Avant d'avoir l'occasion de détailler Olivia Louvet, on se heurte à l'enthousiasme de Marlon, un jeune cocker anglais qui dévale le parquet d'un chaleureux appartement, à deux pas de la place des Vosges, à Paris. Un pelage graphique noir et blanc qu'on imagine de suite sur un portrait de famille décalé, une spontanéité qu'aucun ordre n'ébranle. Marlon semble être le compagnon idéal de " Bonnie ", la cliente type à laquelle la fondatrice de Body&Clyde pense, quand elle ébauche une collection ou poste une photo sur Instagram. " C'est une fille qui assume qui elle est, qui assume ses bêtises. Elle fait de la pâtisserie, du roller. Elle n'est pas dans l'ultraséduction, dans la représentation. " Elle a laissé tomber le string, il y a longtemps, et se concentre sur des matières plus naturelles, tout en étant déterminée à faire monter le désir. Pour cette muse qui jongle entre rende...

Avant d'avoir l'occasion de détailler Olivia Louvet, on se heurte à l'enthousiasme de Marlon, un jeune cocker anglais qui dévale le parquet d'un chaleureux appartement, à deux pas de la place des Vosges, à Paris. Un pelage graphique noir et blanc qu'on imagine de suite sur un portrait de famille décalé, une spontanéité qu'aucun ordre n'ébranle. Marlon semble être le compagnon idéal de " Bonnie ", la cliente type à laquelle la fondatrice de Body&Clyde pense, quand elle ébauche une collection ou poste une photo sur Instagram. " C'est une fille qui assume qui elle est, qui assume ses bêtises. Elle fait de la pâtisserie, du roller. Elle n'est pas dans l'ultraséduction, dans la représentation. " Elle a laissé tomber le string, il y a longtemps, et se concentre sur des matières plus naturelles, tout en étant déterminée à faire monter le désir. Pour cette muse qui jongle entre rendez-vous professionnels, yoga, happy hour et grasse matinée, Olivia Louvet a créé et déposé le " body tee-shirt " : " C'est la rencontre de deux basiques, le tee-shirt loose et la petite culotte ; l'association d'un vêtement casual et d'une touche de sophistication. Le rapport au corps a extrêmement évolué. Une femme veut porter quelque chose de confortable, avoir le côté un peu mode, mais aussi la touche de séduction, quand elle retrouve son fiancé. " Passepoil, fronces, tulle, dentelle... Le côté couture s'invite par le détail, sur des matières douces. " Ma démarche vient des tissus, explique la directrice artistique, une popeline italienne plumetis de la prochaine collection à la main. J'ai souvent un plan en tête, mais ce sont les tissus qui amènent à la création. " C'est d'ailleurs par les étoffes que la styliste s'est retrouvée dans l'univers de la lingerie. " A l'école - au Studio Berçot - je me suis rendu compte que ce qui me plaisait le plus, c'était de travailler les matières floues, les mousselines, les dentelles ; les choses très féminines et très légères. " Elle fera donc son premier stage chez Dior lingerie avant de passer chez Fifi Chachnil, puis chez Balenciaga, à la coordination textile. Les dentelles étaient là, mais la fluidité et la légèreté, chères à la créatrice, semblaient alors manquer à ce monde de l'ultraluxe. " C'est un univers très " chipie " qui ne collait pas à ma personnalité. J'avais envie de plus de simplicité dans les rapports humains, de plus de fun. " Olivia Louvet fait alors le grand écart et collabore, pour une mission, avec Guillaume Gibault du Slip français, avant de lancer sa ligne, avec les codes de la start-up de mode dans lesquels elle se retrouve : " J'ai une vision plus 360, y compris de moi en tant que consommatrice. Je me demande : de quoi ai-je vraiment envie et donc qu'ai-je envie d'offrir aux filles qui vont acheter Body&Clyde ? " Les " Bonnie " qui représentent la marque sur les réseaux sociaux sont des amies, des amies d'amies. Elles sont étudiantes, journalistes, pâtissières ou travaillent dans l'humanitaire. Olivia Louvet n'y voit pas un acte militant, c'est juste que ça sonne vrai. Et que l'essentiel est là. Comme nombre de fondatrices de start-up, elle travaille sur la table de sa salle à manger. A côté de l'ordinateur portable, des prototypes et des bordereaux de livraison des dernières commandes, il y a une coupure de presse, parlant de mode responsable . " Il faut se concentrer sur un travail respectueux de l'homme et de l'environnement, sur une consommation plus éthique " explique celle qui fait fabriquer ses collections dans un atelier au Portugal, dont elle " connaît les ouvrières ", et vérifie les labels bio/écologiques avant chaque commande de tissu. " C'est ça, la vraie tendance du moment ", affirme Olivia Louvet, déterminée à faire bouger les lignes. Le grand retour du body, elle l'a anticipé, il y a quelques années. Aujourd'hui, elle entend conserver " cet ADN de la marque " tout en élargissant la gamme, notamment avec des robes, dans l'esprit confortable et seyant qui a donné aux premières clientes l'envie de dévaliser Body&Clyde.