Personne n'intègre par hasard la rédaction d'information de la chaîne la plus regardée de Wallonie. Et personne ne s'assied sur le siège du JT sans avoir le bagage, le charisme, l'envie et la passion du métier nécessaires. Autant dire que malgré sa blonde chevelure, Caroline Fontenoy ne fait nullement partie des animatrices de la maison directement passées de Miss Belgique à Miss Speakerine. Si elle reconnaît avoir eu " un brin de chance " en se trouvant " au bon endroit, au bon moment ", elle avait l'info et l'actu dans le sang. Tout en décrochant sa licence en communication, elle se levait bien avant l'aube pour faire ses gammes sur les ondes pendant plusieurs années. Avant qu'un concours baptisé Radio Academy ne lui ouvre la grande porte de la famille RTL, où elle allait pouvoir oublier tranquillement qu'à un certain moment, c'était la porte du cinéma qu'elle voulait entrouvrir... Mais si on commençait par le début, histoire de connaître un peu mieux cette demoiselle née à Arlon par une journée de printemps 1979 ?
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Personne n'intègre par hasard la rédaction d'information de la chaîne la plus regardée de Wallonie. Et personne ne s'assied sur le siège du JT sans avoir le bagage, le charisme, l'envie et la passion du métier nécessaires. Autant dire que malgré sa blonde chevelure, Caroline Fontenoy ne fait nullement partie des animatrices de la maison directement passées de Miss Belgique à Miss Speakerine. Si elle reconnaît avoir eu " un brin de chance " en se trouvant " au bon endroit, au bon moment ", elle avait l'info et l'actu dans le sang. Tout en décrochant sa licence en communication, elle se levait bien avant l'aube pour faire ses gammes sur les ondes pendant plusieurs années. Avant qu'un concours baptisé Radio Academy ne lui ouvre la grande porte de la famille RTL, où elle allait pouvoir oublier tranquillement qu'à un certain moment, c'était la porte du cinéma qu'elle voulait entrouvrir... Mais si on commençait par le début, histoire de connaître un peu mieux cette demoiselle née à Arlon par une journée de printemps 1979 ? Quels souvenirs gardez-vous de votre enfance ?J'en garde un très agréable souvenir. J'ai grandi à Florenville, un endroit où l'on profite forcément de la nature et des espaces verts. C'est une ville qui semble éloignée de tout, mais qui est aussi protégée de tout. Donc, j'estime avoir été privilégiée, car la distance m'a préservée de certaines choses, tout en me permettant de garder une capacité d'émerveillement et une vraie envie de découverte. A côté de cela, je suis une fille de commerçants indépendants. Donc, malgré la quiétude des lieux, j'ai évolué dans un milieu très actif, où la notion de " grasse matinée " n'existait pas. Si vous deviez convaincre un citadin pur et dur d'aller séjourner dans la région, que lui diriez-vous ?Je le dis souvent aux gens que je rencontre : sortez de votre province ! Bon, comme j'ai un côté un peu chauvin, je conseille évidemment le Luxembourg, qui est la plus belle des provinces. Plus sérieusement, vous admettrez que, quand on arrive là-bas, on est ébloui par ses forêts, ses reliefs, ses paysages... Et puis, il y a ce panneau, au bord de l'autoroute, avec le sanglier et la phrase " Une ardeur d'avance ". Je trouve que cela qualifie très bien l'énergie, la convivialité et la détermination luxembourgeoises. On est des bons vivants, on adore les bonnes choses. En fait, je dirais qu'on a un côté très latin. Vous y retournez souvent, maintenant que vous travaillez et vivez à Bruxelles ? J'essaye d'y retourner environ une fois par mois, pour dire bonjour à ma famille (du côté de ma mère), fêter des anniversaires et revoir les gens avec qui j'ai grandi. J'y vais avec plaisir quand j'arrive à bloquer minimum deux jours d'affilée dans mon agenda. Vous avez quitté Florenville à l'âge de 18 ans, afin d'entamer vos études universitaires...Oui. J'ai fait mes candidatures à Liège. Mon idée, à la base, c'était d'enchaîner là-bas avec une licence en cinéma, car c'est un monde qui me fascine depuis toujours. Mais disons qu'à un certain moment, la raison a pris le dessus : il n'y a pas de place en Belgique pour trente-six frères Dardenne ! J'ai donc bifurqué, et je suis partie à Louvain-la-Neuve pour obtenir ma licence en communication. J'ai tout réussi d'une traite, car je détestais les périodes d'examens et je voulais chaque fois m'en débarrasser au plus vite pour ne pas avoir de seconde sess'. Attention, j'ai aussi guindaillé pas mal, surtout à Liège, avec ma grande soeur. Mais j'avais passé un pacte avec ma mère, qui avait insisté sur un point : " Tu fais ce que tu veux, mais tu réussis. " Votre arrivée à RTL, elle aussi, s'est déroulée sans trop d'encombres...Pendant plusieurs années, je me suis levée à l'aube pour travailler sur des radios comme Must FM ou une antenne régionale de Radio Contact. Puis, un jour, j'ai décidé de passer le concours Radio Academy, que j'ai eu la chance de remporter. Comme j'avais déjà fait un stage à Bel RTL, au bureau de Namur, cette victoire m'a offert une belle opportunité, même si je crois que la chaîne a surtout été intéressée par mon profil journalistique. On peut donc dire que tout s'est enchaîné de façon naturelle, mais il y a beaucoup de travail derrière. En arrivant à RTL, j'étais déjà une sorte de " produit fini " prêt à l'emploi ! La télévision vous a-t-elle immédiatement fait de l'oeil ?Je l'ai toujours dit, et je le répète : je suis d'abord une femme de radio. Ça fait plus de dix ans que j'en fais, ça a toujours été un vrai plaisir, car c'est un média qui laisse une grande liberté d'action et d'expression. Mais comme j'ai un peu la bougeotte et que je suis une touche-à-tout, j'avais aussi envie de faire des reportages pour la télé. J'ai donc fait des sujets en rédaction d'info, avant de remplacer Sabrina Jacobs à la présentation de Clé sur porte, durant son congé de maternité. Ensuite, j'ai fait quelques numéros d'Images à l'appui. Et enfin, j'ai passé le casting pour présenter le JT du week-end, et j'en suis devenue la titulaire en août 2008... Annoncer des infos ou des faits divers sordides à longueur d'année, est-ce que cela implique de tracer une frontière entre son métier et ses émotions ?Quand on est sur des dossiers glauques ou tragiques pendant plusieurs semaines, oui, parfois, on frise l'overdose. Mais bien qu'un présentateur doive faire preuve d'empathie, il n'est pas là pour donner un jugement ou émettre son opinion. Ce n'est pas ce qu'on lui demande. Donc, effectivement, on ne dévoile aucune émotion, même quand certaines images nous touchent plus que d'autres. Personnellement, certains soirs, il m'arrive de me repasser tout le journal en boucle dans ma tête. Je peux aussi avoir un sommeil très agité, avec ce cauchemar récurrent où j'arrive en retard au studio, on ne passe pas les bonnes images ou le prompteur reste muet... Quelles sont vos techniques pour vous détendre une fois les projecteurs éteints ?Par la force de mon métier, je suis une droguée de l'info et, pendant longtemps, j'ai eu du mal à me déconnecter complètement. Mais aujourd'hui, ça va mieux. Je fais du sport : des séances de cardio en groupe, sur une musique entraînante. Ou alors, je m'affale dans mon canapé, j'allume la télé et je regarde des trucs qui ne demandent aucun effort cérébral. Comme je suis un peu téléphage, je peux aussi bien m'arrêter devant une daube que me lancer dans une chouette série. En ce moment, je suis accro à Once Upon a Time, et je devrais bientôt enchaîner avec Game of Thrones. A côté de cela, une petite balade en forêt ou un bon resto, je ne suis pas contre non plus !PAR NICOLAS BALMET / PHOTOS : JULIEN POHL" IL Y A CE PANNEAU AVEC LE SANGLIER ET LA PHRASE "UNE ARDEUR D'AVANCE", CELA QUALIFIE TRÈS BIEN L'ÉNERGIE, LA CONVIVIALITÉ ET LA DÉTERMINATION LUXEMBOURGEOISES. "