1. COU FOURRÉ

Se protéger de l'hiver polaire, un jeu d'enfant. Suffit de parer son col de fourrure, vraie ou pas, chacune ses convictions (lire par ailleurs). On peut préférer la version Eskimo ou agneau, poils longs ou courts et même l'assortir à sa carnation ou à sa couleur de cheveux. Effet combustion garanti.
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Se protéger de l'hiver polaire, un jeu d'enfant. Suffit de parer son col de fourrure, vraie ou pas, chacune ses convictions (lire par ailleurs). On peut préférer la version Eskimo ou agneau, poils longs ou courts et même l'assortir à sa carnation ou à sa couleur de cheveux. Effet combustion garanti. Un teint opalin, des sourcils redessinés, un trait d'eye-liner et une bouche rouge incandescente, voici le portrait d'une madone Dolce & Gabbana. Il y a du Sud, de l'Italie et un peu de drame dans ce maquillage qui affiche son sex-appeal. A porter fièrement, avec ses bijoux de famille. Un foulard fin, une nuque gracile, trois petits tours et c'est joué. La mode a cela d'excitant qu'on peut aussi privilégier le fait maison, si l'on n'a pas le budget pour s'offrir un vestiaire Chloé, on se réapproprie l'allure " gentlewoman " imaginée par la créatrice Clare Waight Keller qui mêle le masculin et le féminin, le flou et le militaire avec brio. On ne renie pas la basket blanche qui, depuis quelques saisons, a acquis le statut de reliquat des années 80 à ressortir du placard. Revisitée par Céline, elle a tout pour plaire : la forme épurée, l'absence de lacets, la semelle tout confort, bref, c'est l'immaculée conception de la sneaker. Le chignon a un double avantage : par un habile subterfuge (relevez la chevelure et tortillonnez-la plus ou moins serrée, plus ou moins coiffée sur le haut de la tête), il évite les " bad hair days " et donne d'un seul geste un air de danseuse qui fait toujours son petit effet. On peut l'aimer strict comme chez Hermès ou, comme chez Chanel, accompagné d'un bandeau noir très Brigitte Bardot. Dans la gamme chromatique, je veux tous les pastels, à commencer par le rose - il a cela de délicieux que son effet dragée donne la pêche, même aux plus revêches. Mine de rien, par temps gris, mieux vaut afficher la déclinaison délavée de l'arc-en-ciel, du pink au bleu layette, en total look ou combinaison macaron, quand c'est girly, c'est joli. Surtout si c'est signé Miuccia Prada. La New wave emporte tout sur son passage, il n'y a dès lors plus qu'à se laisser entraîner. Et ne pas se contenter d'être une material girl à moitié : si les années 80 sont de retour, autant leur faire la fête. Chez Loewe, J.W. Anderson met donc l'accent sur la carrure, le cuir ennobli, les couleurs qui flashent, bleu cobalt compris, les manches chauve-souris et les assemblages hasardeux. Pour la décoration, un seul bijou fait l'affaire mais décalé, imposant, détourné, référencé. Stella McCartney revisite les perles, deux rangs tarabiscotés donnent de l'éclat au décolleté. Alber Elbaz chez Lanvin noue le cristal de roche sur lien de cuir et Hedi Slimane pour Saint Laurent serre les cous avec un collier grosse maille que ne renierait aucun punk qui se respecte. Au choix. Une silhouette frêle engoncée dans son (trop) grand manteau, le contraste est parfait (voir aussi le shooting). Impression de fragilité et de désinvolture, l'idée contemporaine de l'oversize perdure et s'invite dans toute la garde-robe, du pull-over au trench en passant par le caban, de Nina Ricci (photo) à Vêtements. Les traces laissées par Martin Margiela ne sont pas près de s'effacer. Les deux font la paire. Donatella Versace prône l'accessoire vitaminé et coordonné. On regarde passer l'hiver, d'accord, mais à travers les verres fumés de ses solaires aux couleurs qui claquent, les primaires avant tout. Faites le test " selfie ", vous serez convaincue. PAR ANNE-FRANÇOISE MOYSON