1. ELLE EST LA NOUVELLE MUSE DE WOODY ALLEN

Après la tornade Scarlett Johansson, le tourbillon Emma Stone a totalement hypnotisé le réalisateur new-yorkais. Exit l'implacable blonde sensuelle, Emma la fine et mutine rousse crève littéralement l'écran dans le très réussi Magic in the Moonlight, sorti chez nous en août dernier. Loin du contexte contemporain de ses dernières réalisations - de la City londonienne de Match Point à la Barcelone débridée de Vicky Cristina Barcelona -, Woody Allen a plongé sa nouvelle actrice fétiche dans une époque et une trame rétro. Le sud de la France des années 20 et le milieu pour le moins abracadabrant des magiciens, voyants et autres prestidigitateurs. Un rôle en costumes d'époque et un défi pour Emma Stone. Qu'elle relève à merveille. Cela faisait longtemps que Woody Allen n'avait pas trouvé une muse qui inspire autant sa façon de filmer, de voir le monde. La jeune comédienne colle parfaitement à l'atmosphère voulue par le réalisateur : sa beauté, sa pâleur, sa classe... Tout suggère chez elle une héroïne à la Fitzgerald, l'humour allénien en plus. Mieux, Emma Stone répond avec une aisance incroyable à l'intention que le réalisateur a projetée sur son personnage : la puissance du double. Elle est totalement crédible dans ce rôle de jeune Américaine provinciale apparemment innocente, accompagnée d'une mère qui se sert d'elle, de sa grâce, de ses supposés talents de médium... Mais l'innocente se révèle aussi être une fille machiavélique, calculatrice et incontestablement douée pour arnaquer son prochain. Un vrai " petit voyou " ! On savoure sa relation amoureuse avec Stanley Crawford, magicien star, joué par Colin Firth. Une relation, truffée de questions métaphysiques, où la vulnéra...

Après la tornade Scarlett Johansson, le tourbillon Emma Stone a totalement hypnotisé le réalisateur new-yorkais. Exit l'implacable blonde sensuelle, Emma la fine et mutine rousse crève littéralement l'écran dans le très réussi Magic in the Moonlight, sorti chez nous en août dernier. Loin du contexte contemporain de ses dernières réalisations - de la City londonienne de Match Point à la Barcelone débridée de Vicky Cristina Barcelona -, Woody Allen a plongé sa nouvelle actrice fétiche dans une époque et une trame rétro. Le sud de la France des années 20 et le milieu pour le moins abracadabrant des magiciens, voyants et autres prestidigitateurs. Un rôle en costumes d'époque et un défi pour Emma Stone. Qu'elle relève à merveille. Cela faisait longtemps que Woody Allen n'avait pas trouvé une muse qui inspire autant sa façon de filmer, de voir le monde. La jeune comédienne colle parfaitement à l'atmosphère voulue par le réalisateur : sa beauté, sa pâleur, sa classe... Tout suggère chez elle une héroïne à la Fitzgerald, l'humour allénien en plus. Mieux, Emma Stone répond avec une aisance incroyable à l'intention que le réalisateur a projetée sur son personnage : la puissance du double. Elle est totalement crédible dans ce rôle de jeune Américaine provinciale apparemment innocente, accompagnée d'une mère qui se sert d'elle, de sa grâce, de ses supposés talents de médium... Mais l'innocente se révèle aussi être une fille machiavélique, calculatrice et incontestablement douée pour arnaquer son prochain. Un vrai " petit voyou " ! On savoure sa relation amoureuse avec Stanley Crawford, magicien star, joué par Colin Firth. Une relation, truffée de questions métaphysiques, où la vulnérabilité danse un périlleux tango avec la manipulation. Vêtue de robes vaporeuses et coiffée de chapeaux excentriques, Emma Stone donne à son personnage une malice et un humour qui la rendent irrésistible. En regardant jouer cette actrice surdouée, on songe à une autre muse de Woody Allen, qui maniait elle aussi à la perfection ce mélange d'humour et de séduction : Diane Keaton. Pas étonnant qu'Emma Stone la cite parmi ses actrices préférées. Emma n'est pas du tout une enfant de la balle, et il aurait fallu être un sacré devin pour imaginer cette native de Scottsdale (Arizona) gagner Hollywood. C'est dans cette petite ville que cette fille d'un chef d'entreprise et d'une mère au foyer décide très jeune de devenir comédienne. A tout juste 11 ans, elle intègre une troupe d'improvisation, à 15, elle quitte l'école avec la bénédiction de ses parents pour s'installer à Los Angeles et se consacrer à sa passion. Mais seulement après leur avoir exposé sur le tableau PowerPoint de son ordinateur tous ses arguments : " J'ai les parents les plus cool du monde ", aime-t-elle à dire. De cette complicité est née une relation très forte avec sa mère, qui l'a accompagnée dans la Mecque du cinéma. Emma est toujours sortie du lot. Son autre passion, depuis l'âge de 6 ans, ce sont les cimetières : elle aime s'y promener et se dit fascinée par les fantômes. " Très jeune, j'ai eu une conscience aiguë de la mort ", a-t-elle récemment confié au quotidien britannique The Guardian. C'est aussi ce qui m'a poussée à foncer dans la vie. Quand on sait que notre temps est compté sur terre, on a envie d'en profiter à fond. " Cette obsession de la mort ne l'a d'ailleurs pas lâchée. A