince de Walter, le papa octogénaire (c'est lui qui pr...

Même pas un restaurant. Un simple traiteur. Et pourtant un grand classique carolo. On y va un samedi midi pour quelques heures grappillées au temps qui passe. L'Impérial, c'est une histoire de famille. On entre et on serre la pince de Walter, le papa octogénaire (c'est lui qui prend la commande en s'asseyant près de vous). Puis c'est la maman qui donne la belle main, juste avant que les deux filles de la maison (elles gèrent le lieu) ne le fassent à leur tour. Bref, le contact est plus que chaleureux. Le décor vaut le détour, entièrement bardé de bois - même le grand comptoir frigorifique, qui confirme que la vocation première de l'enseigne s'emporte. Les tables sont nappées de blanc. Au plafond, quelques poutres massives rappellent que l'adresse fait valoir quelques années au compteur, elle qui fut créée en 1945 par un chapelier italien débarqué en Belgique avec sa femme suisse. La carte reprend de nombreux classiques que l'on n'a plus le temps de préparer : des ris de veau, des rognons à la dijonnaise, un osso bucco (délicieux) - et des plats que l'on retrouvait à la carte des Italiens de première génération - scampi diavola, fondu au fromage... Il y a ici une bonhomie et une gourmandise qui datent d'avant le moment où la cuisine est devenue un spectacle. Cela n'a pas de prix.