Centres culturels et flagship stores en fête, boutiques éphémères, conférences et ateliers ouverts au public, Design September regroupe une centaine d'événements culturels et commerciaux qui célèbrent le savoir-faire d'ici et d'ailleurs. Le design y est pris dans son acception la plus large, car outre le mobilier et les produits industriels, il sera question de textile, de graphisme, de joaillerie ou encore d'architecture. De quoi contenter experts et curieux, grands et petits, avec un mélange des genres allant du plus populaire au plus pointu.
...

Centres culturels et flagship stores en fête, boutiques éphémères, conférences et ateliers ouverts au public, Design September regroupe une centaine d'événements culturels et commerciaux qui célèbrent le savoir-faire d'ici et d'ailleurs. Le design y est pris dans son acception la plus large, car outre le mobilier et les produits industriels, il sera question de textile, de graphisme, de joaillerie ou encore d'architecture. De quoi contenter experts et curieux, grands et petits, avec un mélange des genres allant du plus populaire au plus pointu. Pour sa troisième année à la tête de l'événement, Delphine Vercauteren (photo ci-contre) nous a confié quelques impressions avant le lancement de l'édition 2014 : " Le projet évolue et son rayonnement international ne cesse d'augmenter ; de plus en plus de pays et de régions nous contactent pour y participer. Au niveau belge, les designers et les marques nous soutiennent, tout comme les institutions bruxelloises, qui sont très réceptives. On pense déjà aux prochaines collaborations avec les équipes du MAD ou de Flagey pour les années à venir. La partie essentielle de notre travail est réalisée en coulisses, et consiste à mettre tous ces gens en contact. Ce n'est pas toujours facile, mais le fruit de ces rencontres constitue souvent la meilleure récompense pour tout le boulot abattu en amont. " A chaque Design September dont elle fut l'organisatrice, Delphine Vercauteren a veillé à apporter une dimension supplémentaire à la manifestation, insistant sur la volonté d'ôter les oeillères du public comme des pros du secteur : " La première année, j'ai voulu rappeler que le design ne concerne pas exclusivement le mobilier, en explorant d'autres disciplines comme le textile ou le design graphique. L'an dernier, j'ai continué à élargir notre horizon en axant sur la découverte d'autres cultures, et pas seulement les Italiens et les Scandinaves, déjà habitués à tenir le haut de l'affiche. On s'est vraiment ouvert sur le monde et on a ensuite pu constater un boom de l'intérêt pour certaines des régions que l'on avait présentées, à travers des collaborations, des invitations et des articles dans la presse. " Après le virage pluridisciplinaire et l'ouverture planétaire, quel fil rouge pour cette année ? Inutile de chercher très loin : la principale valeur ajoutée de cette neuvième édition sera bien de chez nous. " Cette fois, j'ai vraiment voulu pousser à 300 % le design belge, explique l'organisatrice. C'est l'un des principaux intérêts de l'événement et je trouve qu'on en parle encore trop peu, alors j'ai voulu mettre en avant les designers qui manquent de visibilité. " Attendez-vous donc à retrouver une bonne dose de noir-jaune-rouge dans l'offre pantagruélique de ce programme. " Ce n'est pas toujours facile de sortir les gens de chez eux, poursuit-elle, il faut leur en donner l'envie, avoir des arguments. Heureusement, on en a ! Les éditions se suivent mais ne se ressemblent pas, il y aura encore plein de nouveautés à découvrir. Avec une centaine d'activités réparties sur à peine quatre semaines, il faudrait beaucoup de mauvaise volonté pour ne pas y trouver son compte, peu importe ses intérêts ou ses goûts. Pour moi, un menu de restaurant est plus intéressant quand il est varié et la carte proposée ici est aussi riche que séduisante. On a le choix entre des tas d'entrées, plats... et on peut prendre autant de desserts que l'on veut ! " Pour faciliter vos pérégrinations design lors des prochains jours, à Bruxelles, nous avons donc pointé quelques immanquables sous forme de dégustation cinq services, piochées dans la copieuse programmation de cette cuvée 2014. Bon appétit ! www.designseptember.be S'il ne fallait choisir qu'une conférence, ce serait celle de la plus célèbre fratrie du design français, Ronan et Erwan Bouroullec, ce 23 septembre à Flagey. " On est heureux d'avoir pu les réinviter, après la venue de Ronan il y a six ans, s'enthousiasme Delphine Vercauteren. Si Design September a bien changé depuis, leur carrière a connu une évolution encore bien plus fulgurante. Mais ils ont accepté notre invitation. Ronan m'a même confié qu'il n'avait jamais autant apprécié de donner une lecture publique que celle chez nous, en 2008. " Si exceptionnelle que soit la venue du tandem, on s'en voudrait de passer sous silence les autres conférences prévues. A commencer par celle de l'artiste et designer israélien Arik Levy (le 