" Mais pourquoi toujours vouloir faire comme les hommes ? ", me demandait un parfait inconnu, dans une conversation Facebook sur l'égalité salariale. Le genre de discussion où il est clair qu'il ne faut jamais mettre le doigt, sous peine de se voir happer le bras et tordre l'épaule. Le style de dialogue de sourds dont on ressort exsangue et furax parce que l'on n'a pas réussi à convaincre l'autre qu'il...

" Mais pourquoi toujours vouloir faire comme les hommes ? ", me demandait un parfait inconnu, dans une conversation Facebook sur l'égalité salariale. Le genre de discussion où il est clair qu'il ne faut jamais mettre le doigt, sous peine de se voir happer le bras et tordre l'épaule. Le style de dialogue de sourds dont on ressort exsangue et furax parce que l'on n'a pas réussi à convaincre l'autre qu'il était à côté de la plaque. Faut dire que l'autre essaie de faire exactement la même chose. Bref, une conversation sur Facebook tout ce qu'il y a de plus classique. Alors, tant j'ai vite intégré que je n'aurais pas assez d'une vie pour faire comprendre à ceux à qui ça échappe que " mademoiselle, on va à l'hôtel ", ça peut éventuellement être considéré comme autre chose qu'un joli compliment, tant je venais de découvrir avec effroi que la douce illusion dans laquelle je pataugeais était juste bonne pour le sterput. Je pensais bêtement qu'il existait autour de l'égalité des salaires un certain consensus. " Mais pourquoi toujours vouloir faire comme les hommes ? " Une question que j'aurais pu trouver pertinente si le débat portait sur le fait de faire pipi debout, et ce pour des questions d'hygiène assez évidentes. Peut-être que dans le combat pour l'égalité, en fait, on s'est trompés de paradigme. Essayons, pour voir, l'égalité vers le bas. Faisons tous comme les femmes. Exigeons qu'on demande aussi aux hommes, avant de leur donner un CDI, s'ils comptent avoir un bébé dans l'année. Voyons leur réaction quand, en rue, des femmes qui ont l'âge d'être leur mère les regardent d'un air gourmand en mimant une fellation. Essayons de leur suggérer de faire un joli sourire pour obtenir des informations ou une signature sur un document. Demandons-leur, quand ils ont violé, s'ils étaient saouls ou s'ils portaient un pantalon moulant. Mettons un point d'honneur, quand il s'agit de décrire un intellectuel, de parler de ses jolis yeux ou ses courbes. L'égalité, vous verrez, c'est super. PAR FLORENCE HAINAUT