À l'heure où plusieurs noms emblématiques, dont Tommy Hilfiger, ont opté pour Los Angeles ou Paris, le défilé de Calvin Klein était attendu comme le climax de la semaine de la mode new-yorkaise. D'autant qu'il s'agissait, ce 10 février, du premier qu'avait orchestré Raf Simons, arrivé à la direction artistique de la griffe US il y a six mois. Un défi de taille pour celui qui a réussi le tour de force de doper les ventes de Dior de 60 %.
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À l'heure où plusieurs noms emblématiques, dont Tommy Hilfiger, ont opté pour Los Angeles ou Paris, le défilé de Calvin Klein était attendu comme le climax de la semaine de la mode new-yorkaise. D'autant qu'il s'agissait, ce 10 février, du premier qu'avait orchestré Raf Simons, arrivé à la direction artistique de la griffe US il y a six mois. Un défi de taille pour celui qui a réussi le tour de force de doper les ventes de Dior de 60 %. Son mandat cette fois : redonner du tonus au label américain, à son apogée dans les années 80 et 90. Si son chiffre d'affaires se compte encore en milliards de dollars, c'est son identité, considérée comme moins cohérente, qui avait besoin d'un coup de fouet. Un fameux challenge pour le natif de Neerpelt, puisqu'il concernait tant le prêt-à-porter haut de gamme que les accessoires, les sous-vêtements, les jeans ou le parfum, pour la Femme et pour l'Homme, sans oublier la ligne Home. La stratégie adoptée ? Inviter des people bien choisis au premier rang. Faire le tri pour se recentrer sur les lignes directrices de la marque et en proposer une vision très casual, plus limpide, " en phase avec son ADN ", comme on dit. Y ajouter quelques références positives évoquant l'ouverture des Etats-Unis, vu les récents remous politiques - doublures patchwork, pantalons rappelant ceux des fanfares, pulls et vestes inspirés de ceux des pompiers ou des policiers de Big Apple... S'inscrire dans l'air du temps, enfin, en présentant les collections masculine et féminine ensemble. Du boulot parfaitement maîtrisé, mais rien de révolutionnaire dans la méthode, pourtant. Car la botte secrète de Raf Simons, c'est plutôt son entourage. Ainsi, il a fait appel à Willy Vanderperre, son complice depuis plus de vingt ans, pour photographier la campagne de pub. C'est l'artiste Ruby Sterling, avec qui le styliste a par le passé mis en place plusieurs collaborations, qui a imaginé le décor du show. Et, à la fin de celui-ci, Pieter Mulier, son bras droit déjà à l'époque de Jil Sander, lui aussi embarqué dans l'aventure Dior, est carrément venu saluer avec lui. S'il pousse la démarche à son paroxysme, le Limbourgeois n'est pas le seul créatif originaire de notre petit pays à miser sur un réseau fidèle et dévoué ; la tendance s'est vérifiée lors de la réalisation de notre dossier zoomant sur trente de nos talents de moins de 30 ans. Nous vous invitons à les rencontrer au fil des pages de ce Vif Weekend, dont le look a été revu et corrigé. L'occasion aussi de découvrir, dès cette semaine, une rubrique culinaire flambant neuve dans laquelle les chefs de chez nous vous confient leurs meilleures recettes. Et d'accueillir la chronique mordante de Florence Hainaut. Belgium's got talent ! Retrouvez chaque vendredi Delphine Kindermans dans l'émission Pop & Snob de Fanny Guéret sur www.rtbf.be/auvio et sur Pure FM à 15 h 30. DELPHINE KINDERMANSLA BOTTE SECRÈTE DE RAF SIMONS, C'EST SON ENTOURAGE.