15 septembre, à Bozar), suivie de celle de la designer tchèque Lucie Koldova (le 16 septembre, à Flagey). Le cycle se poursuit avec l'ingénieur Nick Schneider (le 17 septembre, à Flagey), symbole de la jeunesse au pouvoir chez Dyson, et se clôture en beauté, avec l'un des plus grands ambassadeurs du design et de l'architecture belges à l'étranger, Julien De Smedt (le 24 septembre à Flagey). Fort du succès d'un premier opus, l'an dernier, les designers Quentin de Coster et Frederik Delbart (1.) poursuivent leur mission de promotion des talents de la jeune génération belge. Si, en 2013, leur Dialogue s'était noué entre une dizaine de designers et la marque de couverts Eternum, cette édition voit son concept évoluer. " La collaboration avec Eternum a porté ses fruits, expose Quentin de Coster, à tel point qu'elle nous occupe encore à l'heure actuelle. Il était donc difficile de recommencer avec une autre entreprise, on reporte ça à 2015. Cette année, l'expo croise les générations en faisant aussi appel à des Belges réputés tels que Xavier Lust (2. ) ou Alain Gilles. " Son compère Frederik Delbart complète : " On est contents d'avoir reçu autant de réponses positives de grands noms. Ça nous permet de présenter un panorama du secteur avec des produits variés et récents. " On pointera par exemple le miroir du duo Levisarha (3. ) et les lunettes de Jean-François D'Or (4. ), les organisateurs annonçant " pas mal de scoops, de projets qui seront montrés pour la première fois ". A l'Espace Wallonie de Bruxelles, 25-27, rue du Marché aux herbes, à 1000 Bruxelles. Du 10 au 27 septembre. Trois questions à Olivier Stévenart, fondateur de la jeune marque belge Cruso. Je voulais connaître le métier en profondeur avant de le pratiquer, j'ai donc suivi une formation de menuiserie. J'ai pu m'enrichir au contact des différentes entreprises, personnes ou techniques. Il y a sept ans, je suis entré dans le vif du sujet quand mon père a racheté une menuiserie qui s'appelle Vendredi. D'où le nom de la marque, Cruso. La table June de Jean-François D'Or (photo), ainsi qu'un canapé avec une structure en chêne et la table basse qui l'accompagne. Cette collection veut rappeler l'indispensable travail de l'artisan derrière le designer, la relation qui existe entre l'univers du design et les techniques de menuiserie peaufinées au fil des générations. Un quatrième produit, issu d'un concours présenté par des étudiants de La Cambre, viendra rejoindre les trois premiers. Je voulais absolument travailler avec lui. Et en tant que jeune éditeur, j'ai eu beaucoup de chance qu'il se soit retrouvé dans les valeurs prônées par Cruso ; nos relations de travail furent vraiment enthousiasmantes. Comme moi, il aime faire comprendre au client que nous ne vendons pas seulement du mobilier : nous racontons des histoires. Au Pop-Up Store, 412a, chaussée de Waterloo, à 1050 Bruxelles.Le parcours Uptown Design,pour sa carte blanche à Michael Bihain et Gauthier Poulain au Sofitel Le Louise, ainsi qu'à Raphaël Charles à la boutique Christofle (37, boulevard de Waterloo, à 1000 Bruxelles), du 11 au 28 septembre. Pour les kids, l'atelier d'introduction Design for kids (1. ) (le 20 septembre, à l'Atomium) et l'expo/atelier Toys & design for kids, du 10 au 17 septembre, au Garage-à-Manger (185, rue de Washington, à 1050 Bruxelles). Le Design Market, les 13 et 14 septembre, à Tour & Taxis, et le Second Life Festival, grande fête du vintage le 28 septembre, à l'hôtel Le Berger (24, rue du berger, à 1050 Bruxelles). L'expo Crazy Polish Communist-Inspired Design (2.), dans divers lieux de la capitale, du 9 au 30 septembre, ne fût-ce que pour son irrésistible intitulé. Libre Objet, c'est un collectif de quatre designers, graphistes et hackers (eux préfèrent le terme de " bidouilleurs ") rassemblés autour des pratiques de design libre. L'an dernier, ils avaient déjà tenu un atelier focalisé sur la réappropriation d'un objet et son adaptation par d'autres, car " c'est un des principes de la licence libre, d'améliorer les objets, d'en encourager la copie et la diffusion ", comme le rappelle un de leurs membres, Julien Deswaef. Cette fois, le workshop va porter sur les différents outils et logiciels libres servant à la création. " On veut promouvoir notre pratique, explique Julien, et insister sur les avantages de son approche communautaire et contributive, montrer que les alternatives sont crédibles, poser un regard neuf sur le métier. L'objectif est de sortir le designer de son rapport de soumission envers l'industrie, de relativiser les concepts de marchand ou de non-marchand, d'abolir les frontières. " Et à quel public s'adresse un tel atelier ? " Aux personnes qui ont déjà une petite connaissance des outils 3D ou des logiciels de création. En fait, on cherche des gens intéressés à la fois par notre démarche et par la réalisation d'objets. " Au Micro Marché, 9, quai à la houille, à 1000 Bruxelles. www.libreobjet.org Les 27 et 28 septembre. PAR MATHIEU NGUYEN