La mode est snob, c'est bien connu. Un brin d'esprit suffit pourtant à tourner en dérision cette tautologie. C'est l'ambition rafraîchissante d'une foule de blogueuses en vogue, des jeunes femmes, souvent parisiennes, qui mettent en ligne leur passion du chiffon, la drapant dans des commentaires acérés sur la vie, l'amour et (souvent) Marc Jacobs. " Be snob ", " Journal d'une snob " " La minute snob parisienne " : ces titres se conçoivent au second degré, au moins... Car le blog de mode ne survit pas sans humour. " On adopte un ton exagérément superficiel pour se moquer de la mode, même si on adore çà plus que tout ! " confie Marie Haumont, co-créat...

La mode est snob, c'est bien connu. Un brin d'esprit suffit pourtant à tourner en dérision cette tautologie. C'est l'ambition rafraîchissante d'une foule de blogueuses en vogue, des jeunes femmes, souvent parisiennes, qui mettent en ligne leur passion du chiffon, la drapant dans des commentaires acérés sur la vie, l'amour et (souvent) Marc Jacobs. " Be snob ", " Journal d'une snob " " La minute snob parisienne " : ces titres se conçoivent au second degré, au moins... Car le blog de mode ne survit pas sans humour. " On adopte un ton exagérément superficiel pour se moquer de la mode, même si on adore çà plus que tout ! " confie Marie Haumont, co-créatrice de Be snob. Contrairement aux sites personnels sur la cuisine, populaires depuis plus d'un an, les blogs dédiés au style ont essaimé ces six derniers mois. Difficile de les chiffrer précisément, mais le " buzz " est à son comble ! Une poignée de marques ont créé leur propre blog (Thierry Mugler en a élaboré un pour accompagner le lancement de son dernier parfum, la boutique Lille Bulle, l'une des premières à avoir un blog, y réalise déjà 30 % de son chiffre d'affaires, Célio a le sien aussi), ou à défaut, draguent les blogueuses les plus influentes. Buzzparadise, plate-forme de mise en relation entre marques et consommateurs, repère ainsi les meneuses, celles dont la plume acerbe amuse la communauté tandis que leurs coups de c£ur dissipent une rumeur favorable sur un sac, un escarpin ou LE manteau de la saison. L'une d'elles (www.carolinedaily.com) s'est même autoproclamée " Police du style ", distribuant gommettes ou mauvais points aux panoplies du moment, tandis qu'une autre (http://monblogdefille.mabulle.com) s'est gratifiée - pour rire - du titre de " présidente dictateure générale traquant les fashion faux pas "... Et ça marche : plus de 100 000 visiteurs par mois (dont 99,7 % de filles) pour cette dernière ! " On juge de la qualité d'un blog à sa fréquentation et au nombre de commentaires laissés par les lectrices. Pour les meilleurs, on parle de blogs influenceurs, comme les leaders d'une cour de récré ", décrypte Loïc Le Meur, directeur général de Six Apart (qui héberge 1,8 des 7 millions de blogs dénombrés en France) et auteur de " Blogs pour les pros " (éd. Dunod). Le " buzzmarketing " se faufilant partout, les griffes font une cour assidue à ces blogueuses réputées. Bata, " pas franchement mon idéal de hype ", grince l'une d'elles, a ainsi offert à 25 " leaders de style " un bon d'achat de 50 euros valable sur son nouveau site Internet. Sans même les obliger à faire écho, dans leurs billets, au généreux donateur... Bilan : la marque a parfois été citée sur un ton très acide. " On assume ! Les réserves crédibilisent les témoignages ", assure Romain Altain Aldea, directeur général de Buzzparadise, en charge de l'opération. " L'essence du blog tient dans cet esprit un tantinet rebelle, décode encore Loïc Le Meur. Les auteurs s'y expriment avec une impartialité hors de tout soupçon. " " Nous sommes sollicités par des griffes haut de gamme, qui ont compris que les blogueuses constituent un nouveau relais d'opinion impossible à négliger ", se réjouit Romain Altain Aldea. " C'est la révolution mode des amateurs ! " juge Loïc Le Meur. Les snobs premier degré peuvent frémir... Katell Pouliquen