Depuis la rencontre initiale - elles ont été présentées par des amis communs -, la trajectoire de Brigitte n'est pas sans rappeler celle d'un couple. " Très vite, on s'est apporté la confiance qui nous manquait, se souvient Aurélie Saada. On avait une envie mutuelle de se rassurer. " Et Sylvie Hoarau de prolonger la phrase spontanément, à la manière des vieux amants : " On est invincibles toutes les deux. On forme un bloc. Quand l'une de nous a une idée et qu'elle doute, l'autre est là pour l'encourager e...

Depuis la rencontre initiale - elles ont été présentées par des amis communs -, la trajectoire de Brigitte n'est pas sans rappeler celle d'un couple. " Très vite, on s'est apporté la confiance qui nous manquait, se souvient Aurélie Saada. On avait une envie mutuelle de se rassurer. " Et Sylvie Hoarau de prolonger la phrase spontanément, à la manière des vieux amants : " On est invincibles toutes les deux. On forme un bloc. Quand l'une de nous a une idée et qu'elle doute, l'autre est là pour l'encourager et la pousser à aller au bout. Il y a une vraie bienveillance entre nous. " Fusionnelles jusqu'à ne porter qu'un prénom, ces Parisiennes chics et pop sont carrément passées par la case " demande en mariage " : " Un jour, raconte Sylvie, à la fin d'un déjeuner, elle m'a dit : "Est-ce que tu veux faire un groupe avec moi ?"" Et si, comme il se doit, des tensions peuvent éclater entre elles - " quand on est fatiguées " et que " les malentendus qui surgissent peuvent finir en engueulades " -, ce n'est jamais bien grave puisqu'elles se rabibochent " avec des déclarations d'amour ". Au-delà de la connivence qui unit le duo, c'est l'univers unique qu'elles ont construit qui fait leur succès. Un tout indivisible, supérieur à l'addition de leurs talents singuliers, comme le son et le graphisme des Français d'Air représentent bien plus que ce que Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin auraient pu imaginer chacun de leur côté. Car pas même le " high school band " qu'ils avaient fondé avec des potes au lycée Jules Ferry de Versailles, dans les années 80, ne laissait augurer de la place à part qu'ils occupent aujourd'hui sur la scène internationale. Guy-Manuel de Homem-Christo et Thomas Bangalter, eux, ne seraient peut-être pas des stars planétaires si, dans une synthèse inédite intégrant à l'électro des références disco, rock et groove, ils n'étaient devenus les Daft Punk. On pourrait également gloser longtemps sur ce qu'aurait été la carrière de Catherine Ringer, chanteuse et actrice porno à ses heures, si elle n'avait fait la connaissance de Fred Chichin, guitariste tout juste sorti de taule suite à une affaire de drogue. Idem pour les Pet Shop Boys, sans cette rencontre fortuite dans un magasin d'électronique de Chelsea, à Londres ; pour Simon et Garfunkel s'ils ne s'étaient croisés dans un studio du Queens ou encore pour Sonny et Cher, Amadou et Mariam... A deux, c'est toujours mieux. Et vous, tu m'aimes ?, traduit Brigitte.Delphine KindermansUn tout indivisible, supérieur à l'addition de leurs talents singuliers.