New York, où elle vit, Emma se rend régulièrement à la Morbid Anatomy Library, à Brooklyn, pour regarder des bocaux contenant des foetus d'animaux... Parmi les jeunes actrices prometteuses qui fleurissent chaque jour à Hollywood, Emma Stone est sans doute celle dont le parcours est le plus rapide et le plus éclectique. Qui aurait parié, il y a six ans, que l'héroïne de SuperGrave (2007) et de Super blonde (2008) tiendrait le premier rôle de La Couleur des sentiments (2011), tiré d'un best-seller mondial sur la lutte pour les droits civiques, et qu'elle serait la nouvelle actrice fétiche de Woody Allen, le réalisateur le plus " intello " des Etats-Unis ? Emma Stone change aussi facilement de registre de films - comédie, drame, action - que de couleur de cheveux ! C'est incontestablement en ayant rejoint le casting du blockbuster Spider-Man, à deux reprises (The Amazing Spider-Man, 2012 ; The Amazing Spider-Man : le destin d'un héros, 2014), qu'elle a été découverte et adoptée par le grand public. Et aussi par le héros du film, l'acteur Andrew Garfield, avec qui elle vit une histoire d'amour depuis 2011. Pourtant, son genre préféré reste la comédie romantique britannique, notamment celle des années 90. Depuis que son père la lui a fait découvrir, elle s'en repaît jusqu'à l'overdose : elle a vu près d'une vingtaine de fois Love Actually et Le journal de Bridget Jones ! A tel point que lorsqu'on lui demandait, enfant, à quelle actrice elle rêvait de ressembler, elle répondait : " Steve Martin ! ", inoubliable premier rôle des comédies cultes Un ticket pour deux ou Le père de la mariée. Ce mois-ci, la jeune star dévoile une nouvelle facette de son talent, et non des moindres : elle succède à Michelle Williams dans la comédie musicale culte de Broadway, Cabaret. Un univers fantasque taillé sur mesure pour cette illusionniste, adepte de la métamorphose. 4. ELLE EST IMPRÉVISIBLE Si la comédienne maîtrise à la perfection son art du jeu sur les tournages, elle a aussi appris à assurer le service après-vente. En promotion, elle est capable d'enchaîner les interviews chronométrées à la minute près, sans caprices ni désinvolture, et d'être exigeante sur le choix des publications dans lesquelles elle apparaît. Quitte à en refuser beaucoup. Ce qui lui a peut-être permis - gloire suprême pour une actrice de son âge - de poser en couverture de l'édition américaine de Vanity Fair, photographiée par Patrick Demarchelier. La maîtrise impeccable de son image, alliée à son imparable séduction, a amené le petit monde du cinéma à la comparer à Lauren Bacall, avec qui elle a en commun la voix grave et une beauté mystérieuse. Celle qui est devenue l'égérie de la marque de maquillage Revlon a la classe et la tenue des actrices mythiques de Hollywood. Mais, comme elles, Emma a aussi ses moments de fantaisie, voire de franchise désarmante. Quand elle avoue, par exemple, s'être effondrée après sa première audition importante - ratée selon elle - pour un rôle dans Heroes, finalement décroché par Hayden Panettiere. Ou quand elle raconte avoir tellement voulu jouer avec Colin Firth qu'elle l'a " harcelé ", comme elle le dit, le bombardant de textos tout en regardant Bridget Jones : l'âge de raison pour lui montrer qu'elle connaissait le film par coeur ! Emma Stone est d'ailleurs une vraie geek. Très présente sur les réseaux sociaux, elle avait, à ses débuts, donné son numéro de portable sur l'un d'eux, afin que des producteurs désireux de l'engager puissent la contacter directement. Elle n'a finalement pas eu besoin de ça... Devenue incontournable à Hollywood, elle a conscience que certains guettent le moindre faux pas dans ses choix artistiques. " Je n'ai plus besoin de bosser pour payer mon loyer, a-t-elle confié. Je peux donc me permettre d'être prudente dans la sélection de mes rôles. " Ce qui nous promet de belles surprises. A commencer par sa prochaine apparition dans le film d'Alejandro González Iñárritu, Birdman (en salles le 28 janvier prochain), dont le scénario a emballé la comédienne : l'histoire d'un acteur has been qui décide de relancer sa carrière en montant une pièce à Broadway. Emma Stone y côtoie deux géants américains : Michael Keaton - son père dans le film - et Edward Norton - un comédien pour lequel son personnage a un coup de coeur. Son autre rendez-vous très attendu est... le prochain Woody Allen. Il s'agit cette fois-ci d'une comédie dramatique avec Joaquin Phoenix. Elle a également été choisie par Cameron Crowe pour tenir le premier rôle de sa nouvelle réalisation, une comédie avec Bradley Cooper et Bill Murray. Elle y interprétera une femme officier coincée. Emma Stone se lance par ailleurs dans la production. Son premier projet est Little White Corvette, une comédie de Michael Diliberti où elle est aussi en haut de l'affiche : elle y joue une fille qui part à Miami avec son petit frère vendre une cargaison de cocaïne, d'une valeur de 1,5 million de dollars, trouvée dans le camion de leur père tout juste décédé... Emma Stone ou la star hyperactive.PAR PAOLA GENONE" Je peux me permettre d'être prudente dans la sélection de mes rôles. "