Dans une ruelle du quartier Saint-Anne, au centre de Bruges, se cache le Vlissinghe. On y entre par un couloir bas de plafond qui débouche sur une vaste salle. Dans le sombre décor, on croise Bruno Chinitor, le propriétaire. " Avec le beau temps, beaucoup de gens sont en terrasse ! " prévient-il. La décoration date de 1870, rehaussée çà et là de meubles plus anciens. Le fauteuil du peintre Antoine van Dyck trône à côté du feu ouvert. Une grande table en bois occupe le centre de la pièce, et aux murs sont accrochés des portraits noir et blanc d'hommes à moustache et de femmes à barbe. Bru...

Dans une ruelle du quartier Saint-Anne, au centre de Bruges, se cache le Vlissinghe. On y entre par un couloir bas de plafond qui débouche sur une vaste salle. Dans le sombre décor, on croise Bruno Chinitor, le propriétaire. " Avec le beau temps, beaucoup de gens sont en terrasse ! " prévient-il. La décoration date de 1870, rehaussée çà et là de meubles plus anciens. Le fauteuil du peintre Antoine van Dyck trône à côté du feu ouvert. Une grande table en bois occupe le centre de la pièce, et aux murs sont accrochés des portraits noir et blanc d'hommes à moustache et de femmes à barbe. Bruno Chinitor et son épouse Griet Balduck gèrent le café depuis 1998. Avant, Bruno tenait un bar " de jeunes ", mais il ne supportait plus le vacarme de la vie nocturne. Sa femme, elle, travaillait au restaurant De Kroon. " À la fin des années 90, le Vlissinghe a connu un creux. Grâce à mon père, qui était un habitué, j'ai su qu'on recherchait un nouveau propriétaire. "Certains documents retraçant le passé du Vlissinghe remontent à 1515. À l'époque, il s'agissait d'une auberge. Les chevaux et les calèches étaient parqués là où se trouve désormais le jardin. Et Bruno d'ajouter : " Après la guerre, le café a été un temps une maison close, mais c'est surtout son histoire culturelle qu'on retient. " En 1869, le Vlissinghe appartenait à Leon De Meulemeester qui en fit un cabaret pour des clients issus de la bourgeoisie et du milieu artistique. Sculpteurs, troupes de théâtre et plus tard stars du grand écran... tous ont fréquenté le café, que Leon a également transformé en un vrai lieu de découverte de nouvelles sortes de bières. " Aujourd'hui, on accueille des clients du Japon ou d'Islande, raconte Bruno. Tenir le café le plus vieux de la ville vous permet de figurer dans tous les guides touristiques. "Au Vlissinghe, on rencontre aussi bien les footballeurs du club local ou une famille passionnée de pétanque que des visiteurs d'horizons plus lointains, attirés par la renommée de l'estaminet. Comme Ruth et James, Boudewine et Willem, et bien d'autres encore. Ruth et James, d'Angleterre : " Nous avons des amis belges. Chaque année nous passons par ici. We go where the locals go. Nous nous y sentons à l'aise. En hiver, le feu ouvert est allumé, c'est très agréable. " Un couple des États-Unis : " Nous venons de Pennsylvanie. Ce café est renseigné dans notre guide touristique. Pendant un mois, nous faisons un voyage d'initiation à la bière. Aujourd'hui, nous testons la trappiste. Tous les soirs, nous prenons une bouteille en photo. Nous sommes déjà allés en Allemagne, à Prague. Mais en ce qui concerne la bière, c'est sans conteste la Belgique qui gagne. " Boudewine et Willem, des Pays-Bas : " Nos amis flamands Piet et Riet nous ont invités. Ils nous ont montré de superbes endroits à Bruges. Le café Vlissinghe est un point de chute idéal à notre balade. " n 2, Blekersstraat, à 8000 Bruges. Tél. : 050 34 37 37. Par Elke Lahousse Photo : Griet Hendrickx