Les hypothèses divergent. Certains évoquent le footballeur David Beckham ; d'autres, la chanteuse Britney Spears. Les plus terre à terre font simplement référence aux bouleversements de la géopolitique qui tirerait le monde vers une nouvelle forme de guerre des religions. Quoi qu'il en soit, le sacré fait son grand come-back sur nos terres occidentales dans des proportions parfois inattendues. Dernier exemple en date : le chapelet devient un accessoire de mode ! Après la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, la Belgique semble en effet succomber à cette tendance bizarroïde, comme le confirme d'ai...

Les hypothèses divergent. Certains évoquent le footballeur David Beckham ; d'autres, la chanteuse Britney Spears. Les plus terre à terre font simplement référence aux bouleversements de la géopolitique qui tirerait le monde vers une nouvelle forme de guerre des religions. Quoi qu'il en soit, le sacré fait son grand come-back sur nos terres occidentales dans des proportions parfois inattendues. Dernier exemple en date : le chapelet devient un accessoire de mode ! Après la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, la Belgique semble en effet succomber à cette tendance bizarroïde, comme le confirme d'ailleurs l'un des rares vendeurs d'articles religieux en Belgique. " Aujourd'hui, même les jeunes non croyants s'offrent des chapelets, constate Jean Mathues, de la boutique du même nom à Halle. Ils le portent comme un bracelet ou un collier, quand ils ne l'accrochent pas tout simplement au rétroviseur de leur voiture parce qu'ils trouvent cela sympa ! Franchement, je ne comprends pas. " Flash-back : l'été dernier, le sportif David Beckham pose torse nu pour le magazine " Vanity Fair ". Seuls accessoires visibles sur la couverture : un collier et un chapelet sur son torse galbé. Peu de temps après, c'est au tour de Britney Spears d'apparaître cette fois en public avec le précieux rosaire autour du cou. Il n'en faut (malheureusement) pas plus pour lancer une mode : deux grandes idoles prisées par des adolescents en manque de symboles forts, une petite trouvaille stylistique pour le look et hop, le buzz est lancé ! Le plus drôle dans l'histoire, c'est que la jeune chanteuse en question hésite régulièrement entre son chapelet catholique autour du cou et sa petite cordelette rouge au poignet gauche, signe de reconnaissance des adeptes de la Kabbale. A l'instar de son amie Madonna rebaptisée Esther pour l'occasion, elle a en effet craqué pour ce mouvement mystique juif qui draine désormais des milliers de nouveaux fidèles grâce aux stars qui montrent " l'exemple ". Les fans s'interrogent mais finissent par mordre, une fois de plus, à l'hameçon du sacré. Surprenante, l'évolution est toutefois intéressante, même si elle peut sembler tout aussi paradoxale : tandis que la société s'arme de gadgets technologiques de plus en plus sophistiqués, le religieux et l'ésotérique reviennent en force dans le quotidien des gens. Côté mode, les gris-gris et autres porte-bonheur mystiques ne se sont jamais aussi bien portés ; côté culture, les livres et les films au parfum de mystère théologico-fantastique caracolent respectivement en tête des ventes en librairie et des entrées de cinéma. En clair : le " Da Vinci Code " de l'Américain Dan Brown est un best-seller et chaque nouvel épisode de la série des " Harry Potter " et autres " Seigneur des Anneaux " cartonnent dès sa sortie. Bref, l'air du temps surfe sur cette fusion étonnante entre le technologique et l'ésotérique, le rationnel pur et l'irrationnel dur, les chapelets chic et les cordelettes choc. Amen. Frédéric Brébant