Charles Dantzig, un pseudo pour sortir de l'ordinaire ou pour s'inventer sa vie ?

Je ne réponds jamais à cette questionà
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Je ne réponds jamais à cette questionà Les effluves de l'Atlantique, au Pays basque. Mouchoir de Monsieur, le plus vieux parfum de Guerlain, et Blenheim Bouquet de Penhaligon. J'aime l'odeur poivrée de cette fragrance que portait Winston Churchill. Entrer au pays des fées, ce que j'ai finalement fait en devenant écrivain. Ce n'est pas une chose acquise, mais innée, qui part de l'envie de comprendre le monde. J'ai appris à lire tard, vers 6 ans. Scandalisé par mon retard, je me suis mis à engloutir les livres ! Oui, la littérature étant la seule forme fondée sur l'émotion. Je ne considère pas l'écriture comme une vérité immuable, d'autant qu'elle découle d'un être humain changeant. Ce n'est pas une manie, mais un véritable projet littéraire. En 1996, m'est apparue l'idée de faire de la littérature à partir de quelque chose de rudimentaire, qui n'était pas fait pour ça. N'aimant pas les livres raisonnables, je préfère l'idée foutraque d'un livre un peu énorme, à la Pantagruel. Un jeu, puis une drogue, qui a duré douze ans et dont je suis à peine sevré. Créer ces différentes catégories correspondait à une complication délicieuse. Un livre relève d'une parade amoureuse, avant de se transformer en combat entre le livre et son auteur. C'est effectivement une tentative d'autobiographie. Je suis pourtant si pudique, que c'est le nom d'une maladie chez moi. Mais c'est la première fois, que je souhaite dire certaines choses, non par narcissisme, mais parce qu'un " je " est parfois un " nous ". Ce serait mal élevé de dire ouià Je ne cherche pas à me singulariser, or je suis comme ça. Au départ, c'est mortel tant les gens veulent vous mettre dans un moule, une identité, une ressemblance et une médiocrité. Le brio et le goût du brillant peuvent exaspérer et être dangereux. Mais quand on réussit à jouer avec ça, ça devient une attitude. Encyclopédie capricieuse du tout et du rien , par Charles Dantzig, Grasset, 793 pages. La suite de cet entretien sur weekend.be Propos recueillis par Kerenn Elkaïm