L'hiver, l'ombre portée des arbres court jusqu'à la façade vitrée de cinq mètres et demi de hauteur et " géométrise " l'espace. L'été, leur feuillage dru cache le paysage verdoyant qui s'étire au loin jusqu'à Malines et dresse une séparation plus nette entre le jardin et la réserve naturelle qui le jouxte. Logée en bout d'allée cossue, dans l'entité de Bonheiden, voilà une maison qui dialogue avec son environnement. L'absence de vis-à-vis a permis à son propriétaire d'avoir un minimum de murs pleins. Encore ceux-ci sont-ils formés de briques couleur terre, asymétriques et assemblées selon une technique particulière (la colle a remplacé le ciment) pour faciliter le mariage avec la nature environnante.
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L'hiver, l'ombre portée des arbres court jusqu'à la façade vitrée de cinq mètres et demi de hauteur et " géométrise " l'espace. L'été, leur feuillage dru cache le paysage verdoyant qui s'étire au loin jusqu'à Malines et dresse une séparation plus nette entre le jardin et la réserve naturelle qui le jouxte. Logée en bout d'allée cossue, dans l'entité de Bonheiden, voilà une maison qui dialogue avec son environnement. L'absence de vis-à-vis a permis à son propriétaire d'avoir un minimum de murs pleins. Encore ceux-ci sont-ils formés de briques couleur terre, asymétriques et assemblées selon une technique particulière (la colle a remplacé le ciment) pour faciliter le mariage avec la nature environnante. Maison avec vue sur le silence... Pour la concevoir, son futur occupant a mis en compétition plusieurs architectes. Cahier des charges : minimalisme, ouverture sur l'extérieur, chaleur. C'est le bureau d'architecture Van Severen (Dendermonde) qui a emporté la mise avec un concept à la fois simple et audacieux. La maison se structure autour de deux volumes vitrés : le premier abrite l'entrée, dallée de marbre italien (Pietra Piacentina), et l'imposant escalier en wengé massif menant à l'étage ; le second, de dimensions beaucoup plus imposantes, héberge les pièces de séjour et, en mezzanine, l'espace professionnel. La grandeur des vitrages a imposé une mini-étude climatologique réalisée par un professeur d'université. L'architecte a finalement opté pour un chauffage au sol et, afin de pallier les éventuels pics de température, un système d'air conditionné. " Une maison en verre suppose une technicité parfaite ", pointe Luc Van Severen. Cette technicité, on la retrouve dans quelques détails originaux : le système de fermeture des portes (dont sont bannies les traditionnelles clenches) ou ce panneau coulissant en MDF et aluminium profilé qui occulte mieux qu'un volet la fenêtre de la chambre à coucher. On dirait cette habitation de 300 m2 pleinement ouverte, mais elle a ses coins secrets : sauna, salle de bains en mosaïque gris souris et chambre à coucher forment un espace compact, comme replié sur lui-même. La maison s'articule naturellement autour des pièces de séjour, que prolonge une terrasse en bois. Les sols sont en wengé ou en marbre et les murs - quand il y en a - affichent une blancheur immaculée. Sauf dans ce petit salon d'hiver, plus volontiers intimiste, qui se retranche dans l'aubergine et joue le mélange des matériaux, pierres anciennes sous le feu ouvert et porte coulissante en aluminium pour abriter le téléviseur. L'occupant des lieux, un réviseur d'entreprise féru de design et amateur de destinations lointaines, n'est pas de ceux qui confient l'aménagement intérieur de leur maison à un professionnel de la déco. Il choisit patiemment, et une à une, les pièces de son mobilier. Pour le salon, son choix s'est porté sur un ensemble Stella en tissus gris et rouge ; pour la salle à manger, une table Lema en marbre gris et pieds en aluminium, accompagnée de chaises Interni (qui, comme son nom ne l'indique pas, est une marque belge). La cuisine, elle, est griffée Artlinea. En chêne foncé, résolument fonctionnelle, elle cultive son isolement. Contrairement à une mode récente, elle ne comporte ni coin à manger ni ouverture sur l'extérieur. Ici, on cuisine et c'est tout ! Le mobilier se marie harmonieusement avec les imposants tirages du photographe tchèque Jiri Macht ou une sculpture ancienne du peuple Dogon (Mali). " J'ai toujours quelque chose d'imposant à faire passer comme bagage à main lorsque je reviens de voyage ", plaisante cet amateur d'art. Transport le plus périlleux : un cow-boy et un taureau en terre cuite ramenés du Brésil ! Logés sur la mezzanine, ils y côtoient des pièces de mobilier ancien, conçus naguère par un grand-père fabricant de meubles. C'est la seule concession du lieu à la modernité. Chantal Samson