LEONNEKE DERKSEN ET MATTHIAS MEDAER POUR LÉO

Elle porte une robe en gazar de soie qui lui fait dire comiquement que " c'est le genre de tissu qui ne veut pas devenir un vêtement, mais juste rester sur le rouleau ". Imaginez la tête des couturières quand elle débarque à Deurne, avec cette matière-là, dans l'atelier qui produit leur collection titrée de son prénom mais raboté - Léo, comme Leonneke Derksen, Néerlandaise, instruite à l'Académie d'Anvers, ville où elle a rencontré Matthias Medaer, formé à la psychologie et au management. A deux, ils s'installent à Paris, parce que c'est là que ça se passe, si l'on veut travailler dans la mode, ce qu'elle fit puisqu'elle fréquenta les studios de Balenciaga, Cacharel et Carven. S'ils se sont lancés, c'est presque malgré eux, la demande est venue d'une boutique, Step by Step, qui désirait une collection " jeune fille " pour l'été 2012. L'expérience fut si convaincante qu'ils ont osé leur griffe à eux, d'autant que Leonneke rêvait d'autre chose. En matière de tissus, elle a ses préférences, que Matthias contrebalance parfois. S'il ne lui parle pas d'argent, c'est pour la laisser " libre de créer ", et s'il met son veto, c'est pour qu'elle cesse de douter. Sur le cou de Leonneke, un chat, un oiseau, une souris tatouent sa peau, le souvenir d'une berceuse, un symbole qui leur sert désormais de logo, une intimité partagée.
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