Dans le jargon des parfumeurs, on appelle ça un " flanker ". Un mot barbare, banni de tout plan de com' glamour qui se respecte, mais qui correspond pourtant à une réalité - bien chiffrée - de l'industrie de la beauté. Ce parfum dérivé d'un autre, cousin plus ou moins éloigné de l'original, souvent saisonnier, capitalise sur la réputation de celui qu'il a longtemps eu pour seul but de relancer. Mais cet exercice imposé ne se limite plus aujourd'hui à la sortie d'une eau d'été ou d'une édition collector par essence éphémère. Pour tenter d'élargir la cible de leurs classiques, les marques - à l'instar des grands studios de cinéma - préfèrent désormais parler de " franchises " pour désigner tout ce qui se rapproche d'une manière ou d'une autre de leur best-seller.
...

Dans le jargon des parfumeurs, on appelle ça un " flanker ". Un mot barbare, banni de tout plan de com' glamour qui se respecte, mais qui correspond pourtant à une réalité - bien chiffrée - de l'industrie de la beauté. Ce parfum dérivé d'un autre, cousin plus ou moins éloigné de l'original, souvent saisonnier, capitalise sur la réputation de celui qu'il a longtemps eu pour seul but de relancer. Mais cet exercice imposé ne se limite plus aujourd'hui à la sortie d'une eau d'été ou d'une édition collector par essence éphémère. Pour tenter d'élargir la cible de leurs classiques, les marques - à l'instar des grands studios de cinéma - préfèrent désormais parler de " franchises " pour désigner tout ce qui se rapproche d'une manière ou d'une autre de leur best-seller. Dans le cas du lancement d'un tout nouveau parfum, la marche à suivre pour le " faire vivre " dans les points de vente, dans les mois qui suivent sa sortie, consiste la plupart du temps à en décliner des versions variables en intensité : à l'eau de parfum initiale succèdent l'eau de toilette, l'intense, l'eau fraîche, l'essence, le voile... auxquels s'ajoutent souvent les produits pour le bain, l'étendue de la gamme qui s'étale dans les rayons des parfumeries offrant souvent une bonne mesure du succès commercial du jus de base. Chez Coty Prestige, qui détient la licence des parfums Roberto Cavalli depuis juillet 2011, on a toutefois décidé d'adopter une autre stratégie. A la manière de ce qui peut se passer dans les maisons disposant d'un nez " in house " pour garantir la cohérence, un même parfumeur tient ici les rênes de la saga qui compte déjà quatre fragrances, sorties à peu près tous les six mois depuis la mise sur le marché du premier jus référent baptisé Signature. " La mode de Roberto Cavalli est tellement riche et variée que nous avons choisi de jouer la carte de la variation horizontale, explique Louise Turner. Alors que certaines marques peuvent être très abstraites, ici, les couleurs et les motifs me servent toujours de point de départ. L'idée étant de proposer des fragrances qui soient comme autant de robes Cavalli que la femme pourrait trouver dans sa garde-robe. " Avec, au coeur de toutes les créations, un ingrédient star, la fleur d'oranger, l'une des préférées d'Eva Cavalli et l'une des senteurs qui parlent comme personne d'Italie. " J'ai donc composé chacune des fragrances en partant d'un bouquet de fleurs blanches séduisantes, détaille Louise Turner. Pour le parfum Signature, je voulais un accord ambré luxueux qui évoque immédiatement l'idée que l'on se fait, même sans vraiment le connaître, de l'univers Cavalli : la fourrure, l'or, les imprimés animaliers. Mais même lorsqu'elles aiment vraiment un parfum, rares sont les femmes qui lui restent fidèles. C'est d'autant plus intéressant alors d'avoir à portée de main une déclinaison de son jus favori que l'on puisse porter en fonction de son humeur du jour. " Car pour Louise Turner, la femme Cavalli a plus d'une facette. Ainsi, Acqua, le deuxième opus de la collection que le nez de Givaudan aime à qualifier de floral pétillant, fait écho à la passion du créateur pour la mer Méditerranée qu'en marin accompli, il se plaît à explorer. A l'inverse, Nero Assoluto force le trait sexy, version nuit, du parfum Signature en enveloppant un accord déjà entêtant d'un trop-plein de vanille noire et de bois d'ébène, exacerbant ainsi la facette sombre et séductrice à l'excès de la femme Cavalli. Quant au dernier venu, Exotica, il raconte la fascination indéfectible de Roberto Cavalli pour la nature qui dépasse largement l'intérêt qu'il porte aux animaux sauvages et à la beauté de leur pelage pour s'illustrer dans les magnifiques imprimés floraux - souvent dérivés de photos prises par le créateur italien - qui ponctuent aussi ses collections. " Exotica, pour moi, c'est une explosion de couleurs glamour, détaille Louise Turner. Les notes tropicales et fruitées de mangue et de fleurs de frangipaniers vous font voyager vers un jardin luxuriant. Cela parle d'été, de soleil, de sensualité, avec comme point de départ le souvenir que j'avais d'une robe à fleurs coupée dans un tissu fluide et celle d'une robe du soir en plumes roses, aussi. " Louise Turner l'admet : elle qui n'avait certainement pas coutume de s'habiller de manière aussi exubérante prend un plaisir sans faille à explorer les archives. " Les vêtements sont vraiment extraordinaires, conclut-elle. J'y trouve tellement de détails visuels où ancrer mon inspiration. Encore et encore. " Un nouveau chapitre est d'ailleurs en préparation...PAR ISABELLE WILLOT" Les couleurs et les motifs de la marque me servent toujours de point de départ. "