" Votre corps d'été en 7 minutes par jour ", " La boisson brûle-graisse qui fait des miracles ", " How to get your best summer vagina ever " (littéralement : comment avoir le meilleur vagin d'été possible) (non je ne vous mens pas, c'était dans le Teen Vogue du 30 mai) (et non, je ne sais pas ce qu'est un vagin d'été, je pensais que ces petites choses traversaient les saisons avec la décontraction que j'imagine qu'un organe sexuel adopte en toutes circonstances) Bref. Mon fil Facebook commence doucement à me courir sur le haricot (au beurre). L'année passée, j'étais inondée de publicités pour du thé amincissant (comprenez : laxatif. Donc, non, merci, ça va, n'insistez pas, si faire caca faisait maigrir durablement je pense que ça se saurait), cette année, la tendance est aux vidéos de sport. Impossible de perdre son temps peinard sur les réseaux sociaux sans tomber sur au moins une dame en legging, hilare en s'explosant les ischio-fessiers. C'est pas tant le diktat à être bonnasse sur la plage qui m'énerve, je suis habituée et, comme tout le monde, je compose comme je peux. Mais ces incessantes injonctions à se dépasser, à donner le meilleur de soi, ces gros plans sur des quadriceps luisant d'effort, cette philosophie en carton-pâte sur fond de quand-on-veut-on-peut, je n'en peux plus. J'évite prudemment la presse féminine qui voudrait me faire croire que je souffre de dysmorphie et que j'ai constamment besoin d'être relookée. Mais y'a moyen d'avoir la paix quand je glande en scrutant la vie des autres ? On peut respirer deux secondes sans qu'on nous dise qu'on pourrait être plus grandes, plus belles, plus fines et avec des sourcils qui ressemblent à des accents circonflexes en Comic sans MS taille 17 et bold ? " Get your beach body ", me hurle une publicité. Bon, ce corps de plage. Comment faire ? Vous avez un corps ? Vous voyez la plage ? Bah vous mettez votre corps sur la plage puis on n'en parle plus.