Du rêve, du fantasme, de la séduction. Porteuses de vraies vibrations modeuses, les égéries se doivent d'être dans le courant d'air du temps. Et dans l'orbite affective des créateurs. Reine un jour, cendrillon demain, le pas de deux entre les marques et les élues censées porter leur imaginaire peut être parfois bien fugace. Le vestiaire fashion compte bien des anges déchus. Leur auréole à peine pâlie, les voilà définitivement refoulées dans les vestiaires. Un métier à éclats et à éclipses dont certaines garderont bien des bleus à l'âme. Désormais, l'idéal féminin est fugace et multi...

Du rêve, du fantasme, de la séduction. Porteuses de vraies vibrations modeuses, les égéries se doivent d'être dans le courant d'air du temps. Et dans l'orbite affective des créateurs. Reine un jour, cendrillon demain, le pas de deux entre les marques et les élues censées porter leur imaginaire peut être parfois bien fugace. Le vestiaire fashion compte bien des anges déchus. Leur auréole à peine pâlie, les voilà définitivement refoulées dans les vestiaires. Un métier à éclats et à éclipses dont certaines garderont bien des bleus à l'âme. Désormais, l'idéal féminin est fugace et multiple. Les égéries vieillissent, les griffes veulent rester jeunes. Cherchez l'erreur... Top pour Dior et pour Chanel, égérie de la maison Chaumet, Stella Tennant est d'une autre trempe (lire pages 16 à 20). Quatre enfants, diplômée des Beaux-Arts, elle est le pur produit de l'aristocratie anglaise dont elle revendique le snobisme porté au rang de grand art. Normal, la petite-fille du duc de Devonshire n'est pas un modèle comme les autres. Elle n'a pas couru les castings, ni les shootings de banlieue. Repérée par le photographe Steven Meisel, elle a été propulsée du jour au lendemain vers les plus hauts sommets... où elle a réussi à se maintenir, malgré la concurrence et le temps qui passe. Elle sait se faire rare pour réapparaître subitement dans l'une ou l'autre campagne de pub glamour à laquelle elle prête un visage et un corps androgynes, pile-poil dans la tendance. Un parcours atypique et " follement excentrique ". Margherita Missoni (23 ans), elle aussi, se veut davantage qu'une belle image sur papier glacé (lire pages 10 à 13). Héritière, certes. Mais farouchement indépendante. Dans le droit fil du caractère de sa grand-mère, Rosita, qui a fondé le célèbre label au motif en zigzag dont elle est désormais... l'image. Même si on l'épingle chaque semaine dans les pages pipole des magazines fashion, Margherita refuse l'étiquette de " jet-setteuse ". Son rêve ? Devenir actrice. C'est pourquoi elle s'est inscrite aux cours de la célèbre école d'acteurs Lee Strasberg de New York, celle-là même qui a favorisé l'éclosion du talent de Robert De Niro, de Dustin Hoffman et de tant d'autres. L'avenir dira si la voie choisie est la plus judicieuse. Mais nul doute que Margherita, tout comme Stella, ont du tempérament. Autant que les grandes égéries, les vraies, qui ont jalonné la vie artistique des siècles précédents ? Les épouses, amantes, mécènes ou modèles à l'ombre des grands hommes ? Les Frida Kahlo, Dina Vierny, Lou Andreas-Salomé, voire même Nico, l'inspiratrice d'Andy Warhol ? " Avec Lagerfeld ou Galliano, je ne suis pas une femme-objet ; je participe à la création d'une £uvre d'art. La relation qui s'instaure entre nous est celle d'un artiste avec sa muse. J'oserais même dire que parfois, avec Karl, je me suis sentie telle Dora Maar face à Picasso ", prétend Miss Tennant. Humour typiquement british, simple dérision ou extase romantique ? Christine Laurent