Des mots oru (plier) et kami (papier), art populaire né en Chine qu'au cours des siècles s'est approprié le Japon, où il devint une tradition symbolique. Chez nous, l'origami est longtemps resté une discipline confidentielle, épisodiquement représentée dans la pop culture pour traduire une obscure allégorie ou l'idée de méticulosité mystérieuse, parfois même un peu suspecte - voir la licorne de Blade Runner, les cygnes de Michael Scofield dans Prison Break, ou les grues de Claire Underwood dans House of Cards. L'origami est pourtant devenu bien plus qu'un petit objet fascinant. Les ingénieurs des plus grandes universités l'ont étudié pour résoudre des problèmes d'encombrement ou de résistance des matériaux, ce qui nous a valu nombre d'applications extraordinaires - en architecture, médecine ou électronique, des airbags aux robots miniatures en passant par les stents coronariens et les panneaux solaires des satellites de la NASA. Sa pratique procure en outre de nombreux bienfaits thérapeutiques, aide à traiter l'anxiété, la dyspraxie et même Alzheimer, et à développer la coordination oculo-manuelle et les facultés motrices. Elle est d'ailleurs tout indiquée pour les enfants, qui découvrent formes, volumes et couleurs, à la faveur d'un éveil artistique abordable et accessible à tous.
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