Pourquoi ce premier roman ?

Ça me titillait secrètement, mais je ne m'en croyais pas capable. Le patron d'Albin Michel a amené l'arrosoir pour faire pousser la petite graine qui germait en moi. Je n'en ai même pas parlé à ma femme !
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Ça me titillait secrètement, mais je ne m'en croyais pas capable. Le patron d'Albin Michel a amené l'arrosoir pour faire pousser la petite graine qui germait en moi. Je n'en ai même pas parlé à ma femme ! Thomas c'est moi mais en mieux ! Il a des envies et des rêveries qui parfument sa vie. Son existence est délibérément idéalisée, agréable et calme. Pourquoi ne pas l'embellir ? Je ne m'étais pas rendu compte de cette constanteà Dans la vie, j'y crois beaucoup car c'est au contact des autres, qu'on évolue. Même les rencontres éphémères vous éclairent. Sans rencontres, on devient sclérosé. Ma femme ! Dans ce métier, où les couples se font et se défont, nous sommes mariés depuis trente-sept ans ! La vie n'étant pas un ciel bleu, nous avons connu des orages et des séparations, mais nous avons appris à tenir le coup. Oui et à la chance, qu'il faut savoir saisir. Ce roman nous incite à croire en ses rêves. La chance se travaille, elle demande une détermination folle. Si on part gagnant, on met toutes les chances de son côté. L'intuition féminine me fascine. J'adore leur compagnie alors que celle des hommes me fatigue vite. Elles m'enchantent par la grâce qu'elles dégagent. Quand une femme a de la personnalité, qu'elle possède cette petite chimie qui flotte autour d'elle, c'est prodigieux à voir. Je les admire à tout âge de la vie. Elles sont plus pertinentes et plus fines que nous. Un vêtement, un parfum, une silhouette, un éclat de rire, une manière de tenir sa cigarette ou de s'amuser d'un rien. Car cela relève de la chute libre, d'un dérèglement intense dans une vie tracée. Cet invraisemblable tsunami est un cataclysme, qui nous rend indestructible. Ce n'est qu'une fois séduit, qu'on sait pourquoi on chavire. Forcément lié au chaos. Ce n'est pas un chaos navrant, mais un chaos sensationnel. Plutôt sentimental. Facile à atteindre, j'ai les larmes qui coulent aisément. Loin d'être un roc, j'éprouve des émotions fortes. C'est parfois dangereux, mais je n'aurais pas fait mes films si j'avais eu le c£ur sec. Avoir confiance en moi, même si je ne suis pas arrivé au bout du compte. Je ne veux pas grandir ! Vieillir ne m'empêche pas de dormir. Dans mes films, il est pourtant souvent question de vieillissement et de solitude. J'adore être le grand-père d'une petite-fille rigolote. Les Femmes aux cheveux courts , par Patrice Leconte, Albin Michel, 200 pages.Propos recueillis par Kerenn Elkaïm