MATHILDE THOMAS, cofondatrice de la marque de cosmétiques Caudalie, membre de l'association 1 % for the Planet, impliquée dans la protection de l'environnement.

" Ces sept dernières années, j'ai vécu avec ma famille à New York d'abord, puis à Hongkong ensuite, pour développer l'entreprise en Asie. Ce séjour qui vient de se terminer a totalement modifié mon approche du métier, d'un point de vue scientifique bien sûr - j'ai été bluffée par la créativité des Coréens - mais j'ai aussi pris la mesure de la complexité de ce continent. Hongkong s'était très vite imposé comme le spot idé...

" Ces sept dernières années, j'ai vécu avec ma famille à New York d'abord, puis à Hongkong ensuite, pour développer l'entreprise en Asie. Ce séjour qui vient de se terminer a totalement modifié mon approche du métier, d'un point de vue scientifique bien sûr - j'ai été bluffée par la créativité des Coréens - mais j'ai aussi pris la mesure de la complexité de ce continent. Hongkong s'était très vite imposé comme le spot idéal pour rayonner dans toute la région. Nous avons alors choisi de visiter la Thaïlande en premier car nous avions des amis qui vivaient là-bas. Nous sommes restés quatre jours dans la ferme d'agroforesterie de Tristan Lecomte, le fondateur de PUR Projet, une des associations que soutient Caudalie. Il est installé dans le nord, à Chiang Mai. Il y plante des arbres, pas seulement là d'ailleurs, avec l'aide des communautés locales, et il aide aussi les entreprises à mieux intégrer la problématique du climat dans leur business model. Nous dormions sur des nattes de paille, nous pouvions découvrir la cuisine locale. Nous avons fait avec lui le parcours complet de la plante, depuis la collecte des graines en forêt jusqu'à la mise en terre des jeunes pousses après les semis. C'était fantastique. A ce jour, nous avons déjà financé plus de 4 millions d'arbres et nous avons signé des contrats pour 20 millions de plus. Nous avons également profité de ce voyage pour rencontrer les enfants des bidonvilles que Magali du Parc, une Française dont nous avions fait la connaissance lorsque nous habitions New York, aide à scolariser. Mon mari et mes enfants, qui sont musiciens, avaient alors donné un concert à Brooklyn pour lever des fonds pour la Baan Dek Foundation qu'a créée Magali. A Chiang Mai, ils avaient emmené leurs guitares afin de pouvoir chanter pour les gamins de l'école que nous avions cofinancée. Mon fils et mes filles ont vécu là une expérience inoubliable qui leur a ouvert les yeux. L'occasion de mesurer à quel point ils étaient privilégiés. Mais aussi de réaliser qu'ils pouvaient agir en faveur des plus démunis. On n'est jamais le même après une rencontre comme celle-là. "