Cela vous aura peut-être échappé, mais deux idées de la France se sont récemment entre-déchirées - et à l'heure de coucher ces lignes, on ignore toujours si l'affaire a connu un épilogue heureux. A ma droite, les Pasquier, famille de boulangers reconvertis dans l'industri...

Cela vous aura peut-être échappé, mais deux idées de la France se sont récemment entre-déchirées - et à l'heure de coucher ces lignes, on ignore toujours si l'affaire a connu un épilogue heureux. A ma droite, les Pasquier, famille de boulangers reconvertis dans l'industrie, division viennoiseries et pâtisseries. A ma gauche, la " start-up nation " chère à Emmanuel Macron, ses emplois précaires pleins de fun et son amour inconsidéré des anglicismes. C'est d'ailleurs l'utilisation du mot " pitch " qui pose problème, les premiers ayant ainsi désigné leur plus populaire petit pain mou, les seconds l'utilisant à tour de bras, au sens de " court argumentaire " ou " résumé " - comme c'est le cas en télé depuis une vingtaine d'années. Le hic, c'est que Pasquier a enregistré son " Pitch " dans tout un tas de catégories farfelues à l'Institut national de la propriété intellectuelle, et obtient gain de cause quand il attaque ses adversaires en justice, même si leur activité n'a rien à voir. Bêtise premier degré ou cynisme olympique, difficile à dire, même le communiqué finalement publié mi-février dernier laisse planer le doute. On espère qu'une quelconque autorité viendra bientôt siffler la fin de la récré et calmer les appétits des Pasquier, histoire qu'ils arrêtent leur racket éhonté. Et s'ils ne sont pas contents, qu'ils la mangent, leur brioche.