Même si l'île de Cuba dispose de plusieurs aéroports internationaux, atterrir à La Havane procure toujours une note exotique, presque mythique au voyage. Dès l'arrivée, on est littéralement happé par cette capitale attirante et hors norme, trois fois plus grande et peuplée que Bruxelles. On tombe littéralement amoureux de ses grandes et larges avenues ensoleillées, de ses maisons décorées de balcons ouvragés, aux colonnades et patios harmonieux. Le temps a pourtant fait son £uvre et des milliers de façades décrépites nécessiteraient aujourd'hui une rénovation rigoureuse. Mais ici, l'argent manque et les rénovations d'immeubles ne constituent pas une priorité dans la vie des Cubains... Petite lueur d'espoir cependant avec le centre historique de la " Habana Vieja " qui connaît aujourd'hui de nombreux chantiers de restauration de ses plus majestueux palaces. La valeur historique de ce quartier étant d'ailleurs salué par l'Unesco qui l'a classé au Patrimoine mondial de l'humanité depuis 1982. La tâche est loin d'être achevée puisqu'on estime à 3 000, rien qu'au centre, l...

Même si l'île de Cuba dispose de plusieurs aéroports internationaux, atterrir à La Havane procure toujours une note exotique, presque mythique au voyage. Dès l'arrivée, on est littéralement happé par cette capitale attirante et hors norme, trois fois plus grande et peuplée que Bruxelles. On tombe littéralement amoureux de ses grandes et larges avenues ensoleillées, de ses maisons décorées de balcons ouvragés, aux colonnades et patios harmonieux. Le temps a pourtant fait son £uvre et des milliers de façades décrépites nécessiteraient aujourd'hui une rénovation rigoureuse. Mais ici, l'argent manque et les rénovations d'immeubles ne constituent pas une priorité dans la vie des Cubains... Petite lueur d'espoir cependant avec le centre historique de la " Habana Vieja " qui connaît aujourd'hui de nombreux chantiers de restauration de ses plus majestueux palaces. La valeur historique de ce quartier étant d'ailleurs salué par l'Unesco qui l'a classé au Patrimoine mondial de l'humanité depuis 1982. La tâche est loin d'être achevée puisqu'on estime à 3 000, rien qu'au centre, le nombre d'immeubles à sauver. La chaleur rythme le temps à La Havane. L'après-midi, sous la canicule, il fait bon se rendre à la terrasse de l'hôtel Inglaterra. En plein centre-ville, ce bar situé au rez-de-chaussée permet de s'imprégner de l'ambiance si particulière de la ville. Les sourires s'échangent, les conversations s'engagent et les plus téméraires esquissent même un pas de danse. Le temps semble s'être arrêté. Le décor est en effet immuable depuis des décennies et les vieilles voitures rangées le long du trottoir renforcent cette impression. Importées dans les années 1950 par les Américains, ces automobiles sont devenues un véritable trésor national. On raconte même que Fidel Castro a interdit l'exportation de ces Buick, Cadillac ou autres Chevrolet rafistolées à l'infini. Non loin de l'hôtel Inglaterra trône l'imposant Capitole. Réplique de celui de Washington, ce colosse de marbre et de dorures construit au début du xixe siècle abritait le Parlement cubain jusqu'à la révolution castriste. Sous sa coupole culminant à 62 mètres, on peut admirer la réplique d'un diamant de 24 carats incrusté dans le sol et marquant le kilomètre 0 de toutes les routes cubaines. Derrière le Capitole, la fabrique de cigares Partagas est l'une des fiertés de Cuba. Les feuilles de tabac entreposées et manufacturées ici proviennent de la province de Pinard del Rio. Trois villes y délimitent le triangle d'or du havane : Pinard del Rio, San Luis et San Martinez. Des dizaines d'ouvriers procèdent au roulage, pressage et à la vérification de la qualité des cigares. Si les plus réputés, le Cohiba ou le Montecristo, sont des produits de luxe pour touristes, les Cubains, eux, profitent de leur " puros " (cigare en cubain) au quotidien. A Cuba, le cigare se fume en rue et toute la population, jusqu'aux mamas hilares, le savoure... De volute en volute et accompagnés par la musique omniprésente, nos pas nous mènent à l'hôtel Ambos Mundos. Ce havre de paix unique, bien douillet, accueille ses hôtes dans une ambiance surannée. Ainsi au bar, il est de bon ton de terminer sa soirée, bien installé dans de profonds fauteuils, le bruit extérieur filtré par de magnifiques lambris, en dégustant un verre de rhum hors d'âge, tout en étant captivé par la mélodie feutrée du piano. A moins que l'on préfère s'évader dans les rues de La Havane. Quand le soleil se couche et que revient un peu de fraîcheur, La Havane semble sortir de sa torpeur. Partout dans la rue, sur les terrasses des cafés, dans les restaurants, des dizaines de groupes de musique se forment, faisant vibrer les murs de la capitale. Une ambiance hors du temps et unique au monde... A l'est de La Havane, le long de la côte des Caraïbes, défilent les plages s'ouvrant sur l'océan Atlantique. Fréquentées par les Havanais durant le week-end, les plages s'occidentalisent au fur et à mesure que l'on s'éloigne de La Havane. Varadero, la plus courue, allonge sa presqu'île au milieu des infrastructures touristiques. Cuba est également constitué d'un grand nombre d'archipels aux milliers de petites îles. Ainsi au large de la province de Sancti Spiritus s'étalent de magnifiques îlots, appelés " cayo " ( NDLR : îlot de sable et de corail). Certains sont accessibles par la route via une digue. Ainsi, une fois le péage acquitté, la route " El Pedraplén ", achevée en 1999, flirte avec l'eau turquoise pendant plus de trente kilomètres au travers d'une cinquantaine de ponts qui enjambent les marées. Comme devant la proue d'un bateau, des dauphins s'amusent alors à quelques mètres du capot de la voiture. Le superbe " cayo " Santa Maria se trouve exactement à la pointe ouest de l'archipel de Sabana-Camagüey. Eden encore très peu bâti, Santa Maria n'accueille à l'heure actuelle que trois complexes hôteliers occupant des kilomètres de sable immaculé et de baies aux eaux émeraude. Plongée, surf, catamaran ou pêche rythment alors ici des journées idylliques. En revenant de ce petit paradis exotique, quelques kilomètres après la fin de la digue, une halte s'impose à la petite ville de Remedios qui a su préserver son caractère colonial avec ses habitations à colonnades entourant un joli parc central résonnant de discussions animées et de chants d'écoliers venus de la maison de la musique. Une halte des plus relaxantes. Guide pratique en page 78.Yves Merens