" Oh mon Dieu, vite mes sels ", s'est exclamé Internet en découvrant les paroles des chansons de Damso, éphémère chanteur de l'hymne des Diables Rouges, répudié par des sponsors que les bananes jetées aux joueurs noirs dérangent visiblement moins que la misogynie dans le rap. J'ai, certes, vu plus fin que les lyrics de Vagabond : " Tu m'fais la bise, j'sais même pas qui t'as sucé. La place de ta bouche est dans mon caleçon. " Mais loin de moi l'idée de revenir sur l'affaire qui a fait couler tellement d'encre que c'en est un scandale écologique. Non, cette semaine, pas de polémique, j'avais juste envie de partager avec vous un peu de musique. Ne dit-on pas qu'elle adoucit les moeurs ? " Que c'est bon de choisir une minette dans ces filles à vedette (...) C'est un joli parasite qui s'accroche et que l'on quitte quand on en connaît un meilleur ", s'extasie Michel Delpech dans Les groupies. Avec un physique moins facile, Michel Sardou a dû composer : " J'ai envie de violer des femmes, de les forcer à m'admirer, envie de boire toutes leurs larmes et de disparaître en fumée. " ( Les villes de solitude). Après, pour le type de femme qu'on a envie de torturer, chacun a ses préférences. Frank Zappa, dans Jewish Princess, allie brillamment sexisme et antisémitisme : " Je veux une petite princesse juive humide avec un chewing-gum trop mâché, qui couine quand elle jouit (...) je veux juste un trou yéménite. " Bon, ce qui doit arriver arrive, un jour elle en a ras la patate. Et quoi de plus touchant que la complainte d'un homme quitté ? " Oh bébé, ne me laisse pas maintenant. Comment pourrais-tu t'en aller quand tu sais comment j'ai besoin de toi pour te réduire en bouillie un samedi soir. " (Pink Floyd, Don't Leave me Now). Peu convaincue par l'argument, la demoiselle se taille. Ou elle essaie. " Je l'aimais tant que pour la garder, je l'ai tuée. " Merci Johnny pour l'illustration du concept de féminicide. La morale ? Aucune, à un mois du coup d'envoi de la Coupe du monde, je voulais partager avec vous un peu de musique civilisée. On n'est pas bien, là